Prix découvertes

Bélo

Bélo
© Amélie Baron
Passeport artiste
29/10/1979
Croix-des-Bouquets (Haïti)
Pays:  Haïti
Langue:  Créole Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Reggae / Chanson

Véritable phénomène musical à Haïti et aux Antilles, le reggae-soul mâtiné de rythmes traditionnels de Bélo séduit. Invariablement en Afrique, en Europe ou aux Etats-Unis. Retour sur le parcours du jeune mais ô combien prometteur lauréat du Prix RFI Découvertes 2006...

Biographie: 

Murat Jean Belony, alias Bélo, est né le 29 octobre 1979 à Croix-des-Bouquets, au nord de Port-Au-Prince, la capitale d’Haïti. Dans un pays où la musique est omniprésente - merengue, compas, zouk, et musique carnavalesque rara -, Bélo se montre doué pour le chant dès son plus jeune âge.

Au collège Blaise Pascal, où il a effectué une partie de ses études secondaires, il occupe les heures de récréation en reprenant des refrains reggae et ragga. Très vite, le coeur de Bélo penche pour le reggae et notamment le très énergique Buju Banton, ou des chanteurs Haïtiens comme Alan Cavé et Eddy François. Il apprend d’abord à jouer de la guitare basse, puis choisit la guitare acoustique, qui sera son meilleur passeport pour les scènes haïtiennes.

Encouragé par ses proches et notamment son frère Charlot (aujourd’hui devenu son manager), Bélo multiplie les concerts et, en autodidacte, il se forge une solide expérience scénique. En 1998, à tout juste 19 ans, alors qu’il joue avec le groupe Sokute à la Foire traditionnelle de Noël d’Haïti, Fabrice Rouzier et le guitariste Clément "Kéké" Bélizaire, du groupe Mizik Mizik, remarquent la voix hors du commun de Bélo. Parallèlement, Jean Marc Appolon, grand nom de la production haïtienne, l’encourage à travailler sur un album.

A partir de ce moment, Bélo enchaîne les collaborations musicales et remporte différentes distinctions à Haïti. Le public, qui commence à le connaître, l’apprécie aussi de plus en plus pour ses compositions, ses textes et sa simplicité. En 2000, il pose notamment sa voix sur le titre "Krazy About Music" de l’album "Horizons", du groupe Sokute.

2005 : premier opus

Par la suite, il travaille sur "Lakou Tranquil", son premier album, très attendu à Haïti et dans l’ensemble des Antilles. A dominante reggae, "Lakou Tranquil" sort en août 2005 en Haïti. L’album s’avère très largement imprégné de soul music et influencé par la "musique racine" haïtienne. Très vite, c’est le raz-de-marée et les stations de radio et de télévision diffusent en boucle certains titres comme "Match", "Dioré", "Lov pou Lov" et "Jasmine".

La jeunesse plébiscite ce jeune auteur compositeur et interprète, dont les textes dénoncent les conditions de vie en Haïti et prônent l’unité. "Lakou Tranquil"consacre Bélo révélation de l’année 2005 en Haïti (d'après Radio Métropole, Radio Ibo,la chaîne de télévision Télémax, ou Ticket Magazine). Avec la chanson "Tenza", il entre dans la catégorie des "vingt meilleurs artistes francophones" du concours Radioffonies, organisé par Francodiffusion et l’Organisation Internationale de la Francophonie, dans le cadre du Festival Francophone en France.

En novembre 2006, il remporte le Prix RFI Découvertes, à Douala, au Cameroun. Avec cette distinction, Bélo gagne en renommée et rentre en Haïti en véritable star nationale, affublé d’un surnom donné par ses nouveaux amis camerounais, "Bélo Haïti".

A partir de janvier 2007, il se produit en Haïti, aux Etats-Unis, en Amérique du sud et en Europe. Mais il prend son temps pour préparer sa tournée africaine en mai 2007 : il passe à Bamako (Mali), à Ouagadougou (Burkina Faso), à Niamey (Niger) et à Accra (Ghana). Sa tournée se termine le 11 mai, date anniversaire de la mort de Bob Marley, événement dûment fêté chaque année au Sénégal. Hasard du calendrier ou non, Bélo en profite pour rendre un bel hommage au père du reggae.

2008 : "Référence"

Après tant de concerts donnés aux quatre coins du monde, il est temps pour Belo de concocter un nouvel album. "Référence" sort au printemps 2008. C'est l'occasion de le présenter d'abord à son public haïtien le 10 mai, dans le Parc historique de la canne-à-sucre à Port-au-Prince.

D'aucun trouvent cet opus plus abouti au niveau des compositions. La voix semble aussi plus affirmée. Pour l'enregistrement des douze titres, Belo a élargi son cercle de musiciens : le pianiste argentin Gabriel Saientz, le batteur costaricain Carlomagno Araya ou encore le saxophoniste hispano-vénézuelien Ed Callé. Participent aussi le guitariste américain Andy Barrow et le bassiste/chanteur camerounais Richard Bona.

Conscient de la place qu'il occupe auprès de ses compatriotes, celle de porte-parole, il aborde des thèmes plus engagés comme dans "Mwen bouke (J'en ai assez)" ou "Timoun Yo" chansons dans lesquelles il évoque le sort des enfants d'Haïti. Dans "Pap Negosye" texte qu'il a écrit alors qu'il était en Afrique, il exhorte les jeunes à se protéger lors de rapports sexuels. Belo a incontestablement mûri et ses textes en sont la preuve.

