Samba Mapangala

Samba Mapangala

Fort d’une solide notoriété acquise en Afrique de l’Est avant de venir s’installer sur le sol américain, le chanteur congolais Samba Mapangala ne se contente pas de vouloir faire danser avec son nouvel album Maisha Ni Matamu (Life is Sweet). Il tient aussi à défendre les causes environnementalistes liées à son continent natal.

Il y a des voyages qui ne sauraient laisser intact. Pour Samba Mapangala, retourner au Kenya et en Tanzanie signifiait renouer avec des lieux qui ont beaucoup compté dans sa carrière : c’est dans ces pays que celle-ci s’est construite, développée pendant près de deux décennies.

Effectué en mars 2009, ce séjour en Afrique de l’Est a fourni une partie du carburant qui a alimenté son nouveau projet de disque. Profitant de son passage à Nairobi, Samba a tenu à concrétiser en studio ce qu’il avait alors en tête pour capturer sur le vif des émotions, des vibrations, tout cet immatériel souvent difficile à restituer ailleurs et plus tard.

L’entrain de l’artiste congolais imprègne en profondeur Maisha Ni Matamu (Life is Sweet), la chanson qui donne son nom à l’album, avec l’énergie du soukouss et ses guitares chantantes. Autre souvenir, Zanzibar, en référence à un concert donné quelques jours plus tôt sur cette petite île tout près de Dar-Es-Salaam, lors duquel il avait été rejoint sur scène par Bi Kidude, la presque nonagénaire reine du taarab traditionnel.

Une femme est également à l’honneur sur Tupande Miti (Let’s Plant the Trees), interprété en plusieurs langues. "Wangari Maathai a montré le chemin", dit ce morceau qui évoque le combat pour la reforestation mené par la militante écologiste kenyane (qui reçut le prix Nobel de la Paix 2004). Les considérations environnementales sont aussi au cœur des Gorilles des montagnes, une chanson écrite pour soutenir l’action de sensibilisation du World Wildlife Fund (WWF) afin de protéger ces grands singes au Congo.

Si la présence de musiciens congolais réputés tels que Syran Mbenza et Komba Bellow, tous deux membres de Kekele, garantit un parfum de rumba aux chansons de Samba, les effectifs se sont ouverts à quelques éléments du groupe chicano Quetzal, ou encore à Alejandro Fuentes, dont le piano apporte une couleur latino inattendue sur Nipigie Simu (Call me). La culture du melting-pot ?

Samba Mapangala Maisha Ni Matamu (Life is Sweet) (Virunga Records) 2011

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