Emilie Simon

© David Wolff - Patrick/Redferns
Passeport artiste
1979
Montpellier (France)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteuse / Compositeur
Genre musical:  Chanson / Electro

Emilie Simon a su garder une âme d'enfant et sa voix est là pour nous le rappeler. Cette jeune chanteuse française a pu compter sur un soutien familial sans failles et se forger de nombreuses expériences avant de publier ses premiers albums. C'est aussi elle qui interprète la bande originale du film "La Marche de l'empereur". Sauf aux Etats-Unis…

Biographie: 

Emilie Simon est une véritable enfant de la balle puisque fille d'un ingénieur du son et d'une musicienne. Elle a d'ailleurs très vite baigné dans cet univers musical en suivant ses parents en studio d'enregistrement ou dans des clubs de jazz enfumés, étant à peine âgée de trois ans…

Née à Montpellier en 1979, la fillette grandit donc sous le soleil méditerranéen au son des clarinettes et des mélodies électroniques dont raffole sa maman. Elle ne perdra toutefois jamais de vue l'importance des études puisque elle entamera un cycle supérieur afin de se parfaire dans le domaine de la musique contemporaine.

Devenue adolescente, Emilie n'a rien oublié de ses premières amours musicales mais se passionne aussi pour la pop et la house. Elle fréquente ainsi le Conservatoire et l'Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique (IRCAM), dirigé jusqu'en 1992 par le célèbre compositeur Pierre Boulez.

2003 : premier album

De toutes ces expériences, et forte de multiples influences, Emilie Simon songe alors  sérieusement à devenir chanteuse. C'est donc en 2003, alors qu'elle a 23 ans, qu'elle publie un premier album éponyme. Un disque remarquablement accueilli par la critique, qui n'hésite pas à la comparer à une certaine Björk. Comparaison pas forcément fortuite quand l'on sait que l'un des fidèles collaborateurs de la chanteuse islandaise, Markus Dravs, a pris part au mixage de cet opus.

Avec sa voix cristalline, parfois enfantine, Emilie fait des merveilles sur ces douze compositions particulièrement soignées, qui lui valent une Victoire de la Musique dans la catégorie "album électronique". Alternant les textes en français et en anglais, elle ose une reprise du Velvet Underground en compagnie de Tim Keegan, le leader du groupe Departure Lounge après avoir été celui de Kid Loco. Cette chanson, c'est "Femme Fatale", une étiquette qui pourrait bien lui coller à la peau… Autres temps forts : l'adaptation de "I Wanna Be Your Dog" des Stooges, le simple "Flowers" ou les très belles "Graines d'étoiles", pour lesquelles elle invite Perry Blake.

La Marche de l'empereur

Ce premier album sentimental tout en étant électro pop lui offre en tout cas une exposition médiatique au-delà de ses rêves. Emilie Simon peut en prime s'enorgueillir d'avoir largement contribué à son écriture, sa composition et sa réalisation. Paru le 3 février 2003, il est réédité quelques mois plus tard, le 23 décembre, avec quatre titres en bonus, dont une version anglaise de "Désert". Un premier album si convaincant qu'Emilie est contactée pour composer la musique d'un film de Luc Jacquet qui va triompher partout dans le monde : "La marche de l'empereur". Une bande originale disponible dans les bacs le 10 janvier 2005.

Cette méditerranéenne a su trouver l'inspiration chez les pingouins, son attirance pour le "Grand Nord" via son admiration pour Björk, y étant peut être pour quelque chose… Une quinzaine de titres, tous interprétés dans la langue de Shakespeare, qui correspondent parfaitement à cette production. Emilie reçoit en février 2006 la Victoire de la Musique de l'Album de musique originale de cinéma ou de télévision de l'année.

Le film fait une carrière internationale exceptionnelle et particulièrement aux Etats-Unis. Luc Jacquet reçoit même un Oscar du meilleur documentaire pour ce film en 2006. Malheureusement, sur la bande originale destinée au marché américain, la voix d'Emilie Simon est remplacée par celle d'Alex Wurman. 

2006 : "Végétal"

Il est alors temps de remettre le métier sur l'ouvrage et de s'atteler à l'élaboration d'un véritable second album. Pour ce faire, Emilie Simon peut aussi s'appuyer sur des prestations remarquées aux Eurockéennes de Belfort en 2005 ou au Grand Rex, à Paris, en compagnie de l'orchestre La Synfonietta et des percussions et claviers de Lyon. La jolie sudiste, désormais établie dans la capitale, s'est taillée un petit studio sur mesure dans son logement parisien et c'est donc à la maison, en toute quiétude, qu'elle peaufine jour et nuit, de nouvelles mélodies.

