Sexion d’Assaut

Sexion d’Assaut

Au top des charts dès sa sortie, L’Apogée, le dernier opus de Sexion d’Assaut, confirme la gloire du groupe de rap parisien le plus populaire du moment. De l’éthique ou du toc ? Entre phases d’égo trip et prises de position plus pertinentes, le collectif agace, mais réussit son coup de maître : marquer les esprits et s’imposer comme un véritable phénomène de société.

Numéro 1 des ventes dès sa sortie le 5 mars dernier, Disque d’or en moins d’une semaine (plus de 65 000 albums vendus, physiques et digitaux, en une poignée de jours, en pleine crise de l’industrie du disque !), L’Apogée, dernier opus du collectif de rap parisien Sexion d’Assaut, confirme la promesse de son titre : il cartonne.  

Déjà, depuis deux mois, proliférait sur les profils Facebook des ados ce premier single officiel, Avant qu’elle parte, refrain qui colle, rap sirupeux, pétri de bons sentiments, en hommage à leurs mamans. Là encore, les chiffres donnaient le tournis : 10 millions de vues sur YouTube en deux semaines, premier sur Itunes… Bref, oubliées les polémiques sur les propos homophobes tenus par le groupe, qui secouèrent l’année 2010 !

 
Plus qu’un simple groupe de hip hop, Sexion d’Assaut (400 000 exemplaires vendus pour leur premier album, L’Ecole des Points vitaux, 2010), s’impose comme un véritable phénomène de société, une entreprise florissante, une marque déposée, une machine de guerre… D’ailleurs, Maitre Gims, Lefa, Maska, Adams Diallo, Doomams, JR O Crom et Black Mesrimes, les sept lascars du crew, entrent dans le premier titre de L’Apogée, Mets pas celle-là, en véritables conquérants : son triomphal, mégalomanie assumée, obsession du Disque d’or, qui parcourra toutes les pistes du disque…

"J’adore les paroles, elles déchirent !" : sur les réseaux sociaux des ados, les éloges pleuvent. Soit. S’agit-il d’un rap que les plus de 20 ans ne peuvent pas comprendre ? Premier constat : généreux, Sexion d’Assaut offre à leurs fans un long, très long, très très long disque. 22 titres. 22 pistes bavardes, où les sept protagonistes posent leur flow comme de vraies pipelettes, rappent et se parlent entre eux (leur vie, leur posse, leurs détracteurs, leur Disque d’or…), reléguant presque l’auditeur au rang de voyeur, à la porte de "radio cité potin", exception faite de quelques titres aux textes et messages plus avisés (L’Endurance, La Tâche, -75 Degrés…).
 
Surtout, il y a ces refrains chantés, façon soul de supermarché, pour lesquels le mot "guimauve" reste un euphémisme : des phases sucrées à souhait qui transforment en deux secondes les bad boys de la cité en Bisounours dégoulinants. Le tout sur des gimmicks musicaux, 100 % synthétiques et balourds. Tout, pourtant, n’est pas à jeter : quelques bons flows illuminent le disque, des idées judicieuses, une énergie et une bonne volonté qui nous les rendraient (presque) attachants. Ok, ok c’est le son d’une époque, celui d’une génération, les chroniques du 7-5… Après Sexion d’Assaut, on a quand même sacrément envie d’inciter les jeunes à réécouter du "rap de vieux".
 
Sexion d’Assaut L’apogée (Jive Epic) 2012
En concert à Paris Bercy le 22 mai
 
Site officiel de Sexion d’Assaut