Ben-J en solo

 Ben-J en solo
Ben-J © DR

Alors qu’une nouvelle génération d’artistes français influencés par le son de la Jamaïque se dévoile, Ben-J vient rappeler son statut de jeune vétéran avec Dancehall C4, le premier album en solo de celui qui s’est fait connaitre avec le groupe Neg'Marrons et l’équipe Bisso Na Bisso.

Le projet ne faisait pas "spécialement partie" de son "plan de carrière", et Ben-J tient à être clair : "Ma priorité, à la base, c’est Neg'Marrons". Mais en attendant le prochain album du groupe, annoncé pour l’hiver, il s’offre une escapade en solo. S’il lui était déjà arrivé de faire quelques "infidélités", en particulier à travers ses collaborations avec le collectif Bisso Na Bisso, dont il est un membre historique, il n’avait encore jamais entrepris d’album sous son nom.

Sur Dancehall C4, enregistré dans son studio au sud de Paris, il a eu l’occasion de donner libre cours à ses envies, et à ses coups de cœur. Un "besoin de sang neuf artistique" qui se traduit d’abord par la contribution de compositeurs d’instrumentaux à la réputation encore underground.

 
Pour partager le micro, il s’est aussi tourné vers les talents émergents, comme la zoukeuse Nesly, le Guyanais Pompis pour le pragmatique Cash Money, ou encore le Martiniquais E.sy Kennenga, qu’il a pris l’initiative de contacter après avoir visionné un de ses concerts à la télé.
 
Juste une prière, leur duo sur un mode reggae roots, tranche avec les autres morceaux du CD, essentiellement dans une veine "digital" (programmé), avec ce qu’il faut d’effets sur la voix, comme l’époque l’impose, pour obtenir une ambiance dancefloor. C’est le cas d’Haut de gamme, en ouverture de l’album et fruit de la collaboration avec les Réunionnais de Coqlakour, marque de vêtements et tout à la fois, productrice de musique. 
 

Le co-auteur du Bilan, tube de 2000 qu’il est fier de voir figurer dans "le patrimoine francophone", sait puiser aussi dans la malle aux trésors musicaux de Jamaïque que constitue le catalogue du label Studio One : 46 ans après sa création, Real Rock est recyclé pour servir de base à Sound System interprété avec Danitsa, activiste de la scène reggae en Suisse et aussi nièce de Ben-J.

"Etre artiste, c'est pas un sprint mais plutôt une course de fond, l’important c’est de durer dans le temps et c’est dans ce sens qu’on bosse jusqu’à présent”, explique-t-il sur Artiste. Dix-huit ans après La Monnaie, premier succès des Neg'Marrons qui dépoussiérait déjà une vieillerie du reggae, il en apporte la démonstration avec Dancehall C4, en phase avec son temps.

Ben-J Dancehall C4 (J-MUSIC label / Pias) 2013

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