Diane Dufresne

Diane Dufresne
© Ponopresse/Gamma-Rapho
Passeport artiste
30/09/1944
Montréal (Canada)
Pays:  Canada
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteuse / Compositeur
Genre musical:  Chanson

Star de la chanson québécoise, Diane Dufresne est avant tout une artiste de scène. Celle qui depuis ses débuts, accompagne tous ses disques d'un show à chaque fois plus flamboyant, plus surprenant, plus démesuré et plus inattendu, a développé une relation privilégiée avec un public, premier acteur de ses spectacles. Autre donnée incontournable de son succès : une voix unique !

Biographie: 

Diane Dufresne naît dans une banlieue ouvrière de Montréal le 30 septembre 1944. Lorsque sa mère meurt, elle a 12 ans. Elle quitte alors l'école pour s'occuper de son frère et de sa soeur. Dès l'enfance, elle développe un goût certain pour le déguisement et un sens aigu du spectacle. Quelques années plus tard, un travail d'infirmière lui permet de se payer des cours de chant. Parallèlement, elle décroche un premier contrat dans une boîte de la banlieue montréalaise où elle chante les grands interprètes français (Brel, Ferré) et québécois (Vigneault). 

Une première rencontre avec le parolier Luc Plamondon en 1965 lui permet de mettre au point des titres plus personnels. Mais le Québec l'ignore assez encore pour qu'elle choisisse de s'envoler pour la France en 66.

Québec-Paris-Québec

A l'inverse de ce qu'elle chantait au Québec, la jeune canadienne présente aux Français un répertoire reprenant nombreux auteurs de sa terre natale : Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée ou Félix Leclerc. On la voit dans les principaux cabarets en vogue, de l'Ecluse à l'Echelle de Jacob. Elle prend des cours de chant au Cours Jean Lumière et des cours d'art dramatique avec la comédienne Françoise Rosay. Mais, elle ne rencontre guère plus de succès qu'au Québec.

Cependant, un journaliste la remarque et signe un article fort élogieux grâce auquel le Québec va la rappeler. De retour au pays en 68, elle y sort son tout premier 45 tours, "Mon cœur est fou". L'engouement de ses compatriotes reste encore très timide mais Diane travaille de plus en plus, et surtout développe son incroyable talent pour la scène. En 1969, elle joue et chante dans la revue "Les Girls" où le public découvre la folie Dufresne.

L'homme de ma vie

Le vrai déclic se situe lorsque Diane rencontre le parolier François Cousineau. Celui qui devient son compagnon, devient aussi celui qui va lui écrire ses plus fameuses chansons. Ils travaillent pour le cinéma et donnent de nombreux concerts. Tous les soirs, pendant les étés 70 et 71, on peut les écouter au Théâtre d'été La Marjolaine près de Montréal. Lorsqu'en 1972, Cousineau unit son talent à celui de Plamondon, démarre pour Diane Dufresne une période riche en tubes et une carrière au sommet.

Le premier album signé Plamondon/Cousineau est un énorme succès. Paru en décembre 72, "Tiens-toé ben, j'arrive !" est aussi le tout premier album de la chanteuse après quelques 45 tours au succès timide.

Tout Diane Dufresne y est déjà ! L'intensité, l'humour et l'auto-dérision, une certaine dose de provocation, et un romantisme rock'n'roll jovial et réjouissant et non dépourvu de violence. Et surtout une voix exceptionnelle aux mille possibilités. Le succès de l'album provient en particulier d'un titre qui, encore aujourd'hui, est un des musts du répertoire de Diane Dufresne : "Aujourd'hui j'ai rencontré l'homme de ma vie". L'album se vend à 60.000 exemplaires.

En décembre, pour la sortie du disque, Diane monte sur la scène montréalaise du théâtre Le Patriote, puis tourne dans tout le Québec. Sur scène, Diane Dufresne offre des prestations flamboyantes dont le public raffole très vite. Costumes, coiffures, maquillages, mises en scène, tout est mis en œuvre pour que chaque spectacle soit une fête totale.

Lorsqu'en 73 à Paris, Diane Dufresne fait la première partie de Julien Clerc à l'Olympia, les Français découvre de plein fouet la nouvelle vague québécoise, comme quelques années plus tôt avec Robert Charlebois. Le public est partagé, mais le Vieux Continent s'enthousiasme pour ce délire visuel et musical venu d'outre-Atlantique.

