Jeff Bodart

Jeff Bodart
© S.Puopolo
Passeport artiste
30/09/1964
Charleroi (Belgique)
21/5 /2008
Bruxelles (Belgique)
Pays:  Belgique
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Chanson

Artiste de scène, saltimbanque des chansons, Jeff Bodart est de ces artistes dont on retient d'abord l'immense énergie. Belge de naissance et d'esprit où l'impertinence n'est jamais loin de la tendresse, l'homme à casquette - il adore se couvrir le crâne plutôt chauve - assume cette "élégance du chapeau". Mais avant tout il aime le plaisir des ritournelles, graves ou légères, qui peuvent vous embaumer une soirée ou démarrer une matinée.

Biographie: 

Le petit Jean-François naît le 30 septembre 1964 dans la maternité Reine Astrid à Charleroi au sud de la Belgique. Un père dentiste, une mère au foyer, et assez naturellement un piano. Un instrument qu'il a détesté. "J'en ai gardé une rancune tenace contre Bach et Schubert, raconte-t-il, mais j'ai obtenu de faire aussi de la guitare classique". Que très vite il détourne de son usage pour l'électrifier quelque peu : "Je m'étais bricolé un micro que j'avais branché sur l'instrument".

L'épopée rock

A six ans, Jeff fait sa première cène à l'école primaire de Farciennes où il interprète un tube des Poppys. Succès... de cour de récréation qui lui laisse entendre que la scène est sacrée. Bien vite, il passe à d'autres groupes. A douze ans la découverte des Rolling Stones et autres Roxy Music s'accompagne aussi de celle des groupes français de rock qui éclosent alors : Bijou notamment et Starshooter où s'éclate celui qui va devenir un de ses plus fidèles amis, Kent. Approchent les années 1980. Le punk fait rage. Jeff monte son premier groupe, Spasmes, sans basse, composé de deux guitares et d'une batterie.

En 1985, c'est à la tête des Gangsters d'Amour que Jeff Bodart se fait connaître avec deux albums et quelques simples ("SOS Barracuda", "Meurtre à Hawaï", "Baron rouge", "Coûte que coûte", "Willy ne pense qu'à ça",...). Ils écument toutes les scènes de sa Belgique natale mais aussi de France. James Brown les reçoit en première partie à Forest national (la plus grande salle de Bruxelle). En 1992, après une ultime tournée qui les mène de Louisiane à la Russie et jusqu'aux confins de la Chine, Jeff s'en va de son côté. "Me retrouver coincé dans une bulle imperméable à toute évolution est la dernière chose que je pourrais accepter" explique-t-il alors au magazine Télémoustique.

La recherche solo

En 1994, Jeff Bodart se met à son compte. En solo, il s'impose avec des chansons qui attestent d’une recherche, plutôt ironique, dans l’écriture et dans la musique. Son premier album, "Du vélo sans les mains" sort en 1995. Résolument optimiste, il explique le plus sérieusement du monde, et un rien provocateur, que pour être heureux il suffit de siffler. S'ensuit alors une longue tournée.

En 1998, son deuxième album solo, "Histoires universelles", propulse Jeff Bodart vers des morceaux pop, résolument swing, mélangent tendresse et émotion, arrangements stylés et mélodies percutantes. Cinq titres sont signés Kent dont "Il faut de tout pour faire un homme". L'acteur Benoît Poelvoorde rajoute une touche d'écriture là et un petit son de voix ici. Les deux mille premiers albums renferment un "Guide du Bodart" comme d'autres ont un guide du savoir-vivre. Casquette vissée sur la tête, flanqué de ses deux fidèles acolytes instrumentistes Olivier Bodson (percussions, trompettes, guitares) et Pierre Gillet, dit Julio (claviers, guitares, percussions), Jeff sillonne à nouveau les routes de la francophonie. Cette même année, en juillet, c'est aussi sa "Fête" aux Francofolies de Spa (à l'est de la Belgique). M (Mathieu Chedid), Marka, Philippe Lafontaine sont là. Le public est subjugué au point d'accepter de s'asseoir sur les pavés quand le charmeur entame un duo pour le moins romantique avec la belle Axelle Red.

