Alain Chamfort

Alain Chamfort
© Boris Camaca
Passeport artiste
2 /3 /1949
Paris (France)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Chanson

Depuis ses débuts, il y a plus de trente ans, Alain Chamfort a laissé entrevoir plusieurs visages plus ou moins proches de sa réelle personnalité, avant d'atteindre enfin aujourd'hui une maturité authentique et chaleureuse. Aujourd'hui, Alain Chamfort a retrouvé, ou trouvé, une simplicité élégante autant dans son travail que dans sa relation avec le public.

Biographie: 

Alain le Govic est né à Paris le 2 mars 1949. Avec sa sœur aînée de trois ans, il est élevé en banlieue parisienne par un père cadre d'entreprise et une mère commerçante. La musique berce son plus jeune âge, et dès ses trois ans, il est inscrit au cours de piano et de danse. Plutôt doué, il passe, et remporte, de nombreux concours classiques. Vers 13 ans, son père lui offre un petit orgue. Mais au lieu d'intégrer le Conservatoire national, il préfère s'orienter vers le rhythm'n'blues, le jazz,et le rock qui envahit la France dans les années 60.

Jacques Dutronc

Alain devient le clavier de nombreux groupes (les Dreamers, les Shakers, les Murators, les Mods). Puis, tout en continuant ses études en faculté, il accompagne quelques chanteurs à la mode comme Herbert Léonard ou Eric Charden. Mais le déclic survient en 1966 lors sa rencontre avec Jacques Dutronc. Pendant deux ans, il accompagne le chanteur dans toutes ses tournées et aussi dans tous ses excès. Vie facile, alcool, femmes et délires en tous genres, tel est le quotidien du futur Alain Chamfort à cette époque.

Longtemps cantonné dans l'accompagnement de chanteurs plus connus, Alain Chamfort voit sa carrière plafonner quelques années. Avec les Mods en 66, sortent deux 45T. Puis lorsque Alain quitte Dutronc en 68, il part trois mois aux Etats-Unis, avant de faire une première tentative solo signée Etienne Roda-Gil, suivie de quatre autres 45T sous le nom de Alain le Govic entre 68 et 69. Mais le succès n'arrive pas.

Claude François

Une nouvelle ère commence pour Alain lorsqu'il rencontre Claude François, idole yéyé dans les années 60, et future star disco-à-la-française dans les années 70. Artiste réputé pour son exigence poussée à l'extrême, Claude François est aussi un homme d'affaire avisé, patron du label Flèche sur lequel il signe Alain Chamfort (il adopte définitivement ce nom à ce moment-là) en 1971.

Grâce à Claude François, Chamfort va enfin connaître le succès, mais peut-être pas sous la forme qui lui convient le mieux. Avec son ami Michel Pelay, il compose de nombreux tubes sucrés sur des textes de Jean-Michel Rivat ("Signe de vie signe d'amour"), Vline Buggy, Yves Dessca ("Dans les ruisseaux"), Claude François ("L'amour en France") ou lui-même ("Adieu mon bébé chanteur", 74).

Première partie des concerts de Claude François pendant plusieurs années, Alain Chamfort devient un chanteur "pour jeunes filles". Avec ses cheveux mi-longs et ses costumes aux couleurs vives et satinées, il développe plus ou moins volontairement une image de séducteur précieux et efféminé. Entre 72 et 75, il sort huit 45 tours et une compilation. Si l'école Claude François est parfois rude et éprouvante, elle n'en est pas moins efficace et Alain Chamfort est désormais un chanteur de renom. Il lui reste juste à trouver sa véritable voie artistique.

Serge Gainsbourg

Changement de cap en 1976 lorsqu'Alain Chamfort décide de quitter la sphère de Claude François pour enfin trouver son indépendance artistique. Après une période de flottement marquée par un album moyen mais déjà différent, "Mariage à l'essai" en 76, Alain Chamfort rencontre Serge Gainsbourg qui va l'aider à se construire un nouveau répertoire.

En 1977, C'est à Los Angeles que Chamfort enregistre son premier album vraiment personnel, "Rock'n"Roses". Il signe les musiques avec ses amis Jean-Noël Chaléat et Michel Pelay, le tout sur des textes de Serge Gainsbourg. L'album est produit par les frères Porcaro, futurs créateurs du groupe Toto. La pochette est signée Jean-Baptiste Mondino, photographe avec lequel Alain Chamfort va se recréer une nouvelle image, plus raffinée.

Sur l'album suivant, "Poses", en 79, Serge Gainsbourg signe à nouveau trois textes dont le fameux "Manureva", hommage au navigateur solitaire Alain Colas disparu en mer l'année précédente. Ce titre inscrit Alain Chamfort aux premières places des ventes et des classements de disques. Un million d'exemplaires est écoulé. Ce virage est le point de départ d'une longue série de tubes qui vont marquer les années 80.