Show-girl

A partir de cette époque, Diane Dufresne enchaîne tube sur tube, et spectacle sur spectacle. Rien ne l'arrête, surtout pas son imagination. En 74, elle monte "A part de d'ça, j'me sens ben/Opéra-Cirque", tiré de l'album du même nom sorti l'année précédente. Elle revient également en France avec la tournée "Québec à Paris".

En 75, sort le 33 tours "Sur la même longueur d'ondes" qui contient au moins deux grands succès, "Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air" et "Chanson pour Elvis" toujours signés Cousineau/Plamondon. Le spectacle qu'elle donne cette année-là, "Mon premier show" entraîne une nouvelle fois le public dans une suite de tableaux hauts en couleur. Diane Dufresne prend un malin plaisir à mettre à nu le monde du spectacle en dévoilant au public les coulisses des théâtres où elle passe. En fin de concert, se lèvent les rideaux et autres décors, laissant apparaître le théâtre dans sa plus complète nudité.

Après deux nouveaux shows en 77 ("Sans entracte" et "Spectacle au Café campus"), elle est de retour à Paris du 13 au 19 mars 78 pour un nouvel Olympia, cette fois en vedette.

C'est à cette époque que cesse sa collaboration avec François Cousineau. Mais en 1978, sa carrière connaît un nouveau bond en avant avec la comédie musicale "Starmania" de Michel Berger et Luc Plamondon. Elle y interprète un de ses personnages favoris, soit une star sur le déclin. Enregistré en 78, le spectacle est crée en avril de l'année suivante sur la scène du Palais des Sports à Paris.

Déguisement

En cette année 78, Diane Dufresne donne un aspect inédit à ses spectacles en demandant au public de se déguiser. L'idée fonctionne parfaitement, et deviendra même une constante dans les années suivantes. Elle inaugure la formule avec le spectacle "Comme un film de Fellini" présenté au Théâtre St-Denis de Montréal.

En 1979, sort l'album "Strip-tease" avec deux superbes chansons : "J'ai douze ans" dans laquelle Diane évoque sa mère décédée lorsqu'elle avait cet âge, et "Le Parc Belmont", troublant texte sur la folie.

Avec les années 80, la diva québécoise va encore plus loin dans les surprises de mise en scène. Pour la fête nationale du Québec le 24 juin 1980, Diane est à Paris sur la scène du célèbre club le Palace, et apparaît au public la poitrine à peine cachée d'un voile. L'année suivante, toujours pour la St Jean, la fête nationale du Québec, c'est en Jeanne d'Arc que la foule de 350.000 personnes réunie sur le Vieux-Port de Montréal l'accueille. Les Québécois l'adulent. Le renouvellement constant de son travail et de ses shows font d'elle une des artistes les plus appréciées de la Belle-Province. Et de Montréal à Paris, le public joue le jeu à fond.

Si elle travaille toujours avec Luc Plamondon, Diane Dufresne fait désormais appel à de nouveaux auteurs dont Angelo Rinaldi, Christian Saint-Roch et Germain Gauthier qui signe le texte du titre "Oxygène", un des plus gros tubes de la chanteuse qui paraît sur l'album "Turbulences" en 82. Sur ce disque, elle reprend également "Suicide" de Serge Gainsbourg.

1984 : "Magie Rose"

En 84, Diane Dufresne monte un de ses plus célèbres spectacles qui comme son nom l'indique, "Magie Rose", porte très haut la couleur rose. Enregistré au stade olympique le 16 août 84, l'album live du même nom se fait l'écho de cette formidable fête où le public, comme la star, est entièrement vêtu de rose. Entouré du Français Jacques Higelin et des Américains de Manhattan Transfer, Diane Dufresne offre aux 46.000 personnes présentes un show dont le Québec se souvient encore.

Mais "Magie Rose" ne lui suffit pas pour l'année, et en novembre, elle présente en exclusivité à Paris, "Dioxine de carbone" au Cirque d'hiver. Ecrit par Plamondon et Rinaldi, le spectacle est mis en scène par Hans-Peter Cloos.

L'artiste, qui vit entre Paris et Montréal, présente en 86 un spectacle très théâtral considéré par certains comme son plus intéressant, "Top secret". Avec "Symphonique n'roll", elle renoue avec une nouvelle dimension musicale à la hauteur de ses ambitions scéniques. Invitée à cette occasion par l'Orchestre symphonique du Québec, elle donne avec eux une longue série de spectacles à travers le monde dont à l'Opéra Garnier de Paris en 91, lieu tout à fait exceptionnel pour une représentation non classique.

