Jil Caplan

Jil Caplan
© Edmond Sadaka
Passeport artiste
20/10/1965
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteuse
Genre musical:  Chanson

Charmeuse de serpent pour les uns, Natalie Wood de la variété pour les autres, Jil Caplan, de son véritable prénom Valentine, est l'archétype de la chanteuse de variété des années 1980. Pleine d'espoir à ses débuts puis passant par de longues phases de doutes.

Biographie: 

Né le 20 octobre 1965, Jil Caplan traîne du côté des studios d'enregistrements Garage à Paris où ses camarades du lycée Ravel ont monté un groupe : les Innocents. Alors inconnus, ils enregistrent un premier simple "Jodie" qui va connaître un joli succès. Nous sommes en 1986 et un peu paumée, cette jolie brunette hésite entre des études de lettres à la Sorbonne, l'apprentissage de la comédie au célèbre Cours Florent, et, pourquoi pas, une carrière de chanteuse. Il faut dire que la jeune fille a, sinon des prédispositions, du moins un certain atavisme. Fille d'un imprimeur en sérigraphie et d'une mère qui restera au foyer pour s'occuper de sa fille unique, Jil Caplan est aussi la petite-fille d'une ancienne chanteuse d'opéra. Simone Hayez chantait sous la direction de Lorin Maazel et c'est sans doute elle qui donne une part du virus à sa petite fille. Mais Jil préfère les hurlements de Sid Vicious ou des Clash aux douces vocalises de Montserrat Caballe.

Dans le studio où enregistrent les Innocents, Jil fait la connaissance de Jay Alanski qui réalise le simple de ses camarades. Réputé pour avoir lancé Lio au début des années 1980, Alanski propose à Jil de pousser la chansonnette. Pourquoi pas, lui répond-t-elle...

A peine 21

Premières démarches auprès de la maison de disques Epic qui alloue le budget d'un 45 tours. Avec cette somme, Alanski et Caplan réussissent à enregistrer un album entier. C'est à cette époque également que le pseudo de la chanteuse, est trouvé. Alanski dégotte le prénom Jil dont les consonances androgynes sont tout de suite adoptées par la chanteuse. Caplan vient de George Kaplan héros hitchcockien de la "Mort aux Trousses". Si le duo a un certain talent pour trouver des pseudonymes, il est encore plus fort pour pondre des succès à la chaîne. Tout le monde reste sous le charme de cette gouaille parisienne qui s'exprime en 1987 sur "A peine 21".

L'album regorge de pépites prêtes à grimper dans les échelons du Top 50 de l'époque : "Comme sur une balançoire", "Oh tous les soirs", "Cette fille n'est pas pour toi", "Tard dans la nuit"... En un seul album, la petite Caplan devient l'un des plus beaux espoirs de la scène féminine française. 120.000 albums vendus, "A Peine 21" devient Disque d'or. Le binôme Alanski/Caplan devient en un tournemain la formule magique de la chanson. Jil Caplan endosse alors les vêtements d'une muse dont Alanski serait le Pygmalion. La voix un peu traînante, allant jusqu'à prendre des accents d'Arletty, une dégaine à la garçonne, une bouche carmin et gourmande et une chevelure en pétard ont tôt fait de transformer la chanteuse en gavroche de la pop.

Encore Alanski

Les espoirs fondés en elle se confirment trois ans plus tard avec "La Charmeuse de serpent". Là encore, Jay Alanski écrit, compose, arrange, produit la majeure partie du disque et Jil pose un peu plus son grain de voix.

Deuxième essai, deuxième succès "La Charmeuse de serpent" est double Disque d'or... et "Tout ce qui nous sépare", "Natalie Wood", "As-tu déjà oublié ?" font le bonheur des radios et de leurs auditeurs. En 1992, forte de ce succès public, Jil Caplan est consacrée Révélation féminine de l'année aux Victoires de la musique.

S'ensuit une tournée d'une vingtaine de dates, mais ses talents de show-woman ne sont pas à la hauteur de ses tubes et la jeune fille timide qui fondait en larmes devant les caméras des Victoires de la Musique n'emballe pas un public de fans. Imperceptiblement, la période des vaches maigres arrive.

