Quelque chose en nous de Johnny

Quelque chose en nous de Johnny
Johnny Hallyday, Francos de la Rochelle 2015 © B. Brun

Johnny Hallyday a clôturé les 31e Francofolies de La Rochelle par un beau concert le 14 juillet, avant le feu d’artifice. Le festival qui a fait revenir le chanteur sur sa grande scène dix-neuf après son dernier passage, affiche une édition plutôt au beau fixe et des projets de voyage vers la Bulgarie.

Certains ont posé leurs tentes depuis quelques nuits à l’entrée du port de La Rochelle, d’autres ont traversé la France et ils se préparent déjà au manque de sommeil. Une foule de fans a attendu Johnny toute l’après-midi, ce mardi 14 juillet, pour son retour aux Francofolies après 19 ans d’absence. "J’étais là en 91, 93 et 96, la dernière fois qu’il s’est produit ici, raconte Laurent, qui affiche 210 concerts du chanteur au compteur. En 96, c’était énorme, un truc de fou, avec un répertoire et un look complètement déments pour l’époque. C’était les cheveux longs avec des rajouts, un costume zèbre et des petites baskets genre Converse. À la fois décontracté, crooner et très rock’n’roll." Un septuagénaire, Francis, se souvient lui de ce concert au théâtre de La Rochelle, vers 62-63, "où l’on cassait des fauteuils". 

Plus de cinq décennies se sont écoulées depuis et ceux qui n’avaient encore jamais vu la bête sur scène auront pu réaliser combien ses chansons sont ancrées dans l’imaginaire d’un petit-fils de Français moyens. Quelque chose de Tennessee, Que je t’aime et Requiem pour fou, tout le monde connaît et tout le monde reprend en chœur ces refrains. La gestuelle de Gabrielle est même intégrée par la foule qui la reprend comme un seul homme. Eh oui, c’est cela, Johnny ! Mais Johnny, c’est aussi ce bon vieux rock’n’roll et ces adaptations en français de tubes américains ou anglais.  
 
"C’est le boss"

Pour ce spectacle dans lequel il arrive sous la scène, Johnny Hallyday est entouré de la crème des musiciens. À la guitare, il y a Yarol Poupaud, le taulier de FFF, Philippe Almosnino, des Wampas, et puis parmi cette quinzaine de musiciens, une section de cuivres, des choristes et un harmoniciste de haute volée.
 

Quant à Johnny lui-même ? Dès qu’il pose un pied sur scène, c’est un fauve qui marque son territoire et renifle ses compères. Lunettes noires, tenue de cuir ou guitare en bandoulière, c’est  incontestablement lui "le boss", comme disent ses fans, et les gradins de la scène Jean-Louis-Foulquier en frémissent encore.  

 
Face au patron, Yannick Noah sera resté cette fois-ci dans les filets et on veut plutôt retenir le set – gagnant- de Faada Freddy. Artiste surprise en début de soirée, l’enfant de Saint-Louis, au Sénégal, et ses cinq chanteurs qui font tout à base de percussions corporelles sont littéralement habités.
 
Et quand ce garçon parle de cette humanité sans frontières, on y croit et cela fait simplement du bien. Le petit père Freddy, qui a été l’un des pionniers du rap sur le continent Africain avec Daara J Family est en train de se faire une place en France ; on vous fait le pari qu’il reviendra sur cette même scène auréolé d’une autre gloire.
 
Un bilan au beau fixe

Le jour de la fête nationale, les Francofolies de La Rochelle affichaient un bilan dans les clous de 89 200 entrées payantes vendues contre 93 000 l’an passé, et une fréquentation de 110 000 personnes, selon les organisateurs. Tandis qu’en coulisse, le festival semble avoir opéré un recentrage clair vers la chanson française, il a fait revenir une bonne proportion de chanteurs de variété sur sa grande scène (Johnny Hallyday, Florent Pagny, Véronique Sanson…), ne s’aventurant qu’à la marge sur des terrains défricheurs. La programmatrice des Francofolies de La Rochelle, Florence Jeux, expliquait quant à elle, vouloir "continuer de porter l’éclectisme" du festival.
 
Par ailleurs, les Francofolies ont aussi annoncé leur retour en Bulgarie, dans la ville de Blagoevgrad, vingt-cinq ans après avoir tenté cette aventure de 1991 à 1993. En ce temps-là, Jean-Louis Foulquier, le fondateur des Francofolies, qui avait déjà implanté son festival à Montréal, au Québec et à Spa, l'avait amené à Buenos Aires, partout en Europe (de Barcelone à Berlin), et donc dans ce pays de l’Est alors très pauvre pour y faire jouer entre autres, Francis Cabrel, IAM et Axel Bauer. Les 24, 25 et 26 septembre, les Francofolies accueilleront à Blagoevgrad, Patrick Bruel, Patricia Kaas, Soprano, le DJ Bob Sinclar mais aussi des artistes bulgares.
 
Site officiel des Francofolies de La Rochelle