Distance

Outre cette tournée internationale qui la mène jusqu'au Japon, Diane Dufresne prend à partir de la fin des années 80, du recul par rapport à son métier. En 1990, elle donne une représentation unique en banlieue parisienne entourée de trois interprètes : les Québécois Claude Dubois et Michel Rivard et le Français Georges Moustaki.

C'est en 1993, que sort un nouvel album très rock, "Détournement majeur". Dans ce travail conçu à New York, où elle passe six mois grâce à une bourse du gouvernement, Diane Dufresne s'essait à l'écriture et évoque les grands thèmes qui l'obsèdent soit l'argent, l'environnement ou le mal de vivre. A la veille de ses 50 ans, la chanteuse gagne en sobriété mais ne perd pas sa bonne dose d'imaginaire décalé. Les spectateurs du théâtre du Forum en sont les témoins en octobre à Montréal, puis du 14 au 19 décembre à l'Olympia à Paris.

Il faut attendre 1997 pour retrouver Diane Dufresne dans les bacs des disquaires avec l'album "Comme un parfum de confession". Avec plusieurs titres composés et interprétés par le pianiste classique Alexis Weissenberg, ce nouveau disque est plus intime et plus dépouillé. Diane Dufresne en est à l'heure des confidences. Celle qui aura tout fait, tout donné au public, monte un nouveau spectacle qu'elle présente en janvier 98 à Paris dans le très sobre et très beau théâtre des Bouffes du Nord. Loin des tubes d'antan, le répertoire est comme le nom du spectacle, "Réservé".  Entourée d'une formation de cordes et d'un piano, la chanteuse décline une nouvelle fois le thème de la star lasse et blasée, illustrée entre autres par le titre de Michel Jonasz "J'vieillis".

Le 10 août 98, Diane Dufresne donne un récital sous le soleil du festival de Ramatuelle dans le sud de la France.

Retour 

Diane fait son grand retour sur une scène québécoise en avril 99. Après le spectacle "Réservé", donné au Musée d'art contemporain à Montréal puis aux Bouffes-Parisiens à Paris en 1998, la chanteuse en modifie à peine le contenu pour le présenter dans une toute petite salle de la ville de Québec, au Théâtre Petit Champlain. Nommé cette fois "Merci", ce spectacle marque un retour très attendu par les Québécois. Elle offre à son public également un nouvel album, "Merci" sur lequel on retrouve 17 versions studios de ses anciennes chansons. En juin 99, Diane participe joyeusement au spectacle de la Saint Jean, fête largement et traditionnellement fêtée au Québec. Enfin, début août, elle fait l'ouverture des Francofolies de Montréal entourée de Claude Dubois et de Kevin Parent, deux autres artistes très populaires et au tempérament bien trempé. 

Parallèlement, Diane continue la peinture et cet été-là, expose aux Etats-Unis, dans la région de New York.

En juillet 2001, la chanteuse est en scène à l'occasion des 35 ans du Festival d'été de Québec aux côtés de Robert Charlebois et de Claude Dubois, pour un émouvant trio. Parallèlement, elle présente une grande exposition de peinture, "Diane Dufresne sexpose", dans le vieux Québec. Au long de 2001 et de 2002, elle tourne à travers le Québec.

En mars 2003, c'est à Paris qu'elle donne deux récitals à guichet fermé les 14 et 15 mars. Deux soirées devant un public conquis qui n'avait pas revu la Québécoise en France depuis des années.

2004 : "Diane Dufresne chante Kurt Weill"

En mars 2004, Diane Dufresne présente une nouvelle création : "Diane Dufresne chante Kurt Weill". Après Juliette Gréco, Pauline Julien, Monique Leyrac ou encore Marianne Faithfull, elle veut elle aussi rendre hommage à Kurt Weill, ce compositeur juif allemand qui a orchestré une foule de textes de Bertolt Brecht, avant de devoir fuir son pays en 1933. Pour façonner ce spectacle, la chanteuse québécoise a pioché dans plusieurs opéras du maître comme "L'Opéra de Quat'Sous" ou "Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny". Afin de donner un fil directeur à ce panorama des meilleures années de Weill, elle a inventé un personnage féminin qui rêve d'un monde meilleur, qui résiste aux humiliations, qui combat, qui pleure, qui rit, qui espère… Accompagnée de l'Orchestre métropolitain du Grand Montréal (dirigé par Yannick Nézet-Séguin), Diane Dufresne donne plusieurs représentations de cette création au Québec.

