Owlle prend son envol

Owlle prend son envol
Owlle © E.K. Bock

Précédée d'une réputation avantageuse qui l'érigeait en figure montante de la scène électro, Owlle achève ici de nous convaincre avec un opus irrésistible et audacieux, intitulé France. A coup sûr, cette fille de 27 ans va faire parler d'elle.

La rumeur enflait. Elle s'affolait. Elle n'en finissait pas de courir. Nouvelle pépite en perspective nous disait-elle. Les indices ? Des concerts déjà probants, notamment en première partie de The Do ou d'I'm From Barcelona et un EP appétissant, fin 2012.

Une partie du microcosme parisien s'emballe. La jeune femme garde la tête sur les épaules. Elle ne confondra pas excitation et précipitation. "Quand j'ai commencé à être mise dans la lumière, j'étais au début de mon processus de création. Les choses sont arrivées assez vite, mais je ne voulais pas faire n'importe quoi". D'où ce laps de temps nécessaire et au final bénéfique pour accoucher de morceaux qui remontent sérieusement le moral de l'hiver.

On en oublierait presque de signaler ce privilège qui n'arrive pas au commun des mortels. Alors qu'elle est pleine production de son album, la jeune fille est approchée par Depeche Mode. Objet de la demande du groupe : un remix du titre Heaven. "Au départ, je pensais qu'on était plusieurs sur le coup. En fait, il m'avait vraiment choisi. Je n'allais pas laisser passer cette chance. Ce n'est pas tous les jours que Dave Gahan vous prend dans les bras et vous dit que c'était la touche féminine dont le titre avait besoin".

Oiseau de nuit

Il y a, bien sûr, le nom de la scène qui attise initialement la curiosité. Owlle, féminisation anglaise et de la chouette. "Cet animal représente une esthétique et un mysticisme. Il symbolise aussi la nuit, et c'est à ce moment-là que j'ai commencé à écrire et à faire de musique. La journée, j'avais une autre activité, je travaillais dans une galerie".

Parce qu'il faut savoir qu'Owlle, après une enfance dans le sud de la France, a rejoint les Beaux-arts de Paris. Difficile d'exiger une direction plus opportune pour booster son imagination. D'autant que la musique a toujours joué un rôle prédominant dans ses installations plastiques. "C'était quelque chose d'ancré en moi, une finalité à long terme, même si je n'en parlais pas à mon entourage. J'ai fini par rencontrer des gens qui travaillaient dans l'électronique". En vrac parmi ses influences majeures : Brian Eno, Madonna, Beth Gibbons (chanteuse de Portishead), Lykke Li, Bronski Beat...

Sur ce premier album, Owlle déploie toute sa panoplie d'expressions funambules. Un pied dans l'efficacité, un autre dans l'expérimentation pour une marche conquérante. C'est une pop-électro atmosphérique qui navigue entre ciel et terre, feu et glace. Il ne pas compter sur ce nouvel elfe à la chevelure rougeoyante et à la voix aérienne pour tourner en rond. Aucune préciosité dans sa démarche, mais une production à la diversité éclatante.

Séduction immédiate et tenace (Don't lose it), déhanchement propice au dancefloor (Ticky Ticky), ballades éthérées enchanteresses (Your eyes, Free), envolée entêtante (Disorder), rythmique presque tribale (My light is gone). Elle élargit même son terrain de jeux à des sonorités urbaines (Like a bow, Creed) et propose un maelström sonore accrocheur, envoûtant, attractif. Et l'évidente certitude pour Owlle, d'embrasser de beaux lendemains.

Owlle France (Sony Music) 2014
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