Caribbean Dandee Explosion

Caribbean Dandee Explosion
Joey Starr et Nathy Boss des Caribbean Dandee © Eli

25 ans après l’apparition du duo NTM, Caribbean Dandee est le nouveau groupe de JoeyStarr. Cette fois, ce n’est pas Kool Shen qui lui donne la réplique mais Nathy, jeune rappeur/toaster de 25 ans à l’énergie surpuissante, entendu notamment en 2004 sur le single de Rohff Le Son qui tue et plus récemment, sur l’album de Joey Egomaniac. Entre rap, reggae moderne et flirt avec la chanson française, le premier album des deux complices est une belle réussite, un disque puissant, original et plein de surprises. On retrouve Nathy et Joey chez ce dernier, dans Paris, pour une heure d’interview avec rhum arrangé et propos non filtrés.

RFI Musique : À quand remonte votre première rencontre ?
Nathy : La première dont je me souvienne, c’est en 1995, pendant les balances du Suprême NTM au Bataclan.
JoeyStarr : Moi, le souvenir le plus exact que j’ai de lui, c’est lors de mon émission de radio (Skyboss, dans les années 1990/2000, ndlr). Les deux premiers trucs que j’ai dû lui dire, c’est "Qu’est-ce que tu fous là " et "T’as pas école " Il s’est tourné vers sa mère et j’ai dit : "Tu vas ramener toute ta famille ? C’est quoi le projet ?"
Nathy : Et puis un jour, il me dit : "Mais t’en as pas marre de venir là et de nous regarder ? Prends le micro au moins, fais un truc !"
Joeystarr : Je dis ça pour rigoler, au départ. Moi, je suis en slip et tout le monde est habillé. Mais on est chez moi. J’ai bossé avec sa mère auparavant, qui fait partie de ces gens qui ont amené le reggae en France, qui tenaient des échoppes vendant du vinyle (la mère de Nathy s’occupait du mythique magasin reggae Blue Moon, ndlr). Et on n’est pas dans l’exotisme, elle vendait du dancehall. On était déjà dans la tendance. Et même si moi, au départ, je ne suis vraiment pas un amoureux des beatniks noirs, donc des rastas, sa mère, c’était déjà quelqu’un qui nous accompagnait. On allait acheter des vinyles avec Terror Seb. J’avais déjà ma tête de yardie. On me connaissait. Donc le premier contact, c’est avec sa mère. Après avec Nathy, c’est dans la cave où on enregistrait l’émission. Je suis dans la déconne au début, et puis je lui demande de prendre le micro. Il prend le micro…
Nathy : Moi, j’étais déjà un Jamaïcain, il ne le savait pas.
JoeyStarr : Donc Nathy a pris le micro, il m’a regardé genre "J’ai de la moustache", et il a fait un truc, j’ai dit : "Eow !"
Nathy : Avant de trainer les samedis soirs dans son émission radio, j’étais au collège mais j’écoutais en boucle la compilation de son label, Boss Opus 1. Je connaissais tous les morceaux. Il y avait une énergie collective, un son. C’est parti naturellement comme ça. Et puis par la suite, j’ai fait des premières parties de Didier en 2007, et à la reformation de NTM en 2008.

Et la formule Caribbean Dandee en duo, quand est-elle est née ?
JoeyStarr : Pendant Egomaniac en 2011, on a commencé à jouer en live. Sur un show, il avait trois couplets et si je l'avais laissé faire, il tenait la baraque tout seul.
Nathy : C’est mieux quand c’est lui qui raconte tout ça !
JoeyStarr : Avec Bruno (Kool Shen de NTM, ndlr), on s’éclatait mais avec Nathy, j’ai des sensations… Bruno, c’était un breaker, moi un mec qui dansait debout. Là, on bouge comme on écrit et on écrit comme on bouge. Tout de suite, il y a une bousculade. Et puis, il nous a vus faire, il a grandi avec ça. Quand je joue avec Nathy, je me dis que j’ai fait école. Et la sensation me plait. Tu regardes l’état de mes jambes, elles sont creusées de partout.
Nathy : J’ai perdu des morceaux de dents sur scène, plusieurs fois.
JoeyStarr : On joue guerriers, et on s’est retrouvés là-dessus.
 
Nathy, tu es né en 1990, l’année de sortie de la compilation Rapattitude, où apparaît NTM pour la première fois…
Nathy : Et tu sais ce qui est encore plus fou ? Mon père, que je ne connais pas vraiment, a lui aussi un morceau sur cette compile.
JoeyStarr : T’as vu comment c’est touchant, notre histoire ? (rires)
 
Nathy est venu au monde quand tu es né artistiquement…
JoeyStarr : Je suis un genre de couguar de la musique, en fait ! (rires)
Nathy : On est deux Négropolitains dont l’un a pratiquement le double de l’âge du premier. On est des Antillais nés en France. On a grandi en banlieue, dans le 93. On a une histoire commune. C’est ce qui fait la force du truc.
 
Caribbean Dandee en live, on peut s’attendre à quoi ?
JoeyStarr : On est dans le concept de la block party. Faire des concerts, enfiler les morceaux les uns après les autres comme on fait avec un collier de perles. C’est bon, on l’a fait. On sait qu’on sait le faire, vous êtes d’accord ou pas. Là, on vous propose une formule block party. On est venus pour mouiller le maillot. Tu nous connais, tu sais de quoi on est capables. On n’est jamais pris au dépourvu.
 
Carribean Dandee (Naïve) 2015
Page Facebook de Carribean Dandee