Johnny Hallyday, à nouveau euphorisant

Johnny Hallyday, à nouveau euphorisant
Johnny Hallyday © DR

Il n'est en aucun cas la vieille gloire rassise comme le souhaiteraient ses détracteurs. Pour son 49eme album, Rester vivant, Johnny Hallyday renoue avec de belles vibrations. Une voix éclatante, des textes évocateurs et un équilibre parfait entre ballades d'excellente tenue et country-rock-blues efficace.

Johnny, un prénom qui se prononce et s'écrit depuis une éternité. Un éclat de patrimoine qu'on n'a plus besoin de cultiver pour qu'il perdure. Hallyday, l'éternel ressuscité dont la lecture de ses bulletins de santé a pu parfois faire oublier qu'il existait un volet artistique. Si l'idole n'a plus le profil de la sensation de saison, on ne peut s'empêcher de guetter chacune de ses livraisons discographiques.

 
Ces dernières années, elles oscillaient entre indifférence polie (Le cœur d'un homme, Ça ne finira jamais) et sublime ratage (Jamais seul). Johnny Hallyday clame jusqu'à plus soif qu'il s'agit ici de son meilleur disque depuis Sang pour sang (1999). Difficile de lui donner tort tant ce Rester vivant est un retour aux fondamentaux inoxydables déjà entrevus voilà deux ans avec L'attente et sonne comme un nouveau classique inespéré.
 
Plus question de céder à l'avachissement. Maxim Nucci, leader du groupe Yodelice et le mythique producteur américain Don Was (Bob Dylan, Rolling Stones, Iggy Pop) ont œuvré pour redonner un vrai assaut en légitimité : mélodies mordantes ou fédératrices, enregistrement dans les conditions du live à Los Angeles, textes signés notamment par Miossec, Jeanne Cherhal, Isabelle Bernal qui prennent davantage de hauteur.
 
Ce vœu de restauration va jusqu'aux retrouvailles avec ses thèmes fétiches tels le temps qui passe, la solitude, la transmission, la passion... En colossale forme vocale, Johnny rayonne comme jamais, faisant trembler à 71 balais les murs de Jéricho sur le divin J'ai ce que j'ai donné. Hormis quelques chœurs gluants, c'est presque un disque exemplaire.
 
Le taulier est bel et bien là avec un majestueux boléro à l'intensité crescendo (Te manquer), un hymne rock taillé pour les stades (Rester vivant), une confession poignante (Une lettre à l'enfant que j'étais), une ballade déchirante (Seul), de la country épique (Au café de l'avenir), du blues racé (J't'ai même pas dit merci). Johnny Hallyday est donc encore sacrément armé pour ne pas se résoudre aux adieux.
 
Johnny Hallyday Rester vivant (Warner) 2014
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