En 1993, Jil entre en studio avec Alanski et, sous le bras, le projet d'un album plus élaboré qu'un simple enchaînement de tubes. Les synthés et boîte à rythmes de la fin des années 1980 ont disparu au profit des guitares sèches et folk. "Quand est-ce qu'on passe la frontière" et "la Grande malle" connaissent un petit succès radio, mais l'ensemble de l'album est perçu par la critique comme la fin d'une aventure, avec un manque d'inspiration patent. Les thèmes abordés sont toujours les mêmes : amour, désamour, relation du couple, voyage et séparation, mais la belle mécanique Alanski/Caplan tourne à vide. On a alors le sentiment qu'il est déjà trop tard pour sauver les meubles.

Sur la pente du désamour

Caplan accuse le choc de la déception et la fin du duo arrive à grands pas, la traversée du désert aussi.

Le nouvel album éponyme "Jil Caplan" en 1996 est enregistré sans Alanski mais avec Frank Eurly. La mélancolie qui se dégage de cet enregistrement à base de guitares slides, de flûte celtique et de violons est véritablement envoûtante. Jil y signe l'intégralité des textes et de plus en plus de musiques. La chanteuse en se défaisant du poids d'un maître à chanter et à composer, a semble-t-il atteint l'âge de raison pour produire un album réellement intimiste et séduisant. Mais la maison de disques ne croit pas à ce revirement et ne défend pas assez l'album au goût de Jil Caplan. On sent imperceptiblement que les producteurs veulent du tube facile, tandis que la chanteuse cherche à évoluer. Dès lors, les rapports s'enveniment.

Pour boucler les arrangements de son contrat avec Epic, la chanteuse expédie une compilation en 1998 intitulée non sans ironie "Jours de Fête" et bâcle pour l'occasion une reprise de Claude Nougaro/Chico Buarque : "Tu Verras"...

S'ensuit une longue période d'errance. En janvier 1998, la chanteuse profite d'une certaine inactivité pour lancer son propre site internet. On y trouve un journal de bord où transparaissent tous les doutes et les atermoiements de la chanteuse. En 1999, elle quitte sa maison de disques pour divergences. Jipé Nataf des Innocents est de plus en plus présent dans la carrière artistique de la chanteuse. Et en compagnie de Pascal Colomb, ils décident avec le concours de Mirwais (ex-Taxi Girl et pas encore sollicité par Madonna) de se lancer dans la grande aventure d'un cinquième album. C'est "Toute crue" signé par East West en 2000.

Mais là encore, comme pour "Avant qu'il ne soit trop tard", seul un ou deux titres comme "le Lac" rencontrent l'attention du public et l'album n'est guère un succès.

En mai 2004 sort "Comme elle vient". Après avoir collaboré avec un Innocent, l'artiste décide de travailler avec... un autre Innocent : Jean-Christophe Urbain. Les mélodies quasi western de ce dernier (notamment par l'utilisation du banjo) se mêlent voluptueusement aux textes lumineux d'une Jil Caplan plus épanouie que jamais.

En mai 2007, Jil Caplan revient avec "Derrière la porte". Un album qu’elle a concocté avec la complicité de Jay Alanski. Elle a écrit la plupart des textes, lui les musiques. Le tout, poétiquement sombre, flirte avec la pop, le jazz et l’electro. Le premier simple s’intitule "Des toutes petites choses", titre qui parle de la difficulté d’être seul. La tournée de "Derrière la porte" commence en octobre 2007, avec deux soirs au théâtre de l’Européen, à Paris, les 11 et 12 octobre.

En 2008, la chanteuse continue à donner des concerts ici et là en France et en Belgique. Elle est à l’affiche des Francofolies de la Rochelle le 14 juillet.

Septembre 2008

Discographie
IMPARFAITE
Album - 2017 - Washi Washa
REVUE
REVUE
Mini album - 2010 - Believe
DERRIÈRE LA PORTE
Album - 2006 - Odeon records
COMME ELLE VIENT
Album - 2003 - East West
TOUTE CRUE
Album - 2000 - East West
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