Karim Kacel

Karim Kacel
© Mohamed LOUNES
Passeport artiste
30/08/1959
Paris (France)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Chanson

Karim Kacel est sans doute le premier chanteur issu de l'immigration nord-africaine à avoir émergé dans le paysage musical français au tout début des années 80. Mais il se distingue aussi par le fait que contrairement à Rachid Taha plus tard, puis à Faudel, son répertoire n'a guère à voir avec sa culture maternelle. Au contraire, ses chansons s'inscrivent de plain-pied dans le patrimoine le plus classique de la chanson française, celle des Brel et Brassens, des grands textes, d'une certaine poésie et d'une interprétation sans faille.

Biographie: 

C'est dans le XIVème arrondissement de Paris que naît Karim Kacel le 30 août 1959. Elevé en banlieue par un père kabyle et une mère algéroise, Karim se forge une culture musicale très variée. Jazz, rock, musique arabe, le jeune homme écoute tout. Mais il développe une vraie passion pour la chanson française des Reggiani, Brel, Brassens ou Moustaki qui deviendra son ami. Il apprend la guitare seul, lit beaucoup et écrit textes et poèmes. L'école ne le passionne guère et à 16 ans, il la quitte.

Pendant quelques temps, Karim traîne sans trop savoir que faire. Il touche à la boxe puis s'oriente vers un travail d'éducateur. Cette expérience lui permet de travailler son chant et son jeu de guitare. Il fait chanter les enfants puis de fil en aiguille, s'inscrit en 1982 à une audition organisée par le label Pathé-Marconi. Filmée par la télévision, l'audition est une réussite pour Kacel qui est doublement repéré par un directeur artistique et par les téléspectateurs qui votent massivement pour lui.

Banlieue

Dès lors, tout se précipite. Quelques semaines plus tard, Karim est en studio pour enregistrer un 45 tours, "Banlieue". Ce titre est largement plébiscité par le public et la critique. Son style, sa voix, l'intensité de son interprétation font de Karim Kacel un chanteur qui touche très vite une large audience. Mais ses origines berbères lui valent aussi d'être étiqueté comme le "chanteur beur" de service et le titre "Banlieue" ne l'aide pas à se dépêtrer de cette image tenace.

Les organisateurs de festivals et de tournées repèrent le jeune artiste et au printemps 84, il est déjà sur la scène des Tremplins du Printemps de Bourges. Mais c'est surtout son passage sur la scène parisienne du Théâtre de la Ville en septembre qui marque son entrée dans la cour des grands. La même année, sort un premier album "Gens qui rient, gens qui pleurent" qui confirme un talent d'auteur-compositeur qui dépasse de loin le cadre de la banlieue. D'ailleurs, ses tournées se multiplient (Afrique du nord, Ile Maurice, Afrique de l'est, Europe) transformant le jeune homme en ambassadeur de la culture française. En 85, on le convie même à chanter pour le Pape en Belgique.

En 1986, sort "P'tite soeur", deuxième 33 tours entièrement écrit par le jeune homme. Son talent est récompensé par le prix Charles-Cros. La même année, il reçoit le prix Georges Brassens lors du festival de Sète. On loue largement son écriture sensible et poétique, son interprétation toute en émotion et sa voix exceptionnelle. Constamment sur scène, Karim s'épanouit totalement au contact du public. L'année de son troisième album, "Sans en avoir l'air", il reçoit en 88 le Piaf du meilleur spectacle pour son passage à l'Olympia. En 89, c'est Léo Ferré en personne qui lui remet le prix Petit Robert du meilleur parolier lors des Francofolies de Montréal.

1991 : "Ruses de Sioux"

Si son succès public n'égale plus les scores de "Banlieue", Karim Kacel conserve un vrai succès d'estime. Son album "Ruses de Sioux", qui sort en 91, est flatteusement chroniqué dans la presse en particulier via l'extrait "Mother Mother" qui est plébiscité par tous. Toutes les influences musicales auxquelles Karim Kacel est sensible se retrouvent savamment cuisinées à travers les 13 titres du disque : un peu de jazz, de classique, une pincée de rock et un grand sens mélodique. Même si Karim Kacel ne vend pas énormément d'albums, ses (nombreux) passages sur scène sont toujours l'occasion d'un contact très étroit et très généreux avec le public.

Au cours de l'été 91, Karim Kacel se lance dans une nouvelle expérience, la comédie musicale. Avec le groupe vocal Les Octaves, il monte "T'as beau t'appeler Van Gogh", un spectacle créé en Avignon. En outre, il continue de tourner à travers la France sans dédaigner de chanter dans la moindre petite salle, la moindre petite ville. De temps en temps, il passe à Paris comme en 93 où il fête ses 10 ans de scène au du Café de la Danse pendant deux semaines et en 94 où il est l'invité de la fête annuelle du Parti communiste, la Fête de l'Huma.

Ce n'est donc qu'en 95 que sort un nouveau disque, "L'Orage est passé", écrit avec son chef d'orchestre et pianiste, Angelo Zurzolo. Très empreint de métempsycose et de spiritisme, Kacel se lance dans un répertoire plus universel. La banlieue est loin et ses thèmes de prédilection tournent aujourd'hui autour de l'homme avec un grand H. Conscience, foi, fraternité et bonnes intentions composent l'essentiel de son inspiration.