1981 : "Amour année zéro"

Alain Chamfort trouve enfin sa place dans la chanson française. Un vrai style se dessine, largement reconnu et apprécié du public et de la critique. Son album de 1981, "Amour année zéro", est encore marqué du sceau Gainsbourg. Les titres "Bambou", "Chaseur d'ivoire" ou "Malaise en Malaisie" sont des succès, bercés par les claviers du béninois Wally Badarou. "Malaise en Malaisie" sera même repris par les Américains de Manhattan Transfert en 83. Citons aussi le magnifique titre "Geant" signé Chaléat/Pelay/Chamfort. Cependant, contrairement au raz-de-marée "Manureva", les chiffres des ventes sont faibles (50.000 exemplaires).

La pochette de son album, "Secrets glacés" en 1983, est signée d'un des plus grands photographes japonais, Hideki Fujii. Elle est le parfait écho de l'image de Chamfort à ce moment-là : un peu froide, mystérieuse, légèrement ambiguë mais sophistiquée et élégante. Les textes signés Philippe Bourgoin apportent une touche d'exotisme au répertoire du chanteur. La sortie de ce 33 tours donne lieu à une série de concerts en 84 au Casino de Paris. La scène avait laissé une mauvaise impression à Alain Chamfort depuis l'époque où il n'était qu'une première partie faire-valoir de Claude François.

En 1986, Alain Chamfort produit "Les brunes comptent pas pour des brunes" pour sa compagne, la chanteuse Lio. Ce titre sera un des tubes de la chanteuse. La même année, il sort son album "Tendres fièvres", sans doute le plus sensuel. Chamfort s'est pour l'occasion entouré d'une équipe solide : Jacques Duvall pour les textes (aussi auteur de "Les brunes…" de Lio), Marc Moulin à la réalisation (et compositeur de "Les brunes…" de Lio…) et à nouveau Wally Badarou pour les arrangements. Avec en particulier le titre "Traces de toi", Chamfort offre ici un de ses plus beaux albums, celui de la confirmation.

A confirmation discographique, confirmation scénique. La tournée que Chamfort entame en 87 lui permet de s'épanouir enfin sur scène. L'album live "Double vie" en témoigne l'année suivante. De plus, il développe ses activités professionnelles de producteur et de compositeur avec le duo A Cause des Garçons en 87.

1990 : "Troubles"

D'album en album, l'image d'Alain Chamfort se précise et s'affine. Celui qui s'est toujours un peu camouflé derrière une fausse froideur, sans doute par timidité, trouve avec les années 90 une vraie sobriété artistique qui met plus que jamais en valeur ses qualités d'auteur-compositeur.

C'est entre New York, Bruxelles et Londres que Chamfort met au point l'album "Troubles" en 1990. Toujours écrit avec Marc Moulin et Jacques Duvall, cet album déroute. Le titre "Souris puisque c'est grave" donne un petit air dance-music à l'ensemble et cache peut-être d'autres titres plus intéressants ("Ce ne sera pas moi").

En avril 93, à l'Opéra Comique, Chamfort inaugure une nouvelle formule scénique sobre et élégante loin des mises en scène des ses anciens spectacles. Avec le pianiste anglais Steve Nieve (musicien d'Elvis Costello), ils montent un concert à deux voix : piano et chant. Par ce biais, Alain Chamfort se rapproche du public qui redécouvre le répertoire du chanteur.

En octobre, sort l'album "Neuf" qui est bien plus que le neuvième album d'Alain Chamfort. Le chanteur s'installe vraiment dans un répertoire de plus en plus paisible et intime à l'image du clip de "L'ennemi dans la glace" (signé JB Mondino), superbe réalisation où l'on voit Chamfort changer de visage, mutation qui n'est pas sans rappeler les différentes évolutions physiques et artistiques de sa carrière. Sorte d'album "pierre-blanche" dans lequel Alain Chamfort se dévoile un peu plus que d'habitude, "Neuf" consacre aussi la collaboration Chamfort-Duvall-Moulin.

Comme en avril à l'Opéra Comique, Alain Chamfort retrouve son public dans un autre très beau théâtre parisien, les Bouffes du Nord, dès le 23 novembre 93.

1997 : "Personne n'est parfait"

Ce n'est qu'en 97 que réapparaît Alain Chamfort pour l'album "Personne n'est parfait" que, pourtant, beaucoup considèrent comme son meilleur. L'élégance est définitivement indissociable de son travail, alliée à un certain humour nonchalant et charmeur. Et avec le temps, la voix gagne en profondeur comme en témoignent les deux premiers singles, "Qu'est-ce que t'as fait d'mes idées noires?" et "Tombouctou".

