Jain, voyageuse pop

Jain, voyageuse pop
Jain © Sony Music

Cette jeune fille d'expatriés, qui a grandi aux quatre coins du monde, bricole des chansons pleines de bonnes vibrations. Avec sa pop multiculturelle, très marquée par le hip hop et une adolescence en Afrique, Jain a toutes les cartes en main pour faire un carton avec son premier album, Zanaka.

Elle évoque un rendez-vous pris pour le lendemain avec une célèbre marque de chaussures et de vêtements de sport et autour d'elle, on parle de "choses qui se passent". Sélection pour les prochaines Victoires de la musique ? Concerts annoncés dans les grands festivals de l'été prochain ? Ventes qui décollent ? On n'en saura pas plus, mais en cette fin d'année 2015, Jain peut raisonnablement afficher un large sourire : à 23 ans, elle pourrait bien être l'un des cartons musicaux du moment.

Son titre Come est un tube et Zanaka, son premier album, est rempli de cette pop pleine de bonnes vibrations. Comme il y a des feel good movie, ces films qu'on voit pour se sentir bien, la jeune femme fabrique une feel good music qui a pour seul but de donner la pêche. "En Afrique, on fait de la musique pour faire la fête, pour partager, pour communiquer et c'est ce que je veux faire", appuie-t-elle.
 
Son âme est en Afrique

L'Afrique a marqué Jain -prononcez Jane, à l'anglaise- fille d'expatriés qui a passé son adolescence entre la France, Abu Dahbi et Pointe-Noire. C'est au Congo qu'elle apprend à bricoler sa musique sur son ordinateur avec un beatmaker, Mister Flash, et qu'elle commence à la poster sur la plateforme internet Myspace. Elle constate : "Sans les voyages, je ne suis pas sûre que je ferais de la musique aujourd'hui. Quand on est expatriée, c'est un peu difficile d'être proche de la culture locale. La musique, ça a été ma porte d'entrée pour pouvoir être avec les gens du pays et entrer dans ce monde-là."

 

Même si elle chante "mon âme est en Afrique", sa musique est plutôt un grand mélange pop dans lequel se retrouvent les échos d'un continent rêvé. Hommage à la diva sud-africaine Miriam Makeba. Le titre Makeba est ainsi une évocation de "Mama Afrika" pour une génération qui l'a découverte sur l'écran de son téléphone portable. "Je la vois comme une grande dame très forte, estime la jeune chanteuse. Quand je regarde des live d'elle sur YouTube, je trouve qu'elle dégage quelque chose d'hyper joyeux. Et puis, je l'écoute depuis que je suis toute petite, car ma maman l'écoutait. Elle fait partie de mon enfance et de ma vie."

 
Lily Allen à la française

Repérée par Maxim Nucci, alias Yodelice, Jain a commencé à travailler avec lui durant ses vacances en France, tout en continuant ses études en art. Le musicien, compositeur pour Johnny Hallyday et ami des stars du show-business, est aujourd'hui son producteur ; il continue à lui donner "plein de conseils".
 
Les bras de Shiva, qu'elle arbore sur la pochette de son disque, Zanaka ? C'est par contre son idée à elle. La petite robe noire qu'elle porte comme un fétiche ? C'est aussi son idée à elle. Son pseudonyme ? C'est un dérivé de son prénom, qu'elle a emprunté à une vieille religion indienne, le jaïnisme, après en avoir lu ce précepte, qu'elle "avait trouvé cool, à 16 ans" : "Ne sois pas déçu si tu perds, ne sois pas fier si tu gagnes."
 
Celle qui a grandi en écoutant du hip hop américain chante avec un accent anglais ayant gardé les traces de ses années passées au Congo. Elle a au final, beaucoup plus à voir avec M.I.A. ou la chanteuse anglaise Lily Allen, mais une Lily Allen réservée, qu'on imaginerait mal faire les gros titres de la presse à scandale, et qui aurait remplacé la culture reggae de Londres par celle de sa terre mère africaine. 

Jain Zanaka (Columbia/Sony Music) 2015
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