Jenifer fait sa déclaration

 Jenifer fait sa déclaration
© Mercury

Quelques mois à peine après la sortie de son cinquième album, L’Amour et moi, Jenifer sort avec Ma déclaration, un disque de reprises des chansons du répertoire de France Gall. Et crée de surcroit, la polémique.

Les hommages, les honneurs, les "Tributes". Si l’histoire de la musique en foisonne, celle de la chanson en particulier, ne déroge pas à la règle. Alors, tandis que le web étouffe sous les reprises plus ou moins heureuses de Get lucky, le nouveau tube de Daft Punk, Jenifer, princesse des chansons dancefloor depuis deux albums, et jurée de l'édition française de l'émission de télévision The Voice depuis deux saisons, a elle, choisit de reprendre France Gall sur tout un disque.

Depuis, la polémique enfle : personne ne se serait soucié de l’aval de la chanteuse, et les deux protagonistes se répondent par média interposé. Car si Jenifer n’avait aucune d’obligation légale d'obtenir une autorisation quelconque, se pose tout de même indirectement la question du principe.

Reprendre France Gall, c’est reprendre Michel Berger, sur près de 9 chansons, Gainsbourg sur deux, et Françoise Hardy pour Message personnel. Jenifer a choisi de les rhabiller à sa façon ; les mélodies et les textes sont respectés, mais il ne reste pas grand-chose de l’atmosphère d’origine sur les versions qu’elle en livre.

La jolie brune tire plus ou moins son épingle du jeu sur les morceaux les plus dansants (Besoin d’amour, extrait de Starmania, Résiste, ou Ça balance pas mal à Paris, interprétée en duo avec Christophe Willem). Mais certains titres s’y voient dépossédés des sujets qu’ils évoquent, et perdent un peu de leur sens en route. Trop de technique sans doute, trop de langueur parfois aussi.

Les chansons de Berger ont toujours pris leur ampleur dans la sobriété de leur interprétation, leur "supplément d’âme" dans leur intention. Il ne faut pas oublier que si Evidemment reste gravée dans les mémoires, elle l’est comme l’émouvant hommage qu’elle fut après la disparition de Daniel Balavoine. La chanson Ella, elle l’a, reste un clin d’œil à la grande Ella Fitzgerald, et Diego libre dans sa tête évoque le combat contre la dictature sud-américaine.

Ici, l’enrobage consacré est sexy comme un bonbon, avec son quota d’empreintes de rouge à lèvres jusque sur le disque. Sans parler du clip de Poupée de cire poupée de son bien loin du Musée Grévin… On ne s’arrache pas les cheveux comme sur le récent disque de reprises de Jean-Jacques Goldman, mais on pensera quand même à faire écouter les chansons d’origine à la jeune génération. On l’avait déjà fait quand Britney Spears reprenait Satisfaction des Stones. On n’est plus à ça près.

Jenifer Ma déclaration (Mercury) 2013
Site officiel de Jenifer
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