Le Prince Miiaou, joliment rock

Le Prince Miiaou, joliment rock
Le Prince Miiaou © b. brun

Le Prince Miiaou dévoile dans ses chansons joliment faites, sa part d’ombre et ses côtés lumineux. Fill the blank with your own emptiness, troisième album rock et ambitieux de la jeune Maud-Élisa Mandeau, affirme son univers et ouvre à ses autoproductions les portes d’un public élargi.

Maud-Élisa Mandeau, alias Le Prince Miiaou, a quelque chose des chats qui glissent le long des jambes et se dérobent au moment des caresses. Quand les organisateurs du Chantier des Francos ont contacté la jeune fille pour intégrer ce réservoir de talents où se forment chaque année les chanteurs francophones de demain, elle leur a répondu : "Oui, je sais pas. En fait, faut que je vois avec mes musiciens." "Aujourd’hui, je m’en veux un peu d’avoir réagi comme ça, sourit Maud-Élisa. Mais je ne réalisais vraiment pas ce que c’était, je pensais que c’était un truc moyen, je ne savais pas que c’était aussi prestigieux." L’épisode semble loin désormais et les programmateurs des Francofolies n’ont évidemment pas tenu rigueur au Prince Miiaou de cette réaction cocasse : la jeune fille est passée le 15 juillet dernier sur la scène Not ze Franco, à l’occasion des 27e Francofolies de La Rochelle.  

Maud-Élisa Mandeau n’a pas trente ans mais avec Fill the blank of your own emptiness, elle a déjà sorti son troisième album. Le disque, qui alterne entre moments retenus et explosions vocales et instrumentales, a été composé dans la maison que la jeune fille habite en Charente-Maritime près de Jonzac. "C’est le contraire d’une composition guitare-voix sur la route, raconte cette "fausse extravertie". Je suis dans une pièce avec mon ordinateur et mes instruments et puis, comme je n’ai pas appris la musique, je cherche des mélodies sur les instruments. Je procède de manière chronologique : il me faut avoir une minute bien construite avec toutes les pistes pour avoir le morceau. Je dois avoir minimum trois jours devant moi avant d’arriver à quelque chose." Chez Le Prince Miiaou, dont les collages rock  évoquent sur scène les Canadiens d’Arcade Fire, la musique n’a rien de simple car elle s’impose comme un retour sur soi-même douloureux. "Cette fois, j’ai voulu faire un album plus joyeux", se défend la jeune fille.

Pour ce troisième disque autoproduit, Le Prince Miiaou a ainsi délaissé le français. "J’aime bien cette langue mais c’est dur pour moi de chanter en français car cela renvoie à des choses plus sombres, plus profondes. Sur les précédents albums, le français était réservé pour parler et l’anglais au chant. Sur le titre J’ai deux yeux, je chante en français mais ça m’a coûté, ce n’est pas naturel." En français plus encore qu’en anglais, Le Prince Miiaou dévoile pourtant une écriture onirique où les membres du corps n’en font qu’à leur tête.

C’est un peu comme si elle sentait des supers pouvoirs emplir son corps si menu, mais Maud-Élisa Mandeau, influencée entre autres par PJ Harvey et Radiohead ou impressionnée par le "côté fête" des concerts d’Arcade Fire, ne se voile pas la face. "Le Prince Miiaou, c’est moi, affirme-t-elle, mais avec toutes les autres facettes de moi. C’est le fait pouvoir me lâcher vraiment quand je suis à l’aise ou de faire la folle en me mettant un masque de ski sur la tête."

Si l’on résume donc : Le Prince Miiaou est une fille timide qui transforme sa lutte contre les chimères en jolies choses.  

Le Prince Miiaou Fill the blank with your own emptiness (Wagram) 2011
                        
En tournée en France

Le Prince Miiaou sur MySpace