Les fleurs sont le thème principal de ce disque, à l'image de "Alicia", la chanson d'ouverture mettant en scène un personnage mi femme mi fleur. L'ensemble s'appelle "Végétal" et comporte au final treize pièces. Une vraie balade botanique de 50 minutes grâce à "Fleur de saison", "Opium", "Dame de Lotus", "Rose hybride de The" pour une fin en apothéose et…"En cendres".

Si Emilie Simon n'évolue pas vraiment dans sa façon de chanter, elle incorpore de nouvelles sonorités (flûtes, percussions, violoncelles) et bénéficie de l'apport de musiciens expérimentés comme Simon Edwards (bassiste pour Talk Talk, Beth Gibbons, Alain Bashung). Markus Dravs est toujours de la partie pour cet album léger et inspiré par la nature. Encore une fois, elle oscille entre deux langues ("Le vieil amant", "Swimming", "In The Lake") dans un ensemble d'une grande cohérence.

Emilie part rapidement sur les routes, son nouvel album sous le bras. Elle se produit dans plusieurs festivals, dont les Francos de Montréal en juin et celles de la Rochelle en juillet. En août, cap sur le Japon, avec une date à Osaka et une autre à Tokyo. La rentrée offre à Mademoiselle Simon un autre beau moment : son premier Olympia, le 19 septembre 2006. Violons, violoncelles, ordinateurs, drôle de guitare suspendue la tête en bas, bruits d'eau réalisés par un percussionniste qui plonge ses mains dans une bassine… C'est une valse d'instruments et de procédés musicaux autour de la chanteuse et de ses musiciens. Le spectacle est d'ailleurs enregistré en audio et en vidéo pour la sortie d'un album et d'un DVD live.

Fin septembre, Emilie Simon suit le groupe de rock anglais Placebo dans sa tournée française. Elle est chargée de faire leurs premières parties, ce qui lui permet de jouer dans plusieurs Zénith, ainsi qu'à Bercy. Après toutes ces expériences, la petite Française décide de regarder vers les Etats-Unis. Le 7 novembre, elle sort là-bas une compilation de ses trois albums français, sous le nom de "The Flower Book".

Dans la foulée, elle donne son premier concert nord-américain à New York. Ses musiciens étant restés en France faute de visa, elle joue seule avec sa guitare et son ordinateur dans une petite salle. Comme d'autres artistes françaises et féminines (Camille, Keren Ann), elle tente l'aventure américaine en poursuivant son périple musical à Los Angeles. Et ça marche : présentée par son label comme un mélange de "Björk et d'Amélie Poulain", Emilie Simon trouve sans mal, sa place dans le rayon des "French chanteuses".

Le 5 mars 2007, sortent un CD et un DVD live d'Emilie "A l'Olympia", qui inclut un titre encore inédit jusque-là : "Dame de Lotus", ainsi qu'une reprise de "Come as You Are" de Nirvana. Ce même mois, l'artiste remporte une troisième Victoire de la musique : celle de l'album "electro" de l'année pour "Végétal". Trois albums, trois Victoires : une consécration à 27 ans !

Victoire en poche, la jeune femme s'envole pour l'Islande, la Pologne et la Hongrie pour s'y faire connaître. En mai, elle se retrouve à Manille (aux Philippines) et à Hong Kong. En juin à Londres, en juillet en Australie et en août, elle se fait une nouvelle fois applaudir aux 19e Francos de Montréal.

Emilie Simon ne s'arrête plus ! Elle dit vouloir profiter de la scène, s'enrichir de ce qu'elle voit, de tous ceux qu'elle rencontre. Elle avoue mettre quelque peu de côté la composition quand elle est en tournée. Mais elle se ménage quand même quelques moments dans son home studio chéri. Notamment pour travailler sur une nouvelle bande originale de film : celle de "Survivre avec les loups" de Vera Belmon, sur les écrans en 2008.

Le 15 septembre 2007, Emilie Simon fait entrer sa pop électronique à la Salle Pleyel, à Paris, plus habituée à recevoir des orchestres de musique classique. Elle réalise dans le même temps un habillage musical pour accompagner les visiteurs dans leur découverte de l’aquarium de Montpellier. Cette même année, elle s’installe à New York, sans vraiment le décider : le vent l’a menée là et la mégalopole l’a séduite.