1997 : "Ce n'est qu'un jeu"

Dans son disque "Ce n'est qu'un jeu", qui sort en novembre 97, Kacel démontre sa grande maîtrise vocale. A l'aube de la quarantaine, sa voix s'épanouit et s'adapte à des rythmes aussi variés que la salsa ou le rap. Ce nouveau disque est aussi très empreint d'Italie. En effet, entouré d'une équipe italienne, Karim enregistre "Ce n'est qu'un jeu" à Capri. Et dès l'année suivante, il retrouve l'île méditerranéenne pour enregistrer quelques inédits qui paraissent sur "Futur Intérieur", une compilation de 18 titres qui sort en 99. Karim Kacel y reprend "Toulouse" de Nougaro, "Caruso" de Lucio Dalla et fait une adaptation de "Banlieue" qui devient "Banlieue (Capri deux heures du matin)".

Alors qu'il continue sa carrière loin des médias, on le retrouve en mars 2002 avec "Rien que pour toi". Il y rend hommage à la Kabylie dont est originaire son père mais aussi à la Bretagne, où il vit désormais, via les orchestrations celtiques de "Tu ne peux rien" ou "A vos souhaits". L'album connaît de bonnes critiques.

"La scène, c’est là où je me sens le plus fort du monde. Je n'ai peur de rien ni de personne". Ce n’est pas un hasard si Karim Kacel réussit un superbe enregistrement en public à Paris, à l’Espace Kiron, qui sort en 2004 chez Créon Music, "Karim Kacel en scène". Il joue les grands succès de ses vingt années de chanson ("Banlieue", "P’tite sœur"), des reprises bellement assumées ("Comme un petit coquelicot", "Syracuse") et une bonne partie de son dernier disque, "Rien que pour toi", avec ses accents nord-africains, sa derbouka et son violon oriental. Toujours sur la route, Karim Kacel joue notamment aux Francofolies de La Rochelle le 13 juillet, la veille de la fête nationale française.

Quand il n’est pas sur scène, Karim Kacel anime des ateliers musicaux "Paroles et Musiques" pour le comité d'entreprise d'EDF-GDF. Il défend aussi les droits des artistes au sein de l’ADAMI, société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes.

2006 : "Une autre"

Karim Kacel sort en décembre 2006 "Une autre", un album différent des précédents puisque coloré de jazz et arrangé par le pianiste Angelo Zurzolo. Le chanteur y reprend "Faut vivre" de Mouloudji et "Edith", une chanson écrite par Jean Dréjac et Michel Legrand pour Edith Piaf et sur laquelle la voix de Karim Kacel est juste accompagnée du violon de Didier Lockwood. 

En 2007, Karim Kacel crée le récital "Bluesville", une rétrospective de ses propres chansons. Avec son complice Angelo Zurzolo, il s’installe à l’Espace Kiron, dans le 11e arrondissement de Paris, du 3 octobre au 10 novembre 2007. Ces concerts retracent en musique son parcours et brossent ses thèmes favoris : la double identité, la séduction, l’espoir… La version disque de "Bluesville" sort fin 2007 sur le label Eloquentia.

Karim Kacel remonte sur la scène de l’Espace Kiron du 13 janvier au 7 février 2009 avec un spectacle cette fois dédié à l’un de ses mentors : Serge Reggiani. Il s’attaque avec passion à l’œuvre de ce chanteur qui n’a jamais écrit de chansons mais qui savait choisir ses paroliers (Serge Gainsbourg, Jean-Loup Dabadie, Alain Goraguer). Il reprend dix-sept de ses morceaux : "l’Arabe", "Ma liberté", "la Putain", "l’Italien"...

2015 : "Encore un jour"

Karim Kacel est réélu par ses pairs au poste de Vice-Président du Collège Variétés de l’Adami (la société de gestion collective des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes).

Après avoir effectué une tournée de trois ans dans le monde entier, Karim Kacel revient avec un nouvel album "Encore un jour" sorti en octobre 2015, et qui a été écrit et composé au gré de ses voyages. Si très souvent ses compositions nous emmenaient du côté du jazz, celles d’"Encore un jour" ont revêtu cette fois les habits plus pop avec des arrangements confiés à de jeunes musiciens.

Ainsi, des titres comme "Obsolescence programmée", arrangé par Angelo Zurzolo (ancien pianiste de Georges Moustaki, son grand ami), "Dis-lui", la version française de "Feelings", popularisé en France par Mike Brant ainsi que "Perce neige" et "Autre chance", composent cet album.

Karim Kacel se produit sur  scène à plusieurs reprises pour présenter les titres de l’album "Encore un jour".

Octobre 2016

Discographie
ENCORE UN JOUR
ENCORE UN JOUR
Album - 2015 - Vocation records/Universal music
KARIM KACEL CHANTE REGGIANI
KARIM KACEL CHANTE REGGIANI
Album - 2007
RIEN QUE POUR TOI
RIEN QUE POUR TOI
Album - 2001 - Creon Music
FUTUR INTERIEUR
FUTUR INTERIEUR
Compilation - 1998
CE N'EST QU'UN JEU
CE N'EST QU'UN JEU
Album - 1996 - Arcade
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