Vu d'ailleurs Mars 2012

Vu d'ailleurs Mars 2012
Ludovic Bource aux Oscars © afp.com/Robyn Beck

Les temps sont moroses alors remontons le temps : Ludovic Bource et Air composent pour le cinéma muet, Patricia Kaas reprend Piaf, les idoles des 60's s'éclatent au Québec, pendant que Juliette Gréco célèbre son anniversaire.

 

"And the winner is..." Ludovic Bource. A Los Angeles, le compositeur a décroché l'un des cinq Oscars obtenus par The Artist (meilleure bande originale). "Sa musique tient un rôle relativement important dans un film qui manque de dialogues", s'amuse le perfide Globe and Mail (Canada, 24/2). "Comme The Artist revisite l'ère du cinéma muet, sa musique joue avec les codes établis au temps de l'âge d'or" du Hollywood des années 30, "quand des compositeurs tels que Max Steiner, Alfred Newman et Erich Korngold reprirent ce qu'ils avaient appris de leurs mentors, Mahler, Liszt, Brahms et Strauss et créèrent d'éclatants arrangements romantiques"

Dans Haaretz (Israël, 1/3), Bource, également distingué aux Césars en France et aux BAFTA britanniques, avoue "ne pas avoir été inspiré par les musiques de films muets". "Nous avons été principalement influencés par les symphonies du XIXe siècle, et par les grandes musiques de films hollywoodiens." Pour son troisième film avec Michel Hazanavicius, le musicien de Pontivy "a travaillé huit mois, créé deux heures et demi de musique, dont 80 minutes retenues dans le montage final" (Variety, USA, 26/2).

Comme Scorsese et son Hugo Cabret (autre vainqueur des Oscars), Air rend hommage au cinéaste visionnaire Georges Méliès. Le duo versaillais s'est mis en tête "de donner du son au classique de la science-fiction Le voyage dans la lune, film muet réalisé en 1902 par Georges Méliès" (The National, Emirats Arabes Unis, 21/2). Le résultat est un CD récemment commercialisé, déjà remarqué dans les charts internationaux (Top 40 partout en Europe, 57ème aux USA). "Nous regardions le film et testions des idées", explique Nicolas Godin dans Vulture (USA, 10/2). "Nous l'avons vu 50 fois par jour pendant trois semaines" - le film ne dure que 16 minutes ! "Au final, nous avons eu deux surprises. La première est que nous avions un album entièrement cohérent. (...) La seconde était que nous étions frustrés car tout s'est arrêté de façon abrupte. Nous avons voulu le perfectionner et donc décidé de continuer et de raconter l'histoire en 30 minutes". Pour El Pais (Espagne, 14/2), c'est "un concept ambitieux et solide qui peut s'avérer aussi intéressant et utile pour le film à qui il donne une musique, qu'au groupe lui-même".

Selon le magazine du showbiz allemand, Musikmarkt (16/2), Patricia Kaas prépare "un hommage à Edith Piaf pour les 50 ans de sa mort". Le spectacle Kaas chante Piaf comprendra "21 chansons de l'icône sur des arrangements de Abel Korzeniowski". La tournée "les mènera autour du globe" à partir de mars 2013. En attendant, la demoiselle de Forbach "était de passage au Québec (...) pour parler de sa compilation Mademoiselle n'a pas chanté que le blues, de son autobiographie L'ombre de sa voix et de son prochain spectacle" sur Piaf (Métro Montréal, 23/2). Pour Patricia Kaas, "c’est une chose de chanter ses chansons, mais il faut aussi les interpréter, et pour cela, il faut avoir du vécu (...), être bien dans sa tête et avoir un peu de courage. Je voulais chanter ses grands succès, mais aussi faire connaître des pièces moins connues."

En attendant, Québec s'apprête à accueillir le spectacle Le retour de nos idoles (un condensé des fameuses tournées Age tendre...), "du 4 au 6 mai au Colisée" (Le Soleil, Canada, 29/2). "A eux deux, ils représentent presque 80 ans de carrière et des millions d'albums vendus. Si leurs noms ne sont pas familiers aux plus jeunes", Michèle Torr et Jean-Jacques Lafon "ont offert, avec des succès comme Emmène-moi danser ce soir (1978) ou Le géant de papier (1985), des chansons qui résonnent toujours aux oreilles de leurs fans". Au Colisée, "ils partageront les planches avec Ginette Reno, Renée Martel, Michel Delpech et Alain Morisod et Sweet People, notamment."

A mille lieues de la nostalgie recuite, Juliette Gréco, "l'une des femmes les plus libres, insolentes et séduisantes de France" à fêté le 7 février dernier ses 85 ans. Mais pour La Vanguardia (Espagne, 12/2), qui consacre un portrait à l'ex-muse du Saint-Germain-des-Prés d'après-guerre, "pour les Français et ses millions de fans à travers le monde, elle est tout simplement la Greco". De Sartre à Queneau, de Ferré à Gainsbourg, d'Olivia Ruiz à Abd al Malik, elle raconte son parcours artistique dans une autobiographie, Je suis faite comme ça (Flammarion), publiée en janvier en même temps qu'un nouvel album : ça se traverse et c'est beau