Anouk Aïata, la tête dans les nuages

Anouk Aïata
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Conjurant ses années de galère, Anouk Aïata, chanteuse trentenaire, sort un premier disque de variété world, La femme mangeuse des nuages du ciel, où elle impose un personnage de gypsie mystique, inspirée par le jazz et ses contemplations entre ciel et terre.

Lorsqu’elle s’est résolue à devenir ce qu’elle est aujourd’hui, elle a pris le nom maori d’Aïata et a décidé que son premier disque porterait ce titre : La femme mangeuse des nuages du ciel. A bientôt trente ans, Anouk Aïata a le sentiment d’un "premier aboutissement" et elle vit depuis sa signature il y a un an sur le label Barclay, filiale de la major Universal, une vie en accéléré. 

Après un mini album qui lui a permis d’être repérée par le public à la fin de l’année dernière, la jeune femme a enchaîné les premières parties de Marc Lavoine, Olivia Ruiz, Cali et a rapidement gravé les chansons de son premier disque. A la veille de la sortie du "bébé", accouché avec l’aide de son complice violoncelliste, Amos Mah, elle affiche un rire franc et un sentiment mêlé "de joie et de stress".

L’exotisme et le terrien

La jeune femme un peu gypsie dit avoir voulu "faire des chansons en français" avec un "parfum d’Est, d’Orient et de Caraïbe". Traversé par le klezmer, le folk ou le calypso, ce premier album de variété world se révèle en effet éclectique. Il y a un exotisme qui rappelle certains standards du jazz et des airs qui se retiennent comme des chansons populaires. Si on remarque çà et là, les références au ska, au doo-wop ou au yéyé, on regrettera en revanche le côté calibré et mièvre de certains titres.
 
La cohérence du disque est venue des thèmes apportés par le duo Aïata/Mah : "la contemplation, la nature, le terrien". "Je suis une grande contemplative, bouleversée par l’humain sur sa planète. Quand j’écoute les informations, il n’y a que des nouvelles très tristes, alors qu’il suffit de s’arrêter un peu pour regarder la beauté de ce que peut faire l’homme", poursuit-elle. Le voyage passe en filigrane "par la musique" et au fil des observations. "On est des terriens, mais on n’a pas de frontières, car en définitive, on a les yeux rivés vers un seul endroit : le ciel", dit-elle.  
 
Le français et Ella Fitzgerald

Si elle a écrit ses premières chansons en anglais et dans une langue imaginaire pour imiter Dead Can Dance, Anouk Aïata chante aujourd’hui en français la plupart du temps. Cette langue est pour elle "une mise à nu". "En anglais, on peut faire une chanson avec des 'je t’aime' et des 'moi non plus' et ça marche", estime-t-elle, avant de partir dans un grand éclat de rire et de se reprendre. "En français aussi, d’ailleurs…Pour le français, je crois que le secret, c’est de ne rien s’interdire. Il faut oser étirer les mots, violer la langue pour la rendre élastique."

Sur son parcours d’avant et ses influences, la jeune femme est volubile. Elle a commencé à chanter à 15 ans dans un groupe de rock et a vite arrêté l’école pour vivre de sa musique. Multipliant les projets jazz, trip-hop ou reggae, elle n’a ensuite pas cessé de planter "des petites graines" partout où elle passait. Sinon, cette fan de Nancy Sinatra période Lee Hazlewood, d’Harry Belafonte ou de "Barbara et Dalida, deux tragédiennes naïves", avoue être une inconditionnelle d’Ella Fitzgerald. Avec son complice Amos Mah, Anouk Aïata rêve encore de suivre les pas d’Ella…
 

Anouk Aïata La femme mangeuse des nuages du ciel (Barclay) 2013
En concert en France et à Paris aux Trois Baudets les 3, 9, 10, 22 et 23 avril 2013

Page Facebook d'Anouk Aïata