Lionel Loueke

Lionel Loueke
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Après Mwaliko en 2010, où il frottait son art à ceux de Richard Bona, Angélique Kidjo ou Esperanza Spalding, le guitariste béninois Lionel Loueke revient avec Heritage, un nouvel album plus électrique, qui tisse des passerelles entre son Afrique d’origine et l’Occident. En résulte un disque riche, sensible et virtuose.

Herbie Hancock le qualifie de "peintre musical" : sous les doigts du guitariste béninois Lionel Loueke, sourdent des paysages luxuriants, des tensions de couleurs vives, des aquarelles... Chez ce prodige, adoubé par Wayne Shorter, remarqué au sein du gotha du jazz (Charlie Haden, Jack DeJohnette, Kenny Barron…), il est aussi question de reliefs escarpés, de matière rugueuse, de chemins doux, ombragés.

Dans cet Heritage, Lionel Loueke s’aventure pourtant en terres inhabituelles. Loin des sonorités acoustiques et des cordes Nylon qui firent sa signature, doué d’une nouvelle formation (Derrick Hodge à la basse, Mark Giuliana à la batterie) le guitariste surfe cette fois sur l’électrique. Basses profondes, rondes, effets techniques, groove imparable, aux confins du funk et du hip hop… : une jungle sonore se fait jour, un feu d’artifice, admirablement conduit par le maître d’œuvre et son complice, le pianiste Robert Glasper (au piano et au Rhodes), coproducteur de l’album.

 

Surtout, dans cet Heritage, Lionel Loueke tisse un fil entre l’Afrique de ses ancêtres, celle de son enfance, et ses terres d’adoption (les Etats-Unis, la France…) En résulte une relecture aussi personnelle que pertinente, de ce qui relie, musicalement, ces coins du monde : une quête mystique et intelligente, une alchimie polyphonique, polyrythmique, où pointent tour à tour l’urgence et la quiétude. Foisonnant, Heritage fait partie de ces disques que l’on ne saurait épuiser. Au fil des écoutes, le voile se lève sur ses chemins de traverse et ses mystères.

 
Lionel Loueke Heritage (Blue Note) 2012

En concert à Paris le 9 septembre (Jazz à la Villette), les 23 et 24 novembre au Duc des Lombards et le 26 novembre à Rouen, au 106