Adamo entre l’intime et la métaphysique

Adamo
© B. Alessandrini

Avec La Grande roue, son vingt-sixième album studio, Salvatore Adamo prélude à l’anniversaire de ses cinquante ans de carrière avec douze nouvelles chansons qui mêlent romantisme amoureux et grandes questions existentielles.

L’année qui s'ouvre, verra Salvatore Adamo célébrer officiellement cinquante ans de carrière. Mais il n’a pas envie, manifestement, de se contenter de compilations et d’hommages, et d’autant plus qu’il a été déjà panthéonisé par ses confrères : en 2008, l’album Le Bal des gens bien le voyait en duo avec dix-huit confrères chanteurs (Souchon, Voulzy, Bénabar, Cali, Olivia Ruiz, Raphaël, Stanislas, Renan Luce, Jeanne Cherhal, Julien Doré, Thomas Dutronc, Juliette, Maurane…) dans autant de reprises de ses grands succès puis, en 2010, il sortait De toi à moi, avec de nouveaux duos, cette fois-ci sur des chansons originales, notamment avec Oxmo Puccino, Christophe ou Chantal Lauby.

La Grande roue ramène Adamo à lui-même, à son univers personnel, voire intime. Pourtant, la chanson d’ouverture de l’album, et qui lui donne son titre, nous précipite dans un terrible vertige métaphysique, inspiré du roman Nos amis les humains : "Et si comme l’écrit Bernard Werber/Nous étions aussi des hamsters/Que des démiurges et des titans /Observeraient à chaque instant /Dans une immense cage en verre/Aussi vaste que l’univers."
 
Mais quand il chante Je cherche l’infini, c’est un titre tout entier adressé à la femme aimée. Car l’infini, chez Adamo, cela reste surtout l’amour. Et ses angoisses, ses rêves, ses questions sont toujours à hauteur d’homme, même s’il convoque les questions les plus angoissantes que se pose l’humanité. Car le chanteur aura soixante-dix ans le 1er novembre 2013 et il ne cache ni sa candeur romantique, ni ses interrogations d’homme ayant beaucoup et bellement vécu.
 
On retrouve l’ampleur de ses mots d’amour, qui font sa gloire depuis un demi-siècle, mais aussi sa capacité à élargir le cadre, à nous faire réfléchir avec lui. Ainsi, il consacre une chanson, Alan et la pomme, à Alan Turing, mathématicien génial dont les travaux furent décisifs pour la naissance de l’informatique et qui fut persécuté pour son homosexualité jusqu’à son suicide en 1954.
 
Et il a choisi une belle équipe pour ses douze nouvelles chansons : Stanislas, Fred Pallem, Jean-François Berger et David Hadjadj se sont partagé les arrangements, trouvant régulièrement les couleurs pertinentes pour les humeurs d’Adamo. Ainsi goûte-t-on la légèreté "folkisante" et "souchonienne" des Belles personnes ou l’atmosphère joliment seventies de Je vous parle d’un ami, premier extrait de l’album à être diffusé en radio. L’autoportrait est dense, riche et généreux.
 
Adamo La Grande Roue (Polydor/Universal) 2012
Site officiel de Salvatore Adamo
A l'Olympia les 26 et 27 mars
 
→  Salvatore Adamo était l'invité de l'émission  La bande passante, le samedi 5 janvier