Dyna B, à pleins poumons

Dyna B, à pleins poumons
Dyna B © B. Struelens

Enrôlée dans une compagnie de danse israélienne quand elle avait 17 ans, la Belgo-haïtienne Dyna B y a repris un rôle qui lui a permis de découvrir le plaisir de chanter en public. Son deuxième album, Soul Vibrations, souligne ses capacités vocales dans des registres différents mais tous marqués par un même état d’esprit hérité de l’Amérique noire et des Caraïbes.

Le premier contact avec Dyna B se fait via la photo qui illustre son CD : en noir et blanc, gros plan sur le visage et la tignasse afro de la jeune femme. Tendue en avant, comme si elle allait traverser l’image, fixant droit devant avec ses yeux espiègles, et laissant deviner la puissance qui doit pouvoir se dégager de cette bouche grande ouverte, à s’en décrocher la mâchoire. Le titre, Soul Vibrations, finit de planter le décor.

Alors quand intervient le second contact, musical celui-là, avec la première chanson intitulée Hey Baby, tout est déjà prêt pour entrer dans l’univers de cette artiste de 24 ans, qui ne cache pas qu’elle n’a “jamais été trop avec les musiques de [son] temps” et trouve dans le passé quelque chose de “plus frais”, “plus sincère” qu’aujourd’hui.

Née en Haïti et adoptée très jeune par une famille belge (connue pour ses spectacles musicaux destinés aux enfants, avec le groupe Mamemo), elle voit dans la soul “une musique qui ressemble à la personne qui chante”. Et explique que c’est le style le plus proche de sa personnalité, citant bien sûr parmi ses influences des pointures comme Aretha Franklin.
 

Pendant les 57 minutes de son nouveau projet musical, le rôle principal est donc confié à la voix. D’ailleurs, le mini-album achevé l’an dernier qui a servi d’étape intermédiaire avait pour titre Gospel Experience, mais par la suite Géraldine Battesti – son nom à l’état civil – a préféré “clarifier les choses” et en modifier l’appellation.

Cela ne l’empêche pas de reprendre le standard du negro spiritual Go Down Moses, en y intégrant un passage ragga, à la façon jamaïcaine, assuré par un invité. Née autre part ou encore Non, Non, non, qui figurait dans une autre version sur son premier album Take A Break en 2011, montrent aussi une envie d’aller par moments vers le reggae.
 

L’appel des racines caribéennes se reflète également à travers Istwa Dwol, empruntée au chanteur haïtien Belo, lauréat du prix Découvertes RFI en 2006. Éclectique, puisqu’un a cappella peut y précéder un remix dub, Soul Vibrations cherche d’abord à dessiner les contours d’une forme d’esthétique. Quoi de plus naturel, pour une chanteuse qui s’est distinguée depuis longtemps en tant que danseuse, dans de nombreux spectacles ?
 
Dyna B Soul Vibrations (Tapage Nocturne) 2015 Artiste RFI Talent
Site officiel de Dyna B
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