Mylène Farmer, odyssée sans surprise

Mylène Farmer, odyssée sans surprise
Mylène Farmer © DR

La popstar française aux trente millions d'albums écoulés n'a plus vraiment grand-chose à prouver. De toute façon, son immense et indéfectible base de fans passera sans conteste par la case achat. La dixième livraison de Mylène Farmer, Interstellaires, qui oscille entre paresse et quelques coups d'éclat, ne marquera pas la décennie.

Mylène Farmer. Le nom est lâché. Il claque irrésistiblement. Suscite fantasme. Et déchaîne les passions. Trente ans que ça dure. Impressionnant objet de culte, la diva rousse a un public d'accros. Qui collent à ses basques. Qui marchent dans ses mots. Pérennité d'une vénération pulvérisant le sens commun. L’icône a fait de son statut d'éternelle énigmatique l'une des composantes essentielles de son aura d'artiste. Cultiver le mystère, c'est son credo. Plus elle maintient les informations sous l'éteignoir, plus son influence se répand de façon évidente. Encore une fois, elle les a distillées au compte-gouttes.

D'abord à travers un duo avec Sting (Stolen Car), lancé en éclaireur à la fin de l'été. Un titre pratiquement passé inaperçu sur l'album Sacred Love de l'ancien leader de Police en 2003 et redoutablement dépoussiéré ici par The Avener. Carton commercial immédiat. Deuxième signal, la semaine précédant la sortie de l'opus, avec la ballade aérienne Insondables. Du Mylène Farmer pur jus en prise dans le texte à une psyché torturée et qui chante dans le souffle.
 
Au lieu de reprendre langue avec son fidèle complice Laurent Boutonnat, la chanteuse de 54 ans a décidé de se rapprocher d'une cellule vivante de la musique d'aujourd'hui. La rumeur a longtemps parlé d'une excitante collaboration avec Matthew Bellamy, chanteur de Muse. Ce sera finalement Martin Kierszenbaum (Lady Gaga, Feist, Tokio Hotel) qui composera neuf des onze titres. Moins de flagrances électro qu'au cours des deux précédentes livraisons. Retour de la guitare et de la batterie aux avant-postes.
 
Mais douchons un peu les ardeurs, il n'y a pas de morceaux qui scotchent sur place. Rien d'insignifiant non plus. Mylène Farmer se repose la plupart du temps sur un indéniable savoir-faire. Aux titres passe-partout comme Interstellaires ou Pas d'access, on préférera la ligne de basse funky de C'est pas moi et l'habituelle chanson tire-larmes existentielle. Elle s'appelle Un jour ou l'autre. Elle n'a pas la même puissance émotionnelle que Redonne-moi et Je te dis tout, titres d'antan au sévère parfum lacrymal. Mais - grâce aux débordements de la voix cristalline - elle fait néanmoins son petit effet.
 
Mylène Farmer Interstellaires (Polydor) 2015

Site officiel de Mylène Farmer
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