Saez

© RFI / Edmond Sadaka
Passeport artiste
01/08/1977
Marseille (France)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Rock / Chanson

Belle gueule, un brin provocateur, Damien Saez est une des stars montantes du rock français. Qualifié de révélation de la scène française en 2000, ce jeune chanteur semble résolu à mener sa carrière comme bon lui semble.

Biographie: 

Né à Marseille le 1er août 1977, de parents immigrés (algérien/espagnol), Damien Saez grandit dans un milieu familial chaleureux et attentif. A l'adolescence, il quitte la région phocéenne pour Dijon, où il rencontre Franck (guitariste) et Antoine (clavier) et fait ses premières armes au Conservatoire. Il se révèle vite doué pour la musique et cumule l’apprentissage du piano à celui de la guitare.

Influences

A 16 ans, Damien découvre le monde de l’écriture aux côtés d’un prof de français qui le passionne. A l’instar de groupes référents comme U2, Noir Désir ou encore Radiohead et les Doors, il se met à griffonner lettres et chansons. Jusqu’en 1995, il joue dans de petits groupes à reprises. Là il décide d’aller plus loin et quitte Dijon, emblème de sa jeunesse mélancolique, pour Paris.

Après quelques rencontres fructueuses, notamment avec une manageuse qui le fait signer chez Island (Universal), il entame sa carrière sous l’aile de Marcus Bell (guitariste des Opposition). Il parviendra même à gagner l’appui de William Sheller, touché par les compositions de ce jeune artiste.

En 1999, il fait seul, une guitare à la main, la première partie de Massive Attack (juillet). Mais il se consacre surtout à l’enregistrement de "Jours étranges", son premier album qui sort en fin d’année. S'y mêlent ballades mélancoliques et morceaux enflammés, évoquant la violence, la misère ou la drogue. Saez y dépeint la société comme un jeune rebelle, même s’il se voit avant tout comme un réaliste, un écorché de la vie.

De passage

Usant sans abuser de mots forts, qui font écho dans les salles de concerts, cet album est comme une mise à nu des sentiments et réflexions de l’artiste. Des textes intenses et parfois à la limite du fatalisme, comme dans "Jeune et con " (le premier single de "Jours étranges") ou "J'veux m'en aller", tel est le credo de Saez. Avec la sortie de ce titre, les programmations radio, clip télé et une tournée française s’enchaînent. L'album se vendra en fait à plus de 300.000 exemplaires.

Il tourne une grande partie de l'automne 2000. On le voit aussi au programme de quelques festivals : les Eurockéennes de Belfort, Paleo festival de Nyon ou les Francofolies de Spa. Il est également sur la scène parisienne de l'Elysée-Montmartre le 19 décembre 2000. Au printemps 2001, le jeune chanteur effectue une tournée de showcases à travers la France.

A l'occasion des 20 ans de la mort de Georges Brassens en octobre 2001, Saez participe à une compilation hommage de la scène rock française, "les Oiseaux de passage". A la même période, Saez travaille sur son second album.

2002 : "God blesse / Katagena"

Le 26 mars 2002 sort "God blesse / Katagena" et se classe très vite dixième du Top albums. Il est réalisé par l'ancien producteur de Placebo. On y entend aussi Clive Deamer, batteur de Portishead. Toujours avec son goût d'une certaine insolence, ce double album de 29 titres se partage entre les contradictions de son auteur : rock et classique, spleen et agressivité, mégalomanie et doute. Définitivement, Damien Saez n'est pas politiquement correct et échappe aux qualificatifs.

Les concerts censés suivre sont annulés les uns après les autres (l'Elysée Montmartre, le Printemps de Bourges) pour des raisons indéterminées.

Le 21 avril a lieu le premier tour des élections présidentielles françaises qui permet à la grande surprise de tous, au candidat d'extrême droite J.M. Le Pen de se présenter au second tour face au président sortant J.Chirac. Damien Saez n'a pas voté, comme beaucoup. Et comme beaucoup, il est choqué par ce résultat. Il s'enferme alors en studio et enregistre une chanson en réaction à cet évènement qui secoue la France entière. Le 25 avril sort le simple intitulé "Fils de France" dont les paroles ont des accents à la fois d'hymne anti-Le Pen et de manifeste pour les libertés : "20% pour l'horreur/20% pour la peur/ Ivre d'inconscience/Tous fils de France/Au pays des lumières/Amnésie suicidaire". A l'instar de nombreux jeunes français jusque-là peu intéressés par la vie politique du pays, Saez a réagi vivement avec les moyens matériels et intellectuels qu'il avait à disposition, à savoir ceux d'un artiste dont la notoriété est toujours un moyen de servir une cause, quelle qu'elle soit.

2002 est aussi l’année de l’incursion dans le monde du cinéma : sa chanson "Sexe" est choisie par le réalisateur américain Brian de Palma pour figurer dans la bande son du film "Femme Fatale".

Les 1er, 2, 3 juillet 2003 Saez se produit à la Cigale à Paris pour une série de concerts exceptionnels avec une formule piano-voix.

