Corson, le succès modeste

Corson, le succès modeste
Corson © T. Peyrat

Après une série de singles très radiophoniques, dont le désormais incontournable Raise me up, le discret Corson livre enfin son premier album, The rainbow, une salve de chansons pop symphoniques aptes à séduire la majorité silencieuse. Portrait.

Corson, tout le monde l’a déjà entendu sans jamais l’avoir vu. Quiconque a allumé sa télévision ou sa radio ces derniers mois se souvient de We’ll come again, bande-son d’une publicité de grande audience, ou Raise Me Up et son refrain massif, tube radiophonique par excellence. D’autres en auraient profité pour courir les projecteurs. Lui s’en moque. "Les soirées mondaines me fuient !", explique-t-il en souriant. 

Retranché derrière son travail depuis plus de cinq ans, Alain Cordier, alias Corson, 35 ans, se dévoile un peu plus avec ce premier album, The rainbow, enregistré "sur quatre ans" dans un studio à Orléans, avec à ses côtés, le réalisateur et compositeur Brive Davoli et une équipe de fidèles musiciens.
 

À l’origine de sa vocation, ce chanteur et compositeur très lyrique, amateur de complexité symphonique et de refrains fédérateurs, cite d’emblée une formation musicale classique dans sa région d’origine, la Lorraine. "J’ai pris des cours de piano, de solfège depuis tout jeune. Puis je suis devenu chanteur dans des petits groupes de rock fusion au lycée. C’est là que j’ai décidé de parfaire ma technique vocale". Le chanteur s’intéresse à la technique de chant classique, prend des cours, façonne sa voix : "Dans le lyrique, on est centré sur soi, dans l’introspection, les résonances intérieures, un peu comme au yoga." Un premier déclic, donc.

 
Le second, définitif, intervient avec le décès de sa mère, à 20 ans. "Je venais de terminer mes études et travaillais dans une banque au Luxembourg. J’ai tout plaqué pour vivre de ma passion". S’ensuit le départ à Paris ("avec mon sac et mon couteau !"), et le parcours classique de l’aspirant chanteur : "Je courais le cachet, participais à des castings, des séances studios, des featurings dans des comédies musicales… J’ai vécu ainsi plus ou moins de la musique pendant sept ou huit ans."
 
"Liberté totale"
 
Début 2010, armé de quelques compositions, dont le single déclencheur, We’ll come again, le jeune trentenaire écume les cafés concerts de la capitale avec des musiciens de circonstance. Au cours d’un de ces concerts, Selim Mouhoubi, son producteur, le découvre. Corson est lancé. "Le processus d’éclosion a été lent", reconnaît-il. Mais dès lors, tout s’enchaîne, avec la série de ses singles à succès, puis la signature avec Universal en 2012, qui permet de finaliser l’album.
 
Aujourd’hui, Corson a le sentiment d’une "liberté totale", de n’être jamais freiné dans l’ambition qu’exigent ses chansons pop lyriques et puissantes, dans la lignée de grands inspirateurs comme U2, Stereophonics ou l’Anglais Tom McRae. La liberté, aussi, de ne pas choisir entre sa langue natale et l’anglais, deux "sœurs de sang" avec lesquelles il jongle assez aisément. "Il me fallait cette latitude pour exprimer l’essentiel", explique-t-il. Car des histoires plus douloureuses se cachent pudiquement sous le vernis épique : "le passage à l’âge adulte, la perte de ma mère, la mort. Mais avec la conviction que l’on vit ailleurs, sous une autre forme, après la mort. Il y a quand même une note d’espoir !"
 
Corson The Rainbow (Polydor/Universal) 2015
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