Le Show Mistinguett

Le Show Mistinguett
Mistinguett, Reine des Années folles © RFI / E. Sadaka

À partir du 18 septembre, et pour plus de trois mois, le rideau du prestigieux Casino de Paris se lève sur la comédie musicale Mistinguett, Reine des Années folles. Le pitch ? La création, en ce même lieu, du premier Show Music-hall de l’histoire ! RFI Musique s’est immiscé lors des répétitions… Un reportage en compagnie du producteur Albert Cohen, du metteur en scène François Chouquet et de celle qui incarne l’héroïne, la chanteuse Carmen Maria Vega. Bienvenue aux préparatifs de la comédie musicale de la rentrée !

Parmi les fauteuils de velours rouges, dans le charme antique du Casino de Paris, écrin Art déco, des danseurs s’étirent, des comédiens s’apprêtent, d’aucuns commentent l’action qui, sur les planches, se trame : "Miss" – comprenez Mistinguett – a disparu… Partie négocier avec un escroc qui, au jeu, a raflé la célèbre salle parisienne, où doit se tenir, quelques jours plus tard la Première de sa comédie musicale.

Sous la direction du metteur en scène, François Chouquet, une nuée de personnages feignent l’inquiétude. Incarnée par la pétulante Carmen Maria Vega, soudain elle apparaît. Polissonne. Gouailleuse. Sensuelle. Glorieuse. Mission accomplie ! Le secret de sa réussite ? Il se chante, ponctué de cuivres ! Il se danse, sur des chorégraphies contagieuses, aux couleurs "années vingt".
 
Les Années folles, une incroyable époque.
 

Nous voici au cœur des répétitions de la comédie musicale Mistinguett, Reine des Années folles, au Casino de Paris, du 18 septembre au 4 janvier 2015, un spectacle qui retrace, dans ses lieux d’origine, la création du premier show music-hall de l’histoire, avant même que le style ne gagne Broadway.

 
Sur la fabrication de cet univers, un homme veille au grain. C’est le producteur Albert Cohen. "Nous côtoyons depuis plusieurs semaines, dans ce lieu habité, de gentils fantômes", s’émeut-il. Après avoir donné vie aux 10 Commandements, au Roi Soleil, à Mozart, l’Opéra Rock, ou à 1789, les Amants de la Bastille, l’homme s’enthousiasme pour ce nouveau projet : "Pour créer un beau spectacle, deux ingrédients se révèlent nécessaires et suffisants : une époque incroyable, tissée de panache, de rêve, de lumière, et d’action, et un personnage principal doué d’une belle épaisseur, dit-il. Entre 1920 et 1929, les  Années folles, période de lâcher-prise et de fêtes étourdissantes, hissèrent Paris au rang de capitale mondiale des arts, de la musique, et du music-hall ! En ce temps-ci, la ville-lumière avait une reine : Mistinguett !"
 
Mistinguett, cette rock star
 
Sur cette impulsion, le livret s’écrit à trois mains : celles du journaliste, spécialiste du music-hall, Jacques Pessis, de François Chouquet et Ludovic-Alexandre Vidal. Ici, la fidélité à l’histoire, – les auteurs se sont plongés dans des documents d’archives, films, interviews, témoignages, mémoires…– se mêle aux besoins de la romance, et de l’action. "Des documents existants, nous avons tiré des biais, des pistes, extrapolé, raconte le metteur en scène. Dans l’intrigue, nous avons ainsi inséré des personnages fictifs, tels Scipion le Voyou, l’'antagoniste', représentatif de la mafia de l’époque."
 
Au fil du temps, surgit surtout, charnelle, la silhouette, le tempérament de l’héroïne… "Mistinguett ? C’était une rock star ! dit tout de go Albert Cohen. Elle vivait libre, belle insolente en dehors des carcans. Elle suivait sa seule intuition, qui l’amena à révolutionner le genre de la revue, auparavant un brin statique. Sur scène, elle voulait du bonheur : elle amena des boys, des girls, de la danse, des plumes, des paillettes… Elle inventa un style !".
 

François Chouquet complète : "Passée la galère de ses débuts, elle sut, par son énergie indomptable et sa force fédératrice, entre "mère" et "chef de bande" devenir son propre mythe !". Pour l’incarner, une évidence : la chanteuse Carmen Maria Vega, elle aussi, possède la gouaille, le côté "entraîneuse", et malicieux.

 
Justement, la jeune femme descend de scène. "J’aime ce challenge de révéler une Mistinguett en reliefs, confie-t-elle. Le livret ne montre pas seulement une nana forte en gueule, une patronne insupportable, une meneuse de revue qui braille…Il expose aussi ses amours perdues, son enfance, ses failles : des cicatrices béantes, qui se rouvrent souvent, mais dont la fonceuse ne s’occupe pas, faute de temps..."
 
Autour du personnage phare, et de son intrigue évolue une galerie de personnages hauts en couleur – Léon Volterra, le truculent patron du Casino, Jacques Charles… . En tout, une trentaine de comédiens, chanteurs, danseurs, dirigés par l’émérite chorégraphe Guillaume Bordier, ressuscitent ces années folles, et la création de la revue. "Un spectacle total !", s’enthousiasme Carmen.
 
Pour Mistinguett, Reine des Années folles, quatre chansons de la diva, comme Mon Homme, renaîtront sur les planches, parées de nouveaux atours. Pour le reste ? Les titres furent entièrement créés, sur un mélange électro-pop-jazz. "Je redoutais le côté trop vieillot, carte postale. Ou, aux antipodes, une relecture traîtresse et modernisée à l’extrême, avoue Carmen. Ils ont réussi à trouver le juste équilibre !"
 
Dans ce même lieu prestigieux, s’illustre donc, en une fascinante mise en abyme, près d’un siècle plus tard, l’épopée, au suspens haletant, de la création de cette revue historique. Sur la Première, le rideau se lève le 18 septembre. Place aux plumes, aux paillettes. Place au show. Place à Mistinguett !

Mistinguett, Reine des Années folles au Casino de Paris, du 18 septembre au 4 janvier 2015.
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