Shaka Ponk enflamme Solidays

Samaha et Frah du groupe Shaka Ponk
© j. pichon

Pour sa 13e édition, Solidays accueillait comme chaque année quelques têtes d’affiches attendues (Moby, Katerine), de splendides confirmations (Zone Libre), et un groupe détonateur : Shaka Ponk. Considéré comme l’un des groupes de scène les plus explosifs du moment, le groupe electro-punk français semble lancé vers un succès massif avec la parution de leur troisième album, The Geeks and the Jerkin’ Socks. À l’occasion de leur passage à Solidays, RFI Musique est allé à leur rencontre, avant de juger in situ de leur réputation scénique sur l’une des grandes scènes du festival.

Samedi 24 juin. Quelques heures avant leur show sur la scène de la Bagatelle, Frah, chanteur et tête pensante de Shaka Ponk, et Samaha, chanteuse du groupe, nous rejoignent dans la touffeur de l’espace presse du festival. C’est la deuxième participation du groupe à Solidays, mais avec, cette fois, des conditions plus à la mesure de leur récente montée en puissante.

L’année dernière, le combo se produisait, en fin d’après-midi, dans l’un des chapiteaux du festival. Cette année, c’est en tant qu’invités "coup de cœur" de Solidays qu’ils reviennent, en tête d’affiche. Comme un symbole de leur récente montée en puissance. "Tout se passe plutôt bien, sourit Frah. Mais on a encore du mal à se rendre compte, concrètement, du phénomène. Nous restons des geeks enfermés la majeure partie du temps en studio, et les gros festivals sont nouveaux pour nous."
 
Leur nouvel album, The Geeks and the Jerkin’ Souls, est le miroir exact de Shaka Ponk à l’heure des grandes tournées : six post-ados férus de nouvelles technologies, balancés entre l’énergie galvanisante des concerts et les heures passées en tour bus devant leur écran d’ordinateur. "Tout le disque a été écrit et composé en tournée, sur nos portables, explique Samaha. On avait pris l’habitude de se retrouver dans le bus, juste après notre concert, pour enregistrer des idées. Nous nous sommes vraiment imprégnés de la scène."
 
Ambiance survoltée
 
La foule compacte et hystérique pressée devant la scène à 21h en dit long sur le phénomène Shaka Ponk. Immédiatement complice, le groupe débarque sur scène "habillé" d’un étrange costume-cravate peint à même le corps. Dès les premières notes, le son est lourd, puissant. Frah et Samaha, munis d’un micro étrangement long, entament un chant vocoderisé typique de la mixture electro-rock du groupe. L’ambiance est électrique, les premiers adeptes de stage-diving se jettent dans le public et ne s’arrêteront plus jusqu’à la fin du set.
 
Les premières chansons, très punk rock, sont une démonstration de la puissance du combo, même si la nuance fait défaut. Hell’o, single le plus connu, ouvre enfin une parenthèse plus pop. Les fans les plus bruyants se calment, l’autre partie du public reprend les paroles en choeur. La précision chirurgicale des musiciens et de Frah, le chanteur, font mouche. Sur Doors, Samaha entame une danse féline devant l’écran de projection bardé de lumières psychédéliques. Escale réussie.
 
La deuxième partie du set fait la part belle aux chansons du dernier album, Sex Ball ou I’m Picky, reprises en chœur par tout le public. L’intensité remonte d’un cran. C’est le moment choisi par le groupe pour projeter leur mascotte virtuelle sur scène, le singe Goz. Parfaitement synchronisé avec le chant de Frah et Samaha, le gorille animé est plus qu’un gadget de scène. Il incarne l’esprit fun et décalé de Shaka Ponk, entité à cheval entre le graphisme et la musique, le virtuel et le réel. Dommage, toutefois, que les rayons de soleil sur cette scène de plein air empêchent de profiter pleinement de ce spectacle total.
 
Une machine de guerre scénique
Le concert se termine sur des classiques du groupe, et sur le dernier single Let’s Bang, sorte d’hymne primaire à la sexualité adolescente. Frah harangue ses "petits singes", clin d’œil humoristique aux fans survoltés des premiers rangs. Le constat est sans appel : rares sont les poids lourds du rock français qui parviennent à électriser la foule sans discontinuer pendant plus d’une heure. Shaka Ponk est à ce titre une exception. Difficile, d’ailleurs, de juger de la qualité de la formation sur disque, tant leur énergie scénique, leur sens du visuel et du spectacle dépasse leurs productions en studio.
 
Avant de quitter la scène, Frah donne rendez-vous au public parisien pour leur concert du Zénith, en novembre prochain. Le point culminant d’une tournée en forme de triomphe romain.
 
Shaka Ponk, The Geeks and the Jerkin’ Socks (Guess What) 2011
 
En tournée dans toute la France, le 14 juillet aux Vieilles Charrues, le 22 juillet au Paléo Festival, le 25 novembre au Zénith de Paris…