2004 : "Debbie"

2004, Saez revient avec "Debbie", une nouvelle collection de titres soignés sur fond de symphonie pour amplis. Un album plus direct, plus réfléchi, parfois un rien trop solennel mais dont le carburant reste un rock cérébral, qui essaie de sortir des formats. Le disque a quelques difficultés à s'imposer sur le marché. Mais le rocker de 27 ans trouve son public dans les concerts. En tournée au début de l'année 2005, il enflamme les salles comme au Zénith à Paris le 31 mars.

En 2005, Saez quitte l'écurie Universal. Il embraye peu après sur une tournée baptisée "Damien Saez : Piano & Voix". Avec pour compagnons de route un piano et trois guitares. Tout au long des années 2006 et 2007, Saez fait du "teasing" pour un quatrième album qu'il prépare, se servant de sa page MySpace pour diffuser des morceaux inédits et des vidéos comme "Killing the Lambs", "Numb" et "Yellow Tricycle" ou d'autres, qui figureront sur son prochain opus comme "Jeunesse lève-toi" et "On n'a pas la thune".

En juin 2007, il retrouve son public lors de trois concerts au Bataclan, à Paris, puis de deux autres aux Nuits de Fourvière de Lyon, en juillet. Il attend le 21 avril 2008 pour dégainer enfin sa nouvelle création, 100% acoustique : "Varsovie, l'Alhambra, Paris". Un triple disque, copieux (vingt-neuf titres en tout !) qui sort sous l'étiquette Cinq7, un label parisien indépendant. Très noir et intime, loin des chansons enragées de ses débuts, il plaît aux fans de la première heure. Saez part à leur rencontre pour une tournée en solo, qui s'arrête les 25 et 26 juin au théâtre des Bouffes du Nord, à Paris.

Le 16 mars 2009, Saez prend le pseudonyme de Yellow Tricycle pour sortir un album 100% en anglais intitulé "A Lovers Prayer". Il comprend plusieurs titres mis en écoute sur Internet depuis 2006 ainsi que des morceaux déjà joués en tournée ("Is It OK ?", "Pill for the Ride" et "Helicopters"). Le disque semble se scinder en deux parties, la première portée par un rock très agressif, la seconde par des ballades mélancoliques et planantes.

2010 : "J'accuse"

Saez reprend son nom pour sortir "J'accuse" un an plus tard, le 29 mars 2010. Un titre qui rappelle forcément l'écrivain Emile Zola et son cri contre l'injustice lors de l'Affaire Dreyfus, en 1898. Saez dénonce, lui, les injustices et les tares de notre société de consommation, tirant à boulets rouges sur les "moutons" que nous sommes selon lui devenus. A force de traîner le samedi dans les centres commerciaux ou d'être scotchés en permanence à nos téléphones portables, télévisions et autres caméras de surveillance.

Le verbe est vigoureux, les formules claquent, gouvernants et citoyens lambda trinquent. Saez en exaspère beaucoup mais vend : dès sa sortie, "J'accuse" se classe en tête des meilleures ventes. Avare en interview, le chanteur s'est offert pour seule promo une affiche publicitaire tapageuse : une femme nue, pliée en deux dans un caddie de supermarché. Interdite par plusieurs régies publicitaires à cause "de l'image dégradante qu'elle donne de la femme", elle a quand même fini par jouer son rôle en faisant parler d'elle et, par la même occasion, de l'album…

Saez part en tournée le 22 avril 2010 et remplit deux Zénith parisiens les 5 et 6 mai.

2012 : "Messina"

La suite s'articule autour d'une intense période de création pour Saez, ponctuée par un an et demi d'enregistrement au studio Davout, à Paris. Des 90 chansons issues de ces sessions, le musicien en conserve une quarantaine qui donne lieu à la sortie de deux albums à quelques mois d'intervalles.

Le premier, "Messina", est un triptyque convoquant rock, chanson et musique symphonique. Il paraît en septembre 2012, suivi d'une tournée à guichets fermés qui démarre en novembre. La fougue habituelle de Saez et sa rage engagée imprègnent les chansons de ce triple CD, avec des évocations plus personnelles comme dans "Châtillon-sur-Seine", un hommage à ses grands-parents d'adoption.
Le 11 décembre, il se produit sur la scène du Bataclan à Paris et le concert est sold out.

Le second album issu de ces enregistrements, "Miami", est publié en mars 2013. À travers les dix morceaux qui le composent, la société de consommation et l'idée du "rêve américain" en prennent une nouvelle fois pour leur grade. Une polémique similaire à celle de "J'accuse" se reproduit : plusieurs annonceurs refusent d'afficher les publicités pour l'album, dont la pochette montre un postérieur féminin légèrement vêtu à demi caché par une Bible. Une grande chaîne de magasins préfère quant à elle recouvrir la pochette d'un sticker, afin de ne pas choquer les convictions religieuses de certains.

Qu'importe les détracteurs, Saez poursuit son chemin et entame une grande tournée lors de laquelle il remplit les grandes salles de l'Hexagone. Il se produit notamment au Zénith de Paris les 18 et 19 avril 2013.

Novembre 2015

Discographie
MIAMI
MIAMI
Album - 2012 - Cinq 7
MESSINE
MESSINE
Album - 2011 - Cinq 7
J'ACCUSE
Album - 2009 - Cinq 7
A LOVERS PRAYER
Album - 2008 - Cinq 7
PARIS
Album - 2007 - Cinq 7
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