L'Interceltique, le festival qui ne manque pas de Celtes

L'Interceltique, le festival qui ne manque pas de Celtes
Un sonneur sur le ring © Festival Interceltique

C’est le plus grand festival de France en termes de fréquentation. L’Interceltique de Lorient, dans l’ouest du pays, rassemble chaque année, la diaspora celte du monde entier… et attire les foules : 4500 musiciens et 700.000 spectateurs attendus en 2013 !

Un public aussi divers que les spectacles proposés lors de cette manifestation exceptionnelle qui se termine le 11 août prochain.

De l’Australie à l’Acadie, la diversité, c’est d’abord celle des "nations" celtes invitées à Lorient. Cette année, pour la 43e édition de l’Interceltique, cap sur les Asturies, communauté autonome du nord de l’Espagne enracinée dans une vieille tradition ouvrière. Mais quoi de commun entre les chants traditionnels du trio Tuenda dont le chanteur Xosé Anton Ambas est allé collecter la mémoire des aînés dans les vallées les plus reculées, le folk-rock de Llariegu et sa trentaine de musiciens, et la gaita (cornemuse) électronique mise au point par le virtuose José Angel Hevia ? L’envie de transmettre un patrimoine sans doute. "Il y a un siècle, les poches de la gaita étaient en peau de chèvre. Ensuite, elles ont été fabriquées en matériau synthétique, et aujourd’hui, nous avons des ordinateurs, sourit José Angel Hevia. Mais c’est toujours la même philosophie : faire de la musique vivante avec les instruments de l’époque".

"S’amuser avec la tradition"
 
Au-delà de ces têtes d’affiche, auxquelles il faut ajouter Nolwenn Leroy, les Irlandais de Clannad, Sinead O’Connor ou les Corses d’I Muvrini, le festival fourmille aussi de dizaines de groupes traditionnels. Venus des quatre coins du monde celte, ils donnent une master class devant le sage public d’un théâtre, jouent dans le brouhaha d’un chapiteau, accompagnés par le tintement des verres de bière… et se défoulent dans un concours de "kitchen music".
Dans ce cas, la prime revient au plus excentrique. Romain Toulliou, sonneur du bagad de Locoal-Mendon, a ainsi interprété Brassens et Hugues Aufray à la cornemuse … et déguisé en grenouille ! "Il faut sortir les instruments de leur image habituelle, lâche-t-il en descendant du ring improvisé. On peut s’amuser avec la tradition". Un credo qui lui a permis, mardi 6 août, de remporter le concours en ralliant les suffrages du public.

Grande parade et rondes de nuit

 
Un public qui, à Lorient, compte aussi bien des grands patrons que des touristes en tongs. Les premiers participent à des rencontres avec leurs homologues des autres pays celtes … ou avec une consultante chinoise venue expliquer l’importance de ce marché pour la filière agroalimentaire bretonne.
 
Mais du chef d’entreprise au vacancier, tous se retrouvent lors de deux temps forts du festival. D’abord, la Grande Parade, qui voit défiler l’ensemble des groupes en costume - et instruments ! - d’apparat. Dimanche 4 août, 60.000 personnes y ont assisté dans les rues de Lorient et plus de 2 millions l’ont regardée à la télévision, sur France 3.
 
Et puis, il y a le fest noz… Classée au patrimoine mondial par l’Unesco, cette "fête de nuit" rassemble des dizaines de danseurs de 7 à 77 ans au son des bombardes et des binious. Les gavottes et les rondes s’enchaînent jusqu’à l’aube. "Autrefois, le fest noz marquait la fin des moissons, rappelle Frank Le Carboulec, qui anime des ateliers de danse. Aujourd’hui, les danseurs viennent rechercher leur identité, dans un esprit de partage". Yann, professeur de bombarde et de biniou, poursuit : "La recette d’un bon fest noz, c’est la communion entre la musique et les danseurs, le public". C’est aussi la recette du succès de l’Interceltique.