La fanfare de René Lacaille

La fanfare de René Lacaille
René Lacaille © DR

Alors qu’il est déjà en train de préparer sa prochaine création en public dénommée Ebullition créole, performance pluridisciplinaire, l’accordéoniste réunionnais René Lacaille propose de goûter aux sonorités de la “musique lontan” qu'il fait revivre sur son album Fanfaroné.

Au festival Sakifo, à La Réunion, les concerts à 9 heures du matin, baptisés Risofé (“riz chauffé”), ont souvent une saveur spécifique, et pas seulement à cause de la cuisine créole qu’on y sert. René Lacaille en sait quelque chose, lui qui avait participé avec sa bande de vieux copains à un hommage très émouvant à Alain Peters en 2007 à Saint-Leu, chez lui.

Trois ans plus tard, à Saint-Pierre, sur la scène de Terre Sainte dressée face à la mer, l’accordéoniste sexagénaire, distingué quelques mois plus tôt par l’Académie Charles Cros dans la catégorie “Musique du monde” pour son album Cordeon Kameleon, présentait son nouveau projet : Fanfaroné. La fanfare de “Roné”, comme on appelle le musicien sur son île.

Les instruments à vent, en l’occurrence les bois (saxophone, clarinette, flûte), jouent donc un rôle qui leur est rarement dévolu au pays du maloya et du sega, s’ajoutant ou se substituant aux voix. C’est cette même idée que René Lacaille a prolongé sur ce nouveau CD, enregistré en 2012 dans des conditions live au Kabardock, salle de concert du Port. A ses côtés, des souffleurs comme Alain Debiossat, ancien membre de Sixun et référence francophone en matière de jazz world.

Tradition familiale oblige, le Réunionnais installé depuis longtemps en métropole s’entoure aussi de sa famille, comme sur l’album Poksina (2011), et surtout il la met en valeur : son fils Marco, entre autre à la basse et aux chœurs, prête ici sa chanson Petiok parue l’an dernier sur son propre projet Waloya ; sa fille Oriane, également au micro et percussions, fait de même avec Comme un poisson tiré du répertoire du duo Titi Zaro qu’elle forme avec Coline Linder ; son neveu Yanis, à la batterie, est l’auteur de Zon Blan Nwar.

 René emprunte aussi à Danyel Waro les mots de Barmine, et réarrange à sa façon La Coupe Canne, une chanson que Maxime Laope et Jules Arlanda ont rendue populaire. Deux figures de la “musique lontan”, celle que le temps a presque effacé mais que Fanfaroné entend garder vivante. Et actuelle.

René Lacaille, Fanfaroné (Do Bwa/L’Autre Distribution) 2014
Page Facebook de
René Lacaille

En concert le 26/09 à la Menuiserie à Pantin (en formation duo), et le 25/10 à Toulouse, le 5/11 à Paris (Studio de l'Ermitage) et le 8/11 à Marmande avec le septet Fanfaroné.