Donso

Donso
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En cherchant à donner plus de spontanéité à la rencontre entre la musique des chasseurs maliens et les sons électro, le quintet franco-africain Donso a trouvé une méthode et un dosage qui font de son second album Denfila une référence dans un domaine où les projets se sont multipliés au cours de la dernière décennie.

Pendant six jours, en janvier 2012, juste avant que le Mali ne sombre dans une période d’instabilité politique, la scène de la salle de concert du Centre culturel français de Bamako s’est transformée en studio informel. Venu avec les trames d’une dizaine de morceaux mais sans le reste du groupe resté en France pour des raisons budgétaires, Pierre-Antoine Grison, cofondateur de Donso, avait choisi d’opérer de façon radicalement différente pour donner une suite au premier album paru en 2010 et qui avait reçu un bel accueil.

Cette fois, il voulait faire "plus vite", et intégrer davantage les instruments "pour faire ressortir les personnalités des musiciens" qui ont émergé entretemps avec les prestations live. Avec en prime, un changement de décor : le Mali, où il n’avait encore jamais posé le pied. Des musiciens ont été contactés au préalable, mais sur place, forcément, tout ne s'est pas passé comme prévu !
Les guitares de quelques morceaux ont été enregistrées dans la chambre d’hôtel du Français, une heure à peine avant de partir pour l’aéroport ! Parmi ceux qui ont apporté leur contribution figurent entre autres, un joueur de ngoni basse, ex-membre du groupe de Bassekou Kouyaté, ou encore l’incontournable Zoumana Tereta et son violon traditionnel.
Peu importe que les sons sortent d’une calebasse ou d’un ordinateur, "du moment que ça leur parle, ils foncent", confie Pierre-Antoine. Il s’est ensuite chargé de "derusher" les quatre heures quotidiennes d’enregistrement pour construire et donner du sens à chaque morceau, en combinant le fruit de sa récolte avec ce que l’équipe parisienne – rejointe notamment par le Guinéen Moh Kouyaté – avait déjà posé.
Dans l’histoire qui se raconte en 55 minutes à travers les seize plages de Denfila, les voix sont traitées de manière fantomatique, les tamas rebondissent contre les syndrums, les cordes grincent et font un peu plus glisser dans le processus de transe orchestré par les machines. Autant de couches qui se superposent pour créer des ambiances tradi-futuristes, comme sur Djamila’s Secret où les univers s’enchainent, se complètent, déformés par toutes sortes d’effets qui emprisonnent les sons pour les faire durer jusque loin dans l’esprit. L’un des mariages les plus convaincants entre l’électro et les musiques d’Afrique de l’Ouest.

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Donso Denfila (Comet Records) 2013
En concert au Studio de l’Ermitage à Paris le 11 Avril

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