Nicodrum & Friends

Nicodrum & Friends
Nicodrum & Friends © DR

Passionné par les musiques jamaïcaines et leurs rythmes qu’il pratique depuis une vingtaine d’années, initié et soutenu par les maitres des tambours rasta, le percussionniste français Nicodrum perpétue un savoir-faire et un état d’esprit avec Back To Fundehchan !, un album où le plaisir de jouer dégage de belles vibrations.

Et si la meilleure façon de contourner un obstacle était de ne pas le voir, ni même le soupçonner ? Dans l’absolu, un album instrumental, pensé comme tel, est un projet casse-gueule, risqué par nature d’un point de vue commercial, mais aussi sur le plan artistique.

Pourtant, aucune de ces considérations n’est entrée en ligne de compte quand Nicodrum s’est lancé dans l’aventure de Back To Fundehchan !. Il y avait plutôt en lui l’innocence de celui qui est d’abord guidé par l’envie de concrétiser un rêve formulé à l’époque (lointaine) où il jouait régulièrement avec la formation grenobloise Nyabinghi Vibes portée par le percussionniste de Sinsemilia.

Qu’il n’y ait pas de chant ne changeait rien à la réflexion. Le quadragénaire francilien confie même, un peu gêné, avoir refusé la proposition d’une chanteuse qui souhaitait utiliser une de ses compos ! "Un disque conçu sans compromis artistique pour que revivent les sources de la musique jamaïcaine", lit-on donc sur la jaquette du CD, dont le titre est une référence à la fois à ces fondations musicales, mais aussi au fundeh, un des tambours utilisés par les rastas – que Nico connait d’autant mieux qu’il a appris à les fabriquer, se faisant aussi une réputation dans ce domaine.

Pour autant, si les percussions font office de fil rouge, elles n’ont rien d’envahissant. Elles jouent leur rôle, sans déborder, sans chercher à s’imposer aux autres instruments. Ici règne une sorte d’harmonie naturelle, de sens du partage, de bonheur d’être ensemble.

Ces 50 minutes pourraient s’apparenter à une version jamaïcaine de Piccolo et Saxo et compagnie: pas seulement parce que cuivres et vents s’emparent au besoin des mélodies, comme sur ce Rainy Days vintage et champêtre, tout droit sorti de la Jamaïque d’avant reggae, mais aussi parce que ces douze titres donnent l’impression d’un cheminement. D’un rythme à l’autre, d’un style à l’autre, en récupérant sur le bord de la route, les copains musiciens croisés dans les groupes que Nico a rejoints au fil du temps. Pas de monotonie à l’horizon, juste la volonté de défendre une vision ouverte de ces musiques parfois tentées de se replier sur elles-mêmes.

Nicodrum & Friends Back to Fundehchan ! (Tam Tam production/Music Box Publishing/RFI Talent) 2014
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