Plutôt rare dans l'actualité musicale, on le voit en 2000 au festival de Montreux pour un hommage à Serge Gainsbourg. Cette même année, il sort une compilation nommée modestement "Ce n'est que moi", avec un inédit "Ça ne fait rien". Puis l'année suivante, son répertoire est revisité par Bertrand Burgalat au cours d'un concert exceptionnel à Bruxelles, en septembre 2001. Les deux artistes partagent la scène pour l'occasion, expérience qu'ils renouvellent en février 2002 à la Cité de la Musique à Paris.

Avec plaisir

Les ventes de l'album "Personne n'est parfait" n'ayant pas été mirobolantes, le contrat qui lie Chamfort à Sony prend fin avec la compilation "Ce n'est que moi" en 2000. Suit alors une période de flottement pendant laquelle le chanteur continue plus ou moins ses activités artistiques sans pour autant chercher à se "vendre" coûte que coûte. Alain Chamfort est même déclaré prématurément has been par certains.

La rumeur publique l'aurait mis au rayon des souvenirs s'il ne sortait en septembre 2003, un nouvel album "Le Plaisir" chez Delabel. La réalisation en revient à Marc Di Domenico qui fit les beaux jours de "Un jardin d'hiver" de Salvador. Quelques musiciens comme Albin de la Simone (claviers), Régis Ceccarelli (batterie) ou encore le guitariste Sébastien Martel viennent apporter leur contribution. A noter aussi la participation de la chanteuse américaine April March ("les Spécialistes"). Hormis le parolier Jacques Duvall qui signe quasiment tous les textes, Alain Chamfort chante aussi les mots de l'écrivain Michel Houellebecq.

Il en ressort un disque pop selon la définition anglo-saxonne, souvent léger et drôle ("Fuyons") mais aussi truffé de titres au tempo lent qui mettent en valeur le côté mélancolique de Chamfort ("l'Hôtel des insomnies"). Le premier simple se nomme fort à propos "le Grand retour".

Indépendant

"Grand retour" aussi sur scène. Après une première étape au Bataclan le 30 novembre 2003, il enchaîne une grande tournée française. Il repasse d'ailleurs par Paris : il se produit à la Cigale les 24 et 25 mars 2005. Un mois plus tard, sa maison de disques lui annonce la fin de leur collaboration, motivée par des ventes d'albums insuffisantes.

Sort alors "Les Beaux yeux de Laure" le nouveau simple issu de l'album "Le Plaisir". Un clip est réalisé mettant en scène Alain Chamfort qui évoque avec dérision et par écriteaux interposés ses déboires avec son label ("Je cherche une maison de disques/je suis gentil, propre et bien élevé/et j'ai écrit Manureva"). Cela lui vaut une Victoire de la musique en mars 2005, celle du meilleur vidéo-clip de l'année.

Alors que s'achève sa tournée, le chanteur offre à son public un concert exceptionnel au Jardin du Luxembourg à Paris le 7 mai. Quelques mois plus tard, Alain Chamfort signe un nouveau contrat avec un label indépendant, XIII bis record, ce qui lui permet de sortir en novembre l'enregistrement de ce concert (double CD et DVD), intitulé "Impromptu dans les jardins du Luxembourg".

Le 29 mars 2006, l'artiste fête ses trente ans de carrière. Il investit l'Olympia pour l'occasion et propose des billets à 5 euros, prix modique par rapport à ceux pratiqués généralement. Le concert affiche complet.

En février 2007, sort l'intégrale d'Alain Chamfort, "Ce qui reste, c'est l'air…"

Le chanteur continue à donner des concerts tout au long de l'année 2008 et 2009, la plupart du temps accompagné par Alain Lanty au piano. On le retrouve même sur la scène de l'Alhambra à Paris du 26 au 29 novembre 2008 pour un tour de chant constitué de ses classiques et intitulé "Chansons en trompe l'œil".

2010 : "Une vie Saint-Laurent"

A la fin de l'année 2007, Pierre-Dominique Burgaud, auteur avec Louis Chédid de la comédie musicale, "le Soldat rose", propose à Alain Chamfort de travailler sur la biographie en chanson du couturier Yves Saint-Laurent. De ses débuts chez Dior à sa mort, les titres mis en musique et chantés par Alain Chamfort passent en revue les grands moments de la vie personnelle et professionnelle de l'artiste. "Une vie Saint-Laurent", seize titres à la sonorité jazzy pop, sort en février 2010. Cet album est un disque auto-produit, les maisons de disque ayant été quelque peu frileuses sur ce projet atypique.
 

Un livre-disque est édité par les éditions Albin Michel. Il comprend le disque, les paroles, les partitions, des photos inédites et des éléments biographiques du couturier.

Mars 2010

Discographie
VERSIONS REVISITEES
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Compilation - 2015 - Pias
Alain Chamfort
Alain Chamfort
Album - 2014 - Le Label - Pias
ELLES ET LUI
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Album - 2011 - Mercury / Universal
UNE VIE SAINT LAURENT
UNE VIE SAINT LAURENT
Album - 2009
INTEGRALE
INTEGRALE
Intégrale - 2006 - XIII bis records
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