En mars 2005, le disque "Diane Dufresne chante Kurt Weil - Symphonie no. 2" sort dans la Belle Province, tandis que Diane Dufresne se fait plus rare sur scène. On ne l'aperçoit qu'à d'exceptionnelles occasions, comme lors du concert d'Alain Bashung au Métropolis de Montréal. En juillet, elle fait l'ouverture des Francosfolies de Montréal avec son spectacle sur Kurt Weill.

2006 : "Plurielle"

En 2006, la toujours créative Diane revient avec un énième show. Intitulé "Plurielle", il est présenté les 16, 17 et 18 mars au Monument-National de Montréal (avec des dates supplémentaires les 21 et 22 avril). Ce spectacle est divisé en quatre tableaux forts distincts visuellement et musicalement. Le premier, "Romantisme et Nostalgie", est composé d'anciennes chansons. Le second, plus court et acoustique, d'œuvres de Kurt Weill, issues de son précédent spectacle. Diane Dufresne consacre son troisième tableau, plus engagé et rock'n roll, à ses inquiétudes face à la protection de la planète. Et, avant la tombée de rideau, le quatrième tableau ("Folie douce") propose des interprétations de Daniel Bélanger, Jacques Brel, Luc Plamondon, Michel Tremblay ainsi qu'une chanson écrite par Diane, sur une musique d'Alain Sauvageau.

Quatre changements de tenues, des projections en pagaille sur des voiles et même sur la jupe de Diane… La mise en scène de "Plurielle" (signée Richard Langevin, époux de la chanteuse) marque le public et la critique aux quatre coins du Québec, de Chicoutimi au Monument National de Montréal. En octobre 2006, Diane Dufresne reçoit un Félix Hommage pour l'ensemble de son œuvre. Une œuvre d'ailleurs immortalisée par le coffret "Folie Douce", qui sort cette année-là. Il s'agit en fait d'une longue émission radiophonique dédiée à la chanteuse, que Radio Canada avait diffusé sur plusieurs semaine en 2002. Comme elle avait beaucoup plu aux auditeurs, elle est pressée sur trois disques et mise en vente.

En quatre heures, documents d'archives et extraits musicaux reviennent sur le parcours de la diva : de ses premiers grands succès jusqu'à son dernier grand spectacle "Liberté conditionnelle" créé en 2002, en passant par les années Cousineau-Plamondon et le coloré show de "Magie rose" au Stade olympique en 1984. On y entend aussi Juliette Gréco, Georges Moustaki, Charles Aznavour et beaucoup d'autres parler de la star internationale.

En août 2007, Diane Dufresne fait une apparition auprès de Juliette Gréco lors des Francofolies de Montréal, pour une belle interprétation en duo de "La Javanaise", de Gainsbourg. En septembre, elle reprend son spectacle sur Kurt Weil avec l'Orchestre métropolitain du Grand Montréal dirigé par Yannick Nézet-Séguin.

2007 : "Effusion"

Il faut attendre l'automne pour voir la sortie d'un nouvel album original. Diane Dufresne sort au Québec "Effusion". Un travail qu'elle a mené avec le pianiste et arrangeur Alain Lefèvre, un travail d'une grande sobriété. Elle y aborde des thèmes qui lui sont chers, tel que la préservation de l'environnement avec le morceau intitulé "Terre planète bleue", un texte écrit par l'astrophysicien Hubert Reeves. Dans ce disque, on retrouve de vieux complices comme Michel Rivard ou Daniel Belanger. 

Pendant l'été, Diane Dufresne reçoit les insignes de la Légion d'honneur de la République française.

Toujours un peu en marge du show-business, elle continue à donner quelques récitals comme au festival de Tadoussac (Québec) en juin 2008. En clôture du festival des Francofolies de Montréal, en août, elle met en scène avec Guy Caron, un spectacle intitulé "Terre planète bleue" qui mélange plusieurs disciplines artistiques.

On la retrouve à Paris entre le 5 et 16 novembre, au théâtre des Bouffes du Nord où elle se produit en formule piano-voix. A la même période, sort en France le disque "Effusion".

Décembre 2008

Discographie
DIANE DUFRESNE ET LES VIOLONS DU ROY
DIANE DUFRESNE ET LES VIOLONS DU ROY
Album - 2013 - EPM/Universal
EFFUSIONS
EFFUSIONS
Album - 2006
DIANE DUFRESNE CHANTE KURT WEILL
DIANE DUFRESNE CHANTE KURT WEILL
Album - 2003
MERCI
MERCI
Album - 1999 - BMG
QUEBEC
QUEBEC
Compilation - 1997 - Arcade
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