Le rock dans tous ses états

Le rock dans tous ses états
Catherine Ringer et son fils, Raoul Chichin © Bastien Brun

La deuxième soirée des Francofolies de La Rochelle, place Saint-Jean d’Acre, a consacré le rock. Arthur H et Thiéfaine ont donné une définition textuelle du genre tandis que Dionysos et Catherine Ringer y ont mis leur grain de folie.

La nuit a déjà gagné son pari mais les guitares continuent de résonner fort dans le port. Loin, dans le vent qui balaye la grande scène des Francofolies de La Rochelle, les mexicains de Rodrigo y Gabriela jouent les derniers moments d’une soirée durant laquelle le rock a été mis sens dessus-dessous.

Tout avait pourtant commencé calmement par une fin d’après-midi où Arthur H usait de la méthode Coué pour conjurer le mauvais temps. "On va imaginer qu’on est la nuit et puis, on va imaginer qu’il fait chaud. C’est une chaude nuit de juillet." Ou encore : "On est à New-York, il fait 36,5°C".
 
L’autre homme à tête de chou danse comme un adolescent sur du disco et il prend le costume cintré de Serge Gainsbourg lorsqu’il interprète Prendre Corps, délire sensuel du poète Ghérasim Luca qui rappelle à qui veut bien le comprendre que le rock est affaire de …texte. "Je te flore / Tu me faune / Je te peau / Je te porte et te fenêtre / Tu m’os / Tu m’océan / Tu m’audace / Tu me météorite".
 

Dionysos sur 100 000 volts

 
Si quelqu’un a été une météorite ce jeudi 12 avril, c’est une fois de plus Mathias Malzieu, le chanteur et la plume de Dionysos. Est-il possible d’aller plus loin, plus haut et plus fort ? En tout cas, le petit bonhomme branché sur 100 000 volts respire toujours la scène, qu’il parcourt de long en large avant de se jeter dans le public pour une nouvelle traversée.
 
Celui qui se rêvait en John Mc Enroe est chaque soir porté en triomphe quelle que soit la foule. La mémoire des Francofolies se souvient, elle, de cette soirée électrique où un photographe avait immortalisé l’ombre du petit bonhomme faisant le grand écart à un mètre cinquante du sol. Le texte passe certes derrière, le bird’n’roll et le personnage Tom Cloudman - pourtant au cœur du nouveau spectacle - sont des anecdotes, mais Dionysos reste tout simplement monstrueux.
 
La Ringer et Thiéfaine assurent
 
Catherine Ringer, qui n’est pas née de la dernière scène ouverte, l’a bien compris et pour entrer dans le vent - et bientôt la pluie - de Saint-Jean d’Acre, elle ralentit le rythme grâce à "sa salade de Mitsouko et de titres de l’album Ring’n’roll". La Ringer, accompagnée à la guitare de son fils, Raoul Chichin, tient la barre et elle ne semble pas avoir laissé sur l’autel de sa cinquantaine son côté punk d’opérette. Il y a des lumières vives, rouges, vertes, jaunes et bleues et dans sa robe Jean-Paul Gautier, elle poursuit le chemin entamé avec son acolyte des Rita Mitsouko et mari, Fred Chichin, décédé en 2007. Andy est là et ça fait ding dong…
 
Quant à Hubert-Félix Thiéfaine, il semblerait que rien ne change vraiment pour lui, malgré sa consécration aux dernières Victoires de la musique. Revenu des enfers, il attaque la foule genoux pliés, buste penché en avant, on croirait le diable en personne. "Quand j’ai préparé le concert, j’ai voulu supprimer les chansons qui parlent d’alcool, celles qui parlent de drogue, celles qui parlent de sexe et de la mort. Ça aurait fait un super concert très hygiénique, mais malheureusement, il n’aurait duré que 4 minutes 22". Thiéfaine est finalement resté une bonne heure.

Le prochain rendez-vous du rock place Saint-Jean d’Acre lors de ces 28e Francofolies de La Rochelle, c’est samedi 14 juillet avec Izia, Pony Pony Run Run et surtout, une fête à Moriarty.

Les Francofolies de La Rochelle