Le chanteur compose également des musiques de films, des téléfilms et des courts métrages, comme Petite misère de Laurent Brandebourger avec Marie Trintignant. Quand on lui parle d'influence, il répond : "Quel est l'imbécile qui peut se targuer d'être original ?". Ses goûts vont de Jo Jackson à Alain Bashung, en passant par Christophe qui l'époustoufle : "Il chante comme un dieu vivant. C'est incroyable".

Jeff réinvente la nostalgie

En 2001, "Ça ne me suffit plus" signe une nouvelle maturité. Comme l'atteste le titre de ce troisième album, l'artiste ne se contente plus de son image d'optimiste, de chanteur à casquette éternellement joyeux. Miossec ("La vie, la mort"), Marc Morgan et l'auteur et journaliste Rudy Leonet lui ont prêté main forte pour l'écriture. Benjamin Biolay, à l'arrangement des cordes et Jean-Marie Aerts, vieux complice d'Arno dans TC Matic teintent de plusieurs contrastes la couleur musicale. C'est aussi le disque de la rupture avec celle, pianiste concertiste russe, qui pendant près de neuf ans fut sa compagne.

Espiègle et charmeur, Jeff dispense toujours avec autant de fougue ses petites histoires dont il a le secret. Au fil des concerts, on peut ainsi le croiser les pieds dans l’eau d’une fontaine du centre de Bruxelles, reprendre une chanson de Brel ou escaladant les rampes d'enceintes autour des scènes. Au point de glisser sur une peau de banane lors des Francofolies de Spa en 2002 et de finir le concert à cloche-pied avant de monter dans une ambulance qui l’attend en coulisses. Il revient plâtré à la cheville mais n'aurait jamais interrompu son spectacle. Car faire de la musique pour lui, "c'est comme creuser un trou, et chercher de l'eau" : "Tu ne sais pas ou çà te mène. Il y a une prise de risque nécessaire. La meilleure chose qu'on doive aux gens, c'est de prendre des risques et de chercher. Cela ne m'intéresse pas de faire deux fois le même disque."

En juin 2003, sort son quatrième album T'es rien ou t'es quelqu'un qui résume avec l'ironie attachante et un rien mélancolique de Jeff Bodart ce dilemme où se débat tout artiste, surtout s'il veut continuer à vivre tête sur les épaules et pieds cramponnés au sol.

L'année suivante, en juillet, il participe aux Francofolies de la Rochelle, en donnant un concert intitulé "Belgomania" avec Marka et Philippe Lafontaine. Les Francos de Spa les accueillent quelques jours après.

En septembre 2005, en même temps que son collègue Marka, il est fait Chevalier de l'Ordre de Léopold II, par le ministre de la Culture de la Communauté française.

Il débute la préparation d'un nouvel album en 2006. Après l'écriture, l'enregistrement se fait à Bruxelles et à Montpellier, dans le studio de Denis Moulin. Le mixage est fait par Patrice Cramer à Miami. Le tout masterisé par Dave Collins à Los Angeles.

2008 : " Et parfois, c'est comme ça"

Janvier 2008 voit la sortie du nouvel album intitulé "Et parfois, c'est comme ça", une bonne nouvelle après une année qu'il qualifie lui-même, de difficile. L'homme s'est en effet, laissé dépasser par ses excès. Sur les treize titres que contient le disque, on croise François Bernheim ou Jacques Duvall, Miossec (on entend son rire !), la chanteuse Isabelle Antena ou les ex-Gangsters Olivier Bodson, Pierre Gillet et Henri Hiernaux. Un disque autobiographique, presque d'introspectif, où le chanteur livre quelques unes de ses blessures.

En février, il revient sur scène et commence une tournée par la Rotonde du Botanique à Bruxelles.

Jeff Bodart est victime d'un accident cérébral en avril. Il décède trois semaines après, le 19 mai, à l'âge de 44 ans.

Mai 2008

Discographie
ET PARFOIS C'EST COMME CA
ET PARFOIS C'EST COMME CA
Album - 2007 - Pias
T'ES RIEN OU T'ES QUELQU'UN
T'ES RIEN OU T'ES QUELQU'UN
Album - 2003 - Pias
CA NE ME SUFFIT PLUS
CA NE ME SUFFIT PLUS
Album - 2000 - Pias
HISTOIRES UNIVERSELLES
HISTOIRES UNIVERSELLES
Album - 1997
DU VELO SANS LES MAINS
DU VELO SANS LES MAINS
Album - 1994
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