Il se produit à Paris le 20 juin à l'Opus Café et le 21 pour la Fête de la Musique dans les jardins du Ministère de la coopération.

2010 : des concerts pour la reconstruction

Pendant toute l'année 2009, Bélo donne une longue série de concerts à New York, Alger, Pointe-à-Pitre, Angoulême, Québec, Miami… Le 12 janvier 2010, il est en Guadeloupe quand un terrible séisme frappe Haïti. Il se lance aussitôt dans une tournée ininterrompue pour récolter, grâce à la musique, des fonds pour la reconstruction. Vietnam, Etats-Unis, France, Maroc… Il sillonne la planète pour mobiliser les gens autour de la dramatique situation de son île, avec notamment une vingtaine de concerts dont les recettes reviennent directement à la Croix-Rouge haïtienne.

Le 15 mars 2010, il joue à New York aux côtés de Yannick Noah, Angélique Kidjo et Mika, entre autres. Ensemble, ils récoltent 45.000 dollars pour reconstruire l'école de cinéma d'Haïti, le Ciné Institut de Jacmel. Le 24 avril 2010, Bélo reçoit le Prix Sacem spécial Caraïbe pour le titre "Ti Jean", interprété en duo avec le chanteur martiniquais Saël et qui milite pour la scolarisation des enfants afin de leur éviter de sombrer dans la violence.

2011 : "Haïti debout"

Bélo sort son troisième album "Haïti debout" en mai 2011. Pour le produire, il s'est tourné vers l'Europe et vers des amis musiciens afro-parisiens comme le guitariste camerounais Blick Bassy, le percussionniste malien Mamadou "Prince" Koné et son compatriote Harouna Samake, joueur de kamele n’goni, ou encore le bassiste béninois Patrick Ruffino. Cocktail énergique de reggae en créole, ce disque bénéficie d'arrangements qui témoignent de l'expérience scénique que Bélo a acquise au fil des ans.

Tout au long du mois de juin 2011, Bélo participe à la tournée Équation musique, initiée par l’Institut français et l’Organisation Internationale de la Francophonie pour promouvoir des artistes émergents. Il tourne ainsi en Europe (Allemagne, Italie, Angleterre, Roumanie, France) avec deux chanteurs africains : Wanlov the Kubolor (Ghana) et Winyo (Kenya).

Cette année-là, l'artiste de Port-au-Prince sort en France, son troisième album "Haïti Debout" où il y chante son rêve d’un avenir meilleur pour son pays encore meurtri par le tremblement de terre de 2010. Ainsi, dans les treize morceaux qui composent l’album, Bélo s’engage et dénonce les causes qui lui sont chères : "Louvri Je w" où il décrit la réalité politique du pays, "Ti Jan" où il dénonce le trafic d’enfants et l’utilisation de ces derniers dans les réseaux de prostitution ou encore "Pitit deyo" où il évoque les problèmes de la diaspora en Haïti.

2014 : "Natif natal"

Bélo lance en mars 2013 un nouveau single intitulé "Banm Nouvel Ou", téléchargeable gratuitement sur la plateforme soundcloud. Ce titre est un avant-goût de son prochain album encore tenu secret.

C'est ainsi que le chanteur-guitariste sort son quatrième album "Natif natal" en 2014, arrangé et mixé par Andy Barrow. En hommage à feu son père (musicien de "rara"), Belo y revisite des genres musicaux traditionnels et assure une cohabitation harmonieuse des rythmes du vaudou avec le reggae, le jazz, le blues, le funk, et le folk avec un nouveau parolier, Jean Winer Pascal.

Dans cet album, l’artiste s’emploie à évoquer encore une fois la prostitution des enfants et les problèmes environnementaux au travers des titres comme "Ti nonm", "Kase tibwa" ou encore "Pa koute yo" et "Mizik a Duam" qu’il dédie à sa femme. La même année, l’artiste haïtien est élu "World citizen artist 2014" avec sa chanson "Citizen of the World" tiré du même album.

Le 11 avril 2014, le chanteur entame une tournée internationale, où il foule des scènes aux États-Unis, en Guadeloupe, Haïti, Jamaïque et en Europe, pour présenter "Natif natal" au public. Le 13 avril, il participe au festival international "Nuits d’Afrique" à Montréal.

Bélo participe à un concert de solidarité en Guyane organisé par le Collectif Guyane. L’objectif est de collecter des fonds qui serviront à la construction d’équipements dans la ville d’Aquin à Haïti. Des nombreux artistes comme Nikko, Lova Jah, Leezy ou encore CRB10 partagent la scène.

2016 : "Dizan"

Bélo poursuit son chemin artistique et revient avec un album "Dizan". Son cinquième opus est en deux volumes : le premier avec 11 reprises de ses chansons interprétées par le chanteur lui-même et le second avec 11 titres qu’il reprend avec les plus grands artistes de la scène musicale haïtienne comme Beaubrun Théodore Jr. (Lòlò), Stephanie Séjour (Tifane), Roosevelt Saillant (BIC), Reginald Cangé ou encore Pierre Richard Pierre Louis (Moony Rich), le tout dans une formule acoustique.

Pour célébrer ses dix ans de création et la sortie de cet album, Bélo donne plusieurs concerts aux États-Unis et en Haïti.

Février 2017

Discographie
DIZAN
Album - 2016 - Aztec musique
NATIF NATAL
Album - 2013 - Belomusic
HAÏTI DEBOUT
Album - 2010 - Nati prod
REFERENCE
Album - 2007 - Aztec musique
LAKOU TRANKIL
Album - 2005 - Sonima music
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