T-Vice, le compas d'aujourd'hui

T-Vice, le compas d'aujourd'hui
© DR

Piloté par les frères Martino depuis plus de deux décennies et basé à Miami, le groupe T-Vice secoue la planète du compas haïtien avec son nouvel album Resan sur lequel s’entend la volonté de coller à son époque mais aussi de revendiquer l’héritage laissé par les illustres aînés de Tabou Combo.

Sur la pochette de Resan comme sur celles de leurs albums précédents, ils ne sont que deux : Roberto et Reynaldo. Il faut déplier le livret ou retourner le boitier pour avoir droit à la photo collective avec les six autres musiciens. Plus de 20 ans après avoir emboité le pas à leur père, les enfants de Robert Martino restent l’incarnation de T-Vice.

La force d’attraction de leur formation est telle que l’un de ses chanteurs, Oli Duret, tenté de voler de ses propres ailes à la suite de l’album du groupe, Welcome To Haïti - Vinn Investi, sur lequel il s’était fait remarquer en 2010, a jugé plus sage in fine de réintégrer les rangs au moment de l’enregistrement du suivant.
 
Il faut dire qu’en matière de compas, cousin local du zouk, l’impact de T-Vice est à la mesure de son statut : il figure parmi les groupes les plus populaires, tant en Haïti qu’auprès de ses compatriotes de la très nombreuse communauté ultramarine. Ses prestations sur scène y ont contribué, et la première chanson du nouveau CD, Kale Ko’w, vient le rappeler de façon éclatante, car, avec le temps et l’expérience, l’esprit du live a fini par imprégner certains titres au moment de l’enregistrement.
 
Jamais en ligne droite, toujours à coup de virages à droite puis à gauche, d’accélérations, de rebondissements, d’effets multiples et de sons spécifiques, il se passe toujours quelque chose. Omniprésents, les synthétiseurs hurlent ici, sifflent là pour ajouter à la mélodie. Même ambiance festive sur Lage Bonm Nan (attention, tempo dangereux pour les cardiaques !), réalisé pour l’édition du Carnaval 2013, tradition oblige, en saupoudrant ce qu’il faut de parfum de scandale pour raviver la compétition avec les éternels challengers du groupe Djakout #1.
 
La température se fait plus raisonnable avec des morceaux comme Ma chérie je t’aime ou Se Pa’w Mwen Ye, sur lequel Alan Cavé, artiste de la génération précédente, invité pour l’occasion, fait entendre sa voix dans une veine plus compas love, par analogie avec le zouk love – dans le passé, T-Vice a d’ailleurs collaboré avec la Martiniquaise Christiane Vallejo et la Guadeloupéenne Jocelyne Labylle. La recette s’avère efficace, pour qui ne fait pas d’allergie aux chansons gluantes à déguster à deux. Avec les frères Martino, la règle est simple : on ne reste pas assis. 

Page Facebook de T-Vice