Boulpik, le kompa roots des troubadours

Boulpik, le kompa roots des troubadours
Boulpik © T.Simoens/Lusafrica

Avant de se produire le 6 juin au festival des Musiques métisses d'Angoulême, nous avons rencontré Boulpik à Port-au-Prince, la capitale haïtienne. Boulpik, groupe à 6 têtes, heureuses de présenter cet album Konpa Lakay qui présage, peut-être, d'une carrière internationale. A suivre.

Franckel Sifranc vient d'arriver au Visa Lodge, un des hôtels de Port-au-Prince où son groupe Boulpik se produit régulièrement. Sous le cagnard (il est bientôt midi), Franckel, le patron, regarde le groupe s'installer sous une petite cahute au bord de la piscine. Les 6 musiciens déballent banjo, guitare, tambours, kaskayèt et manouba (voir encadré).

Ce sont des troubadours, au sens haïtien du terme, proche du cubain : "tout" ce qui chante ses textes et porte guitare est troubadour. Le troubadour ambiance, il fait plaisir. Il joue dans les fêtes privées, les communions, les mariages, les hôtels.

Boulpik (en rapport avec les tirs de billes) s'est formé à Port-au-Prince en 2004 autour du maestro. Franckel Sifranc est un vieux briscard du konpa. Issu d'une famille de cultivateurs de Cap Jérémie, il monte à la capitale dès l'adolescence, là où on peut gagner sa vie (Port-au-Prince est passé de 500.000 à 3 millions d'habitants en 50 ans). C'est là qu'il apprend le chant, le maniement des kaskayèt et des maracas avec Ti Okap, dans la tradition des musiciens de rue amateurs. Il monte sa propre formation, Frère Desjeune, puis Boulpik.

Le répertoire de Boulpik baigne dans le kompa (ou konpa ou compas). Un style musical né des convulsions de l'Histoire… Des traces afro-européennes datant du XVIIIe siècle à qui le saxophoniste Nemours Jean-Baptiste donne ses lettres de noblesse dans les années 50 avec son Kompa Direct, cousin du merengue dominicain. Musique de danse, reine des Caraïbes sous l'ère Duvalier, elle rencontre deux concurrents sérieux dans les îles voisines : le zouk et le reggae qui la plombent un peu. Mais on ne se débarrasse pas d'un geste de la main des troubadours, du kompa, et de l'amour, son thème de prédilection…

Avec son instrumentation acoustique, Boulpik n'a d'autre ambition que de faire la fête. Dans la rue, sur scène ou chez vous. Le téléphone est inscrit sur le maniboula (ou manouba, ou mannouba ou manuba).

Konpa Lakay ? Le kompa comme à la maison…

Boulpik Konpa Lakay (Lusafrica) 2014
Page Facebook de Boupilk
A écouter : Boulpik en live dans Musique du Monde (03/05/2014)
Le 6 juin festival Musiques Métisses Angoulême