Rock en Seine 2012

Le groupe Dionysos
Sur la scène du festival Rock en Seine le 24/08/12 © Jérôme Pichon

Rock en Seine, le festival francilien de référence, vient de fêter ses dix ans d’existence. L’occasion pour les organisateurs de revisiter les classiques anglo-saxons (Placebo, Green Day), les incontournables de l’hexagone (Dionysos, Caravan Palace), mais aussi quelques très jeunes talents quasi inconnus du public, dont Granville et Hyphen Hyphen. Tour d’horizon entre pluies et éclaircies.

En guise de cadeau d’anniversaire, Rock en Seine a battu des records de fréquentation pour cette dixième édition. Plus de 110 000 personnes massées pendant ces trois jours devant Green Day, Placebo ou Noel Gallagher’s High Flying Birds. Pour l’artistique, on gardera en souvenir les Islandais célestes de Sigur Ros, le show total et galvanisateur de Foster the People et, bien sûr, le blues rock ultra-efficace quoiqu’un peu trop calibré du duo américain The Black Keys, de loin la formation la plus attendue du festival.

Des confirmés aux confirmations
 
Côté français, la première apparition de Dionysos dans l’histoire du festival, vendredi après-midi, était un petit événement. Avant les monstres anglais Bloc Party et Placebo, la bande de Mathias Malzieu et ses trois choristes sexy ont sans surprise réveillé le public un peu frileux du premier jour avec un condensé de leur spectacle Bird'n'Roll… Sans oublier le très attendu numéro de funambule du chanteur au-dessus de la foule !
 

Quelque peu décalée au milieu de tout ce rock à guitares, l’électro swing de Caravan Palace a elle aussi tenu ses promesses. Programmé sur la scène de la Cascade en plein samedi après-midi, le combo parisien, emmené par la pétillante Zoé Colotis, a déployé sa bonne humeur communicative pour assurer l’essentiel : faire danser un public pas vraiment acquis d’avance.

 
Deux confirmations, enfin : les Rémois de The Bewitched Hands, venus présenter leur prochain album prévu en septembre, ont séduit bien au-delà de leur cercle de fans habituels : la faute à une ferveur naïve et des mélodies totalement fédératrices. Les Stuck in the Sound revenaient eux pour la deuxième fois à Rock en Seine, sept ans après leur passage sur l’"Avant-Scène" du festival, en 2005. Un retour par la grande porte : les Parisiens se produisaient ce dimanche sur la grande scène, plus à l’aise que jamais. Puissants et homogènes, ils impressionnent aussi par la voix haut-perchée de plus en plus limpide de José Reis Fontao.
 
Les découvertes "Avant-Scène"
 
Il fallait venir tôt, sur la scène de l’Industrie, pour profiter des jeunes découvertes made in France. Et il y en a eu ! Granville (voir encadré ci-dessous), très jeune groupe normand emmené par la farouche Melissa, 18 ans à peine, a dévoilé devant un public encore clairsemé quelques-uns de ses hymnes pop incisifs, écrits à l’encre des yéyés et du rock garage américain, en français de surcroît. Côté folie pure, Hyphen Hyphen a de toute évidence remporté la mise. Ce groupe niçois de rock électro mi-masculin mi-féminin a l’art et la manière d’électriser la foule à renforts de sauts, de cris et de mélodies toujours haletantes.
 
Même constat, ou presque, pour les Lanskies. Ce quatuor post-punk de Saint-Lô, sympathique mais diablement efficace, doit beaucoup à son imposant chanteur anglais : humour british, charisme irrésistible, voix parfaite à la Robert Smith. Ravie du spectacle, la foule a porté à main nue notre "future" rock star… jusqu’au bar d’en face ! En bref, un brin de folie, de l’énergie, des découvertes : que demander de mieux pour Rock en Seine 2013 ?

                                                                                                                                                                                                                 

Granville

Formé il y a seulement un an et demi, ce groupe originaire de Caen a l’avenir de la pop française devant lui. Adepte de l’innocence des yéyés comme du rock anglais ou des Black Keys, ce quatuor, comme Mustang ou La Femme, réconcilie le rock à guitares avec le verbe français, option sixties. Trois questions à Melissa, Sofian, Arthur et Nathan après leur concert sur la scène de l’Industrie.
 
RFI Musique : C’est votre tout premier concert sur la scène d’un grand festival. Comment l’avez-vous vécu ?
Granville : Un super moment ! On appréhendait le côté grande scène, mais bizarrement, on s’est senti plutôt comme chez nous. Peu de gens nous connaissaient mais l’accueil était assez chaleureux.
 
Comment est né Granville?
De l’idée de faire de la musique, en français, qui ressemble à ce que l’on aime : la pop française, les textes naïfs, sans envolées poétiques ou engagées, le rock anglo-saxon plutôt énergique. C’était il y a un an et demi, nous avions créé le groupe parallèlement à d’autres projets, mais l’ascension de Granville a été plus rapide…
 
Vos projets à venir ?
Quelques dates à l’automne, et surtout un album que l’on est train de peaufiner, à paraître au premier trimestre 2013.