Hushh, positive attitude

Hushh, positive attitude
Hushh © V.Thomas

Nouvel élu du label de financement participatif My Major Company, Hushh a surgi idéalement pour l'été avec Jamais perdus. Un disque chaleureux, aux textes simples, optimistes et directs. Reflet aussi de la persévérance d'un jeune duo guitare-voix incarné par Raphh et Chrys et qui affirme son penchant pour des sonorités métissées.

Elle répond presque toujours avec une longueur d'avance sur son acolyte. Lui rectifie un détail, précise une pensée. Ces deux-là n'ont pas besoin de s'efforcer d'être spontanés et naturels. Ils le sont. "On est comme frère et sœur". Raphh et Chrys clament ce lien affectif dans le même élan. Au moment où on les rencontre, ils dédicacent les albums destinés à leurs contributeurs. Là encore, rien de mécanique, mais une attention particulière portée à chacun. Deux belles natures donc. Preuve que le hasard fait parfois bien les choses. 

Au commencement, une fête d'anniversaire d'une amie en commun. Raphh se met à jouer à la guitare Summertime. Attirée comme un aimant, Chrys le rejoint. Elle ne peut s'empêcher de donner la voix : "So hush little baby, don't you cry". Cette phrase sera doublement significative puisqu’elle signera les prémices d'une belle alchimie et donnera – doublé de la lettre h – le nom du duo. "C'est un coup de foudre artistique. Lui comme moi, nous cherchions notre alter ego musical. Toutes les chansons que je voulais chanter, il les connaissait. On s'est rappelé le lendemain de cette soirée et on ne s'est plus quittés", explique Chrys.
 
Cette croisée des chemins se passe fin 2008. Dans la foulée et déjà sacrément déterminés, ils participent activement à des scènes ouvertes dans la région parisienne. "On a commencé évidemment par des reprises. Puis on a commencé à insérer petit à petit nos propres compositions".
 
Entre la poursuite parallèle des études et cette soif d'avancer, les nuits sont propices à la créativité. L'inscription sur la plate-forme de My Major Company les démange. Ils finissent par céder à la tentation. Une envie indéniable de partager et échanger. Pas de projet encore abouti, juste des chansons postées ici et là. Mais le positionnement musical, lui, reste encore flou. "On était loin d'avoir le répertoire de maintenant. Cela partait dans tous les sens, du jazz, du reggae, du français, beaucoup d'anglais. Le retour des internautes sur nos morceaux nous a aidés à trouver la bonne direction. Le paradoxe, c'est qu'on a mis beaucoup de temps à comprendre cela", explique Raphh.
 
Gorgé de soleil, le titre Là-haut met le feu au compteur. Cinquante mille euros récoltés en quelques semaines, soit la moitié de la somme pour pouvoir être signé par le label. Hushh peut progresser sur de sentiers nouveaux : ceux d'une "pop ethnique". C'est de cette manière que Chrys et Raphh définissent leur style. Ça peut-être discutable. Dire aussi que cela penche davantage sur de la variété métissée n'est ni leur faire injure ou offense.
 
Dans le genre, le cahier des charges est respecté : une voix chaude et confortable, un guitariste se faufilant avec aisance au milieu de couleurs chatoyantes, des chansons aux refrains fédérateurs, des messages positifs. "Quand j'écris, je suis souvent mélancolique. Je me parle à moi-même et je trouve toujours une issue qui finit bien. Jamais perdus, c'est à la fois notre philosophie dans la vie et celle du projet. En six ans, nous ne sommes jamais découragés", assure Chrys Aux côtés de Raphh à la réalisation, Benjamin Constant, homme de l'ombre qui a déjà fait ses preuves avec notamment Bruel, Maé, Asa et qui leur a ouvert les portes de sa caverne d'Ali Baba instrumentale. 

Il y a aussi la collaboration avec Jean-Félix Lalanne sur quatre ballades, un indéniable titre d'été (One way). Il y a enfin deux chansons (Respire moi et Zherni) où Chrys s'empare avec une élégance folle de la langue arabe. Ils sont déracinés – elle le Liban et la Côte d'Ivoire, lui la Tunisie- et partout chez eux en même temps.

Hushh Jamais perdus (My Major Company) 2015
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