Auren ose tout

Auren
© A&T

Le paysage musical français devra désormais compter avec cette nouvelle venue. Auren, jeune découverte à l'expérience certaine, débarque avec un album dont le titre annonce la couleur : J'ose. Et elle ose. Les choix, les multiples facettes, les grandes scènes.

 

Auren est une jeune Lyonnaise bercée à la chanson française et initiée au piano par sa grand-mère qui était professeur. C'est pendant ses études dans une grande école de commerce à Nice que la musique a pris une véritable importance : "Je me suis mise à chanter, c'était mon échappatoire. J'ai commencé à chanter partout dans les bars"

Puis elle participe aux rencontres d'Astaffort et enchaîne une série de premières parties : Michael Jones, Francis Cabrel, Grégoire, Chris Isaak et aujourd'hui, Benjamin Biolay. Il faut voir ses yeux briller quand elle évoque ces premiers tracs, seule au piano devant des salles immenses. "Une bonne école pour faire ses armes" précise t'elle. Et un bon moyen d'écouler tout de même à 5000 exemplaires, son premier disque, alors autoproduit.
 
J'ose est donc le deuxième album de la jeune chanteuse désormais signée sur un label, disque réalisé par le bassiste du feu groupe Oui Oui, Nicolas Dufournet. Leur rencontre a été un coup de cœur artistique, l'alliance de deux personnalités très différentes. Rien qu'à l'évocation de son complice, Auren s'enflamme : "Il a écouté mes envies, mais n'a jamais hésité à me proposer des choses. Il m'a poussé à dépasser mes limites, à me faire jouer des instruments que je n'avais jamais touchés, à me faire chanter de manière complètement déjantée."
 
Un album multifacettes
 
Voilà un des points qui expliquent pourquoi J'ose paraît si multifacettes, traversant des ambiances différentes avec une voix parfois classique à la Rose, taquine à la Lio, ou plus empreinte de caractère. Des sonorités eighties ou sud-américaines, de la couleur fleur bleue à celle rouge piquant, on traverse un patchwork cousu main. "On a pris chanson par chanson en décidant que c'était elles les chefs. C'était elles qui devaient nous emmener où elles devaient aller."

Mais cette variété est très certainement aussi due à la quantité de jeunes compositeurs qui sont passés par là. Parce que si Auren s’octroie (presque) toujours les textes, il en va autrement de la musique. "Ce ne sont que des amis, explique-t'elle. J'adorais ces moments où on était plusieurs dans mon appartement à essayer de créer, de mettre en musique. Ce n'était pas du tout académique, c'était un laboratoire. J'avais un tableau avec plein de chansons et après, j'ai choisi ce que j'avais envie de défendre."
 
Le seul titre qu'elle signe entièrement seule est celui qui clôt l'album, Comme la dernière fois, hommage à sa grand-mère disparue, la même qui lui a appris le piano : "J'ai mis du temps à la faire sur scène. J'avais trop peur de mon émotion. D'ailleurs, je ne l'ai pas rechantée en studio, j'ai gardé la prise maquette enregistrée dans ma chambre une semaine après sa disparition".

Dans ce bout de femme pétillante et volontaire, on devine un optimisme à toute épreuve et une sensibilité à tous les plaisirs. À suivre.

 
Auren J'ose (Naïve) 2013
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En concert le 22 juin aux Trois Baudets à Paris