L’autoportrait voyageur d’Hugues Aufray

L’autoportrait voyageur d’Hugues Aufray
Hugues Aufray © Mercury

Le nouveau disque d'Hugues Aufray, Troubador since 1948, résume, en une quinzaine de chansons célèbres réenregistrées, le parcours d’un boulimique de découvertes musicales et poétiques.

Comment Hugues Aufray pouvait-il mieux se raconter qu’en revenant sur son parcours de chansons ? Troubador since 1948 dépasse les conventions du best of personnel pour, finalement, dresser l’autoportrait d’un artiste qui, depuis le jour de son premier pas dans ce métier, n’a cessé d’aller de rencontre en rencontre, de voyage en voyage, de découverte en découverte. Il a puisé aux meilleures sources de la musique américaine, sud-américaine, brésilienne ou espagnole pour donner à la culture populaire française nombre de chansons dont on oublie parfois qu’elles ont en commun le même créateur.

Pour ce nouvel album, qui vient après le succès de New Yorker, album consacré à ses adaptations de Bob Dylan, Hugues Aufray a repris une quinzaine de ses classiques (Santiano, Céline, Quand j’entends siffler le train, Stewball, Comme une pierre qui roule, Les Crayons de couleurs, Prends la vie comme telle, On est les rois, Dès que le printemps revient…), y compris Les Portes du pénitencier dont il avait écrit les paroles avec Vline Buggy et donné à Johnny Hallyday. Mais, alors que toutes compilations font entendre des arrangements aussi disparates que les étapes contrastées d’une très longue carrière, il a voulu instaurer une unité musicale en demandant à son complice américain Brad Cole de diriger tout l’album.

Ainsi, le générique de Troubador since 1948 est étourdissant : Françoise Hardy en duo sur Quand j’entends siffler le train, John McFee des Doobie Brothers et Freddy Koella aux guitares, Jimmy Breaux de BeauSoleil et David Hidalgo de Los Lobos à l’accordéon, Sarah Watkins de Nickel Creek au violon, Herb Pedersen et Pat Sauber de Loafer’s Glory aux guitares et banjo, Alvin Chea de Take 6 ou Alec Mansion de Léopold Nord & Vous aux chœurs, Charlie McCoy à l’accordéon, Sebastian Steinberg de Soul Coughing à  la contrebasse… Les chansons y gagnent en verdeur et en romanesque, naviguant du tex-mex à La Nouvelle Orléans et du folk au cabaret new-yorkais. On ressent le double plaisir de retrouver des chansons familières et d’être dépaysé.

Hugues Aufray Troubador since 1948 (Mercury/Universal) 2011.
En tournée française à partir de mars 2012