I Muvrini chante la non-violence

I Muvrini chante la non-violence
I Muvrini © DR

Invicta, le nouvel opus des Corses d’I Muvrini, est l’occasion pour les frères Bernardini (Alain et Jean-François) et leurs amis musiciens, de reprendre la route. Au cours d’une petite cinquantaine de dates réparties sur un an, ils défendront en musique l’idée de non-violence portée par ce disque qui emprunte son nom, en le féminisant, à Invictus, le court poème de l'écrivain William Ernest Henley que chérissait l’illustre Nelson Mandela.

En un peu plus de trois décennies, les Petits Mouflons (I Muvrini en corse), ont réussi la gageure de partager avec le plus grand nombre et sur les 5 continents, une langue - le corse - parlée seulement par quelques dizaines de milliers de locuteurs principalement installés sur l’ile de Beauté.

Au fil, d’une discographie émaillée de huit Disques d’or et d’une carrière couronnée par deux Victoires de la Musique, ils ont mêlé leurs voix à celles des stars de la chanson française (Serge Reggiani, Jacques Dutronc, Renaud, MC Solaar, Grand Corps Malade…) ainsi qu’à celles des ténors de la variété internationale (Sting, Lluis Llach, Luz Casal, Nana Mouskouri…).
 
Homme de paix, d’ouverture et de tolérance, Jean-François Bernardini, le porte-voix de ce groupe et d’Umani Fondation Corse, la structure qu’ils ont créée en 2002 afin de véhiculer leurs idées de tolérance, de partage et de fraternité, définit ce disque chanté en corse, mais aussi en anglais et français comme "le chant de la conscience jamais vaincue, le chant des droits de l'âme".

Des droits de l’âme auxquels ils consacrent en toute fin d’album, une chanson-manifeste intitulée Déclaration des Droits de l’âme. À l’entendre, on comprend la teneur universelle et profondément humaine de l’engagement du chanteur : "Les droits de l’âme valent pour toutes, y compris celles qui n’ont jamais servi ou se sont égarées.".

 
Toujours très attachés aux symboles, ils rendent hommage avec la participation des Polyphonies hébraïques de Strasbourg, sur O Ismà (Heart of Jenin), à cet enfant palestinien tué par l'armée israélienne et dont les parents ont donné les organes, sauvant de fait cinq vies du côté israélien.
 
Parmi la quinzaine de chansons réunies ici, et malgré leurs expressions diverses, nombre peuvent par leur structure ou leur allure, aisément être qualifiées de "folksongs". C’est ainsi qu’ils reprennent en anglais dans le texte et sans grande originalité, le célèbre Blowin in the wind de Bob Dylan, qui fut à sa création, considéré comme l’un des hymnes du mouvement des droits civiques aux États-Unis, un mouvement qui soulignait déjà à l’époque que sans justice, il ne saurait y avoir de paix.
 
Cette dimension est malheureusement absente de cet opus où l’utopie donne même son nom à une chanson. Plus loin, juste avant la déclaration finale, ils transposent en corse, le Bensonhurst Blues (Corsican Blues) popularisé par Oscar Benton avant d’être repris en 1981 sur la B.O. de Pour la peau d’un flic (1981), un film policier de et avec Alain Delon.
 
I Muvrini Invicta (Columbia/Sony Music) 2015
En concert le 3 avril à l’Olympia (Paris) et dans une quarantaine de villes en Suisse, France et Belgique.
Site officiel d'I Muvrini
Page Facebook d'I Muvrini

A écouter : l'interview de Jean-François Bernardini d'I Muvrini dans Vous m'en direz des nouvelles (24/03/2015)