Les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo

Les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo
Les Hurlements d'Léo © F. Larré

Il était de ceux qui gueulent à la lune leur révolte et leur tristesse. Mano Solo est au centre d'un album/hommage imaginé par le groupe Les Hurlements D'Léo avec une pléiade d'invités. Les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo est une belle somme "dans l'esprit de..." qui rassemble autour du chanteur libertaire toute une famille de musiciens alternatifs.

Pour une génération née en France dans les années de crise et ayant rencontré l'adolescence au seuil du nouveau millénaire, Mano Solo a été un petit frère de Renaud. Un chanteur dont les paroles révoltées entraient par la fenêtre de la chambre, se retrouvaient dans la cour du lycée et étaient reprises avec ferveur dans des concerts aux allures de grand-messe. Avec ses crève-cœurs, sa colère blême et une maladie, le Sida, qui a fini par l'emporter au mois de janvier 2010, "Mano" a fédéré toute une marmaille autour de ses plaies mises à nu.

C'est ce personnage diablement vivant dont les Hurlements d'Léo ravivent le souvenir dans un double album/hommage de vingt-six chansons qui prolonge un spectacle imaginé l'an dernier. Les Hurlements d'Léo chantent donc Mano Solo et pour cette parenthèse, ils puisent largement dans le répertoire des débuts (pas moins de dix titres sont extraits de son premier album) et des Frères Misère, son éphémère groupe de punk. Relecture "dans l'esprit de...", très proche de son sujet, ce disque parvient néanmoins à éviter les écueils d'un énième album de reprises.

 
Epaulés par les compagnons de route du sieur Solo – dont le guitariste de tous ses groupes, Napo Romero- et une belle brochette d'invités issus pour la plupart de la scène festive (Les Ogres de Barback, Debout sur le Zinc, Babylon Circus, La Ruda…), les Bordelais se mettent généralement en retrait. Fanfare de luxe, ils accompagnent ceux qu'ils ont fait venir à leur table et c'est justement tout l'intérêt de cette conversation à plusieurs. L'amour qui le hante, cette mort promise par la maladie, le Paris bastringue… il n'y a certes pas la voix écorchée -vive- de Mano Solo mais son âme libertaire est là.
 
Si Les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo est globalement du bel ouvrage, ce disque possède, comme c'est souvent le cas dans ce genre d'exercice, un côté inégal. Alors qu'on se dispensera de Trop de silence et du Limon, on gardera surtout le solaire Allez viens par Bertrand Cantat, l'émouvant Les habitants du feu rouge par Zebda ou On vous aura prévenu, une diatribe contre l'extrême droite dont les guitares saturées et les mots cinglants sont une bonne catharsis, et comprenne qui écoutera.
 
Compilation Les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo (Irfan) 2015
Site officiel des Hurlements d'Léo
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