Calogero, la carte de l'efficacité

Calogero, la carte de l'efficacité
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On le sait : il maîtrise à la perfection les codes de la chanson pop imparable, Calogero. Sur ce septième album, Les feux d'artifice, il continue de montrer sa puissance mélodique mais pêche sur certains textes. D'où de belles réussites et des lourdeurs.

"Fidèle à la musique", clame-t-il fougueusement en ouverture dans une chanson manifeste. Particulièrement obsédé par cet art dont il connaît parfaitement les moindres recoins, Calogero en a fait sa culture unique. Et il n'arrête plus, le gaillard. Si cinq ans se sont écoulés entre L'embellie et ce nouvel opus, le chanteur-bassiste n'a pas activé entre-temps la touche pause.

Une tournée à rallonge qui s'est déclinée sous différentes formes (pop-rock, acoustique et symphonique), une chanson majestueuse offerte à Françoise Hardy (Pourquoi vous ?), un projet collectif Circus qui a reçu un accueil public mitigé et la composition intégrale du dernier disque de Florent Pagny. Suffisant pour remplir un agenda sur plusieurs années et ne pas perdre sa force de frappe mélodique. Parce qu'à moins d'être snobinard ou borné, difficile de ne pas lui reconnaître un véritable savoir-faire dans ce domaine.

Cette nouvelle livraison de chansons réalisées par Alan O'Connell – producteur britannique ayant notamment fait ses preuves auprès de Gossip – ne déroge pas à la règle. Des mélodies amples, entêtantes, épiques qui parlent le langage des Zénith. Des refrains limpides qui s'incrustent durablement dans les synapses. Calogero continue d'allouer à la FM son lot de gros tubes pour traverser l'hiver, l'irrésistible Elle me manque déjà en tête.

Il gravit aussi de beaux sommets comme avec Avant toi, chanson impétueuse dans laquelle il s'empare des mots d'Alex Beaupain. Mais certains titres enfilent les clichés et sont plombés par une certaine facilité textuelle. Parmi eux, les chœurs dégoulinant de bons sentiments d'Un jour au mauvais endroit sur le lynchage de deux jeunes à Échirolles, des thèmes sociétaux éculés tels l'homosexualité (J'ai le droit aussi) ou les familles recomposées (Le monde moderne), un exercice de style un peu gauche (Conduire en Angleterre). A défaut de susciter un amour inconditionnel, Calogero mérite le respect.

Calogero, Les feux d'artifice (Polydor/Universal) 2014
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Site officiel de Calogero

En concert le 22 novembre au Palais Omnisport de Bercy à Paris