Fakear, presque comme dans un conte

Fakear, presque comme dans un conte
Animal de Fakear © DR

Il est l'une des plus belles réussites de la nouvelle génération électro française. Après trois années couronnées de succès et de voyages dans le monde entier, Fakear publie Animal, son premier disque. Si l'on retrouve bien ses mélodies accrocheuses, le beatmaker originaire de Caen livre une collection de morceaux malheureusement en deçà de ses EP précédemment parus et de ses excellents concerts.

En novembre prochain, Fakear passera par les Zénith et bien malin qui peut prédire où s'arrêtera la course du beatmaker normand. Révélé lors des TransMusicales de Rennes en 2013, il n'a cessé d’agrandir depuis le cercle de ses fans. Après quatre mini-albums, Théo Le Vigoureux est ainsi devenu l'un des représentants les plus connus de la nouvelle génération électro française et l'un des plus suivis sur Internet.

En trois ans, ce garçon solide a créé une patte en imaginant une musique électronique teintée d'exotisme et fabriquée à partir d'enchevêtrements de voix. Enfant du rock, très inspiré par le trip-hop et par des gens comme l'Anglais Bonobo, il a fait chanter à ses machines, des onomatopées qui évoquent les paysages de l'Inde, du Moyen-Orient ou de l'Asie, ce qui lui a donné une identité sonore reconnaissable entre mille.
 
Suivi par le public avant même son premier disque et sollicité à l'étranger, Fakear – qui doit son pseudonyme au jeu de mots "fausses oreilles", "fake ears" dans la langue de Shakespeare…- reprend largement les recettes qui ont fait son succès avec Animal. À l'image d'une Lune Rousse, qui figurait déjà sur l'EP Sauvage, on retrouve les samples d'instruments et de voix, des ambiances zen et des contrées pour la plupart imaginaires. La principale nouveauté vient sans doute de duos avec des chanteuses interprétant des textes en anglais (Silver, Light Bullet, Leaving Tokyo).
 

"Animal, on est mal !", chantait-on en d'autres temps et sous d'autres cieux, nettement moins électroniques. On n'ira pas jusque-là, mais cet album est en deçà des espérances qu'on plaçait en Fakear. Manquant de surprises, il sonne plus comme une collection de morceaux qu'un disque d'un seul bloc. Est-ce qu'il aurait fallu attendre encore un peu plus avant de se lancer dans une telle aventure ? Imaginer un disque à plusieurs mains ? Ou simplement raccourcir un album  comportant pas moins de dix-sept morceaux ?

 
En dépit de cela, on continuera à aller voir le jeune Théo sur scène car, avec ses MPC, des séquenceurs dont il joue en direct, et désormais un groupe au complet, ses concerts sont très accessibles et très visuels. Ce qui permettra sans doute à ce musicien doué, déjà dans le viseur de la star britannique M.I.A., de gagner le très grand public.
 
Fakear Animal (Nowadays Records/Pantheon/Mercury) 2016
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