Le Fnac Live et les Belges de Balthazar

Balthazar au Festival Fnac Live 2016 © Bastien Brun

La 6e édition du Fnac Live s'est tenue du 20 au 23 juillet sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Paris et dans ses salons. Pour la dernière soirée, Balthazar a -tranquillement- confirmé son statut d'outsider du rock belge.

RFI Musique était devant la scène.

Ce samedi il y a foule dans la rue de Rivoli. Pour la dernière soirée du festival Fnac Live, qui se tient sur le parvis et dans les salons de l'Hôtel  de ville, en plein cœur de Paris, les camions des forces de l'ordre sont stationnés le long des barrières et des policiers contrôlent les sacs à chaque entrée. Alors que la préfecture de Police a ordonné en tout début de semaine la suspension de certains festivals en libre accès qui devaient se tenir cet été dans la capitale, le Fnac Live a fait de la résistance au prix d'un dispositif de sécurité plus que renforcé.

Get Well Soon au Festival Fnac Live 2016 © Bastien Brun

Ouvert sur la ville jusqu'à l'an passé, le festival a fermé son site cette année, une obligation pour continuer la fête dans un pays sous le choc des attentats terroristes. "La question de continuer s'est posée au lendemain du Bataclan, clairement !, a expliqué Benoit Brayer, le chargé des affaires culturelles de la Fnac et programmateur en chef. Cette attaque dans une salle de spectacle a été une blessure immense. Ce sont nos techniciens, nos amis et un lieu qu'on fréquente souvent qui ont été touchés. Mais on s'est serré les coudes. On a eu sept mois pour imaginer ce site fermé."

S'il a accueilli 80.000 personnes selon ses organisateurs, le Fnac Live n'a pas changé sa ligne artistique pour cette sixième édition. C'est une foule dense qui a vu les têtes d'affiche francophones de la saison des festivals (Louise Attaque, Lily Wood & the Prick) la jeune génération qui marche (Jain, Feu ! Chatterton, Fakear) et fait de-ci, de-là quelques bonnes redécouvertes hors France (Get well soon, Lianne La Havas). À l'occasion de ses vingt ans, le label de chanson française, Tôt ou tard, a eu droit à une carte blanche.

Anciennement appelé "Indétendances", ce rendez-vous populaire est l'opération promotionnelle la plus importante de l'année pour la Fnac. Relié à l'origine à Paris Plage, c'était un "festival de disquaire" qui avait vocation à amener le grand public à la musique. Dans un contexte pas facile, il a pris une dimension autrement symbolique.

Balthazar, la "Belgitude" des choses

Quelques jours auparavant, ils étaient aux Francofolies de La Rochelle, la semaine prochaine, ils seront en Biélorussie et ils parachèveront cet été, une tournée qui les a menés une fois de plus aux quatre coins de l'Europe. Depuis quelques saisons, les Belges de Balthazar sont parmi les représentants les plus sérieux du rock belge, des jokers de luxe dont la pop très accessible a largement séduit l'Hexagone.

Les quatre garçons flamands et une fille wallonne ont gravi petit à petit les marches menant à la notoriété. Autour de ses deux chanteurs-compositeurs, Jinte Deprez, le brun qui affiche ces jours-ci une grosse barbe, et le grand blond pince-sans-rire, Maarten Devoldere, ils ont repris le flambeau du rock belge, notamment depuis leur album Rats. Composé lors de la longue tournée qui a suivi ce dernier, Thin Walls, leur troisième disque, n'a fait qu'asseoir cette réputation solide. On en veut pour preuve le titre inaugural Decency et son violon, le single aérien Bunker ou la ballade True Love dont les chœurs donnent la chair de poule.

"Quand tu arranges les choses assez simplement, le message est plus clair. Nous ne voulons pas avoir de camouflage, racontait le chanteur Jinte Deprez, en tout début de tournée. Nos chansons commencent toujours par le groove basse-batterie, et après, il s'agit seulement de trouver des choses pour créer une atmosphère. Nous ne voulons pas que ce soit un gros 'mitch-match' de guitares rock, nous n'aimons pas cela… Il y a aussi beaucoup de place pour le son des instruments, pour la voix."

Des influences anglaises

Trop souvent comparé à dEUS, avec lequel ils ont partagé la scène à leurs débuts, le groupe a plutôt puisé sa nonchalance chez Damon Albarn, le leader de Blur et Gorillaz, et pioché dans toute la pop anglaise. Avant de se connaître, Maarten et Jinte jouaient chacun de leur côté des reprises de tubes 'pop-rock' dans les rues de Courtrai, la petite ville des Flandres située à quelques encablures de la frontière française dont ils sont originaires.

Pour son retour au Fnac Live, Balthazar était programmé avant Louise Attaque et comme d'habitude, il a bien fait le travail. Le groupe est malgré tout plus à son aise dans des salles plus modestes de 1500/2000 personnes, lorsqu'il a vraiment le temps d'amener le public à lui. "On n'est pas le genre de formation avec deux hits, dont personne ne connaît le public. Il s'agit vraiment de créer un monde, d'amener une vibration. C'est quelque chose qui n'existe qu'après deux trois chansons et qui va crescendo jusqu'à la fin du concert", confiait Jinte, en début d'année avant le concert de l'Olympia.

À la rentrée, le trentenaire Maarten Devoldere arrivera dans les bacs en solo sous le nom de Warhaus. Pour la suite, qui sait, Balthazar pourrait donc s'en remettre au hasard ?

Site du festival FnacLive
Site officiel de Balthazar