2009 : "The big machine"

C’est dans la Grosse Pomme qu’elle puise l’inspiration de son nouvel album, "The Big Machine". Contrairement à ses habitudes, elle relègue la composition par ordinateur au second plan et commence par écrire ses morceaux sur le mode piano/voix. Ce n’est qu’une fois l’ossature définitive des chansons trouvée qu’elle se penche sur ses machines pour leur ajouter des textures sonores virtuelles : beats binaires, cuivres groovy, sons métalliques… Les méandres de la jungle new-yorkaise lui ont soufflé des couleurs, des paroles en anglais et une fureur qu’on ne lui connaissait pas encore.

Alors que l’album n’est pas encore sorti en France, les New-Yorkais ont la chance d’entendre les nouvelles chansons d’Emilie Simon dans une toute petite salle de Manhattan où elle est accueillie plusieurs fois en résidence. Donnés sur le mode laboratoire (elle est seule sur scène accompagnée de son piano, de son ordinateur et de quelques machines), ces concerts connaissent un très vif succès après un élogieux article paru dans le New Yorker. "The Big Machine" est dans les bacs en septembre 2009, la tournée démarre en novembre et la chanteuse est au Casino de Paris les 16 & 17 janvier 2010. 

Mais au moment de la sortie de l'album, Emilie Simon vit une tragédie personnelle. Son compagnon, François Chevallier, ingénieur du son et producteur rencontré lors de l'enregistrement de "La Marche de l'empereur", décède brutalement. Les mois suivants, Emilie Simon se réfugie dans l'écriture de nouvelles chansons, à la manière d'un journal intime, sans envisager de les rendre publiques.
 

2011 : " Franky Knight"

Puis un nouveau projet de bande-originale se présente, pour l'adaptation au cinéma d'un livre de David Foenkinos "La Délicatesse", le récit d'un deuil amoureux. Sur cette troublante coïncidence, Emilie Simon accepte de mettre cette histoire en musique et façonne avec pudeur ses chansons d'amour. Ce cinquième album, intitulé "Franky Knight" – en écho au nom de son compagnon disparu, knight en anglais signifiant chevalier – paraît en décembre 2011.

Sur scène, cet album est interprété lors d'un concert unique le 29 avril 2012 à la Salle Pleyel à Paris, lors duquel elle revisite également ses précédents titres.

2014 : "Mue"

Le sixième album d’Émilie Simon sort en mars 2014, résultat d’une collaboration avec Tahiti Boy et Ian Caple, "Mue", dont la couverture dévoile la chanteuse nue, recouverte de ses textes sous forme de tatouages, donne à entendre une Émilie Simon différente. Les textes évoquent l’amour et ses désenchantements, la joie de vivre, le tout sur des airs aux accents cubains, orientaux, asiatiques sur une trame de pop-électro. Sa voix fine et la production lumineuse de l'ensemble donnent à des titres comme "Menteur" ou "Paris j'ai pris perpète" une jolie couleur pop.

Au festival francilien Rock-en-Seine en août 2014, Émilie Simon présente une création unique : elle revisite son répertoire accompagnée par un orchestre symphonique de 44 musiciens. Devant des spectateurs visiblement charmés par ce concert inédit, Émilie Simon confesse être influencée par les Pixies et Nirvana.

Si Émilie Simon tient une place à part dans le paysage musical français, c'est aussi sans doute, grâce à son aptitude à l'adaptation et son goût pour les expérimentations. Au printemps 2015, effectue une tournée de 6 dates en Asie. Elle improvise un concert acoustique à Wuhan en Chine faute de matériel et d'instruments arrivés à 400km de là pour cause d'intempéries. Un peu plus tard, elle met en ligne le son de ce concert exceptionnel intégrant notamment une flûte chinoise dans le set.

En novembre, le Conservatoire National supérieur de musique et de danse de Lyon propose une relecture de son œuvre lors d'une soirée spéciale.

Mars 2016

Discographie
LA MUE
LA MUE
Album - 2013 - Barclay
FRANKY KNIGHT
FRANKY KNIGHT
Album - 2010 - Barclay
THE BIG MACHINE
THE BIG MACHINE
Album - 2008 - Barclay
A L'OLYMPIA
A L'OLYMPIA
Live - 2006 - Barclay
VEGETAL
VEGETAL
Album - 2005 - Barclay
Écouter avec