Charlotte Gainsbourg hausse le ton

Charlotte Gainsbourg hausse le ton

Stage whisper est un album hybride rassemblant huit nouvelles chansons et dix titres live de Charlotte Gainsbourg. La chanteuse franco-britannique a invité quelques-uns des meilleurs compositeurs anglo-saxons du moment pour réaliser ce bijou pop et présenté une nouvelle facette de sa carrière : son amour de la scène.

Charlotte Gainsbourg, réapparue dans les bacs au milieu des années 2000 continue à s’adresser à un public international que ses parents avaient conquis depuis la France dès les années 1960. Sauf que Charlotte trace sa route en suivant le modèle anglo-saxon que Phoenix et Air ont préféré avec un regard porté vers l’Amérique.

Le son de 5.55 devait beaucoup aux influences britpop. Ce dernier album va chercher ailleurs, dans l’electro-rock (Terrible Angels) ou encore dans les rythmiques puissantes du hip hop US (All the Rain) chers au Californien Beck.

L’auteur de Loser en maître de cérémonie de la production et de la composition de la plupart des morceaux studio et live de l’album a produit des ballades disco-punk aux contours synthétiques et froids inflammables, dansants, bruts et ronds à la fois. Beck a aussi eu les mains "baladeuses" pour assembler génialement des accords de harpes et des chœurs pop sépulcraux à des accords de violoncelles émouvants (White Telephone).

Les autres partenaires de création de Charlotte sont tous anglo-saxons. Ils forment avec Beck un quatuor magique : Conor O’brien du groupe Villagers offre un Memoir folk bien différent du reste de l’album, Out of Touch composé et réalisé par le néo-zélandais Connan Mockasin libère de douces vibrations psychédéliques. Enfin Charlotte invite Charlie Fink du groupe Noah and the Whale pour un Got to Let Go qu’un Lee Hazlewood n’aurait en rien renier s’il avait eu Nancy Sinatra à ses côtés pour le chanter.

Quant aux interprétations publiques des chansons majeures de 5.55 et d’IRM, elles permettent à la première écoute d’apprécier la présence de Charlotte au micro, elle qui avant de revenir sur scène chanter avait peur d’en manquer. Avec IRM ou le très "Airien" AF607105 composé justement par Air et Jarvis Cocker, on trouve une nouvelle substance à ces chansons; une sensualité et une chaleur qu’on n’avait pas vraiment perçu lors de l’écoute des versions originales.

En scène comme en studio, Charlotte est un diamant poli et polymorphe de la chanson, du live et du grand écran. Bonne nouvelle, la pierre précieuse brille toujours un peu plus au contact des meilleurs producteurs de la pop moderne.

Charlotte Gainsbourg Stage whisper (Because Music) 2011