Retour en Héros d'Eddy Mitchell

Retour en <i>Héros</i> d'Eddy Mitchell
Eddy Mitchell

Il y a deux ans, Eddy Mitchell annonçait sa décision d’arrêter les tournées. Mais pas celle de faire des disques. Le voilà de retour avec Héros, sont trente-cinquième album.

Depuis une cinquantaine d’années, il est l’un des chanteurs rockers préférés de toute une génération, au même titre que son vieux copain, Johnny Hallyday. Histoire d’amitié et époque yéyé oblige, les deux compères ont même régulièrement été comparés. Quand on y pense, musicalement, ils n’ont pas grand-chose à voir, et ce n’est pas ce nouvel album qui viendra nous prouver le contraire.

Eddy Mitchell y est de nouveau le principal auteur de textes (signés de son vrai nom, Claude Moine) inspirés du quotidien des gens. C’est sans doute cette marque de fabrique qui contribue grandement à son succès. Du (Le) Goût des larmes, revêtu d’arrangements très Dernière séance, à T’es seul, tu stresses, t’es mal, (adaptation française du I’m so lonesome I could cry d’Hank Williams), en passant par T’es pas doué pour l’amour, il utilise souvent un tutoiement qui, qu’importe son sujet, crée la proximité et facilite l’identification.

Le ton est direct et non dénué d’humour. Ainsi, dans Les vrais héros, qui a sans doute inspiré le titre de l’album, Eddy Mitchell n’hésite pas à citer Superman ou Spiderman qui "aime les collants" afin de parler des "vrais héros d’aujourd’hui". Dans Final cut, il se livre à un véritable exercice de style autour de la filmographie hitchcockienne. Dans le final Aux anges, il a fait appel au comédien Jean Dujardin pour venir présenter avec légèreté les musiciens qui ont participé à l’album (une initiative assez rare pour être remarquée).

Les fans de Schmoll, version émotion, ne seront pas en reste non plus à l’écoute de Léo (sur un texte de sa femme Muriel Moine), un hommage à Ferré qui, à l’instar de celui de Robert Charlebois dans son dernier opus en date, défend que parfois, avec le temps, tout ne s’en va pas. Quant à la reprise de La Complainte du Phoque en Alaska de Michel Rivard, ici en duo avec Nolwenn Leroy, on leur laissera le soin d’en juger, gardant un faible pour celle interprétée il y a quelques années par Maxime Leforestier et Vanessa Paradis.

Eddy Mitchell Héros (Polydor) 2013
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