Niagara

Niagara
Passeport artiste
Date de création:  1982
Date de séparation:  1993
Pays:  France
Langue:  Français
Genre musical:  Chanson

Issu de la vague pop-rock rennaise du début des années 80, Niagara s'est affirmé comme un des groupes les plus vendeurs des années suivantes. Mais après les tubes et les tournées internationales, les expériences en solo n'ont pas séduit leur public passé.

Biographie: 

Au début des années 80, la ville de Rennes est le décor d'une révolution musicale. Cette ville universitaire est l'antre du renouveau rock français dans la mouvance punk des années précédentes. C'est d'ailleurs en 1978 qu'est créé le festival des Trans Musicales qui, encore aujourd'hui, ouvre une large scène aux jeunes artistes et aux nouvelles musiques. La cité bretonne est donc à cette époque propice à l'éclosion des vocations de musiciens en herbe dont nombreux deviendront des noms du rock ou de la chanson : Marc Seberg, Marquis de Sade, Octobre Rouge et surtout Etienne Daho.

Une ombre jaune

Née en 1963, Muriel Laporte est fille de notaire. Sa passion pour la musique ne tarde pas à s'imposer et devient son principal centre d'intérêt une fois l'époque du lycée révolue. En 1982, elle fait la connaissance de Daniel Chenevez, qui après un bref passage en faculté de sociologie, est lui aussi entièrement tourné vers la musique. Guitariste, claviériste, Daniel est un musicien amateur de toutes les nouveautés technologiques en la matière. Instruments, synthétiseurs, vidéo, tout au long de sa carrière, il prouvera sa curiosité des innovations.

Couple dans la vie, Daniel et Muriel, qui prend alors le nom de famille de Moreno, deviennent duo. Sous le nom d'Ombre jaune, ils commencent à prendre part à l'intense fourmilière musicale de la scène rennaise du moment. Leur première apparition en public date des Trans Musicales de décembre 82. Forts d'un petit succès, le duo écume les salles et clubs bretons pendant quelques années.

En 1985, la maison de la culture de Rennes propose de financer quatre 45 tours. Ombre jaune, devenu Niagara depuis février 84, est sélectionné et enregistrent le titre "Tchiki Boum". Avec ce disque, ils pensent avoir une vitrine pour se faire connaître. Mais l'impact va dépasser leurs espérances. Avec ses airs sucrés et sa pop charmeuse, ce 45 tours séduit les maisons de disques et une signature chez Polydor leur ouvre un marché qui dépasse de loin la Bretagne. Le succès public est immédiat et sans plus attendre, "Tchiki Boum" intègre le Top 50, le classement star des années 80, entraînant ses auteurs dans une carrière à tubes.

De Rennes à Paris

Avec un look sexy façon Barbarella et une voix charmeuse, Muriel devient l'emblème du duo, un peu extravertie, un peu délirante alors que Daniel donne une apparence réservée, timide, toujours en retrait. A leurs débuts, leurs prestations sont très visuelles. Fleurs, bijoux, couleurs, un petit air néo-psychédélique entoure leurs apparitions. C'est aussi une façon d'être remarqué et c'est une réussite. Leur musique sonne très pop, sucrée et insouciante, avec des inspirations afro-cubaines, funk ou soul. C'est alors considéré comme de la variété de qualité.

En quelques mois, ils enchaînent les tubes. Après le carton de "Tchiki Boum", le public se jette sur "L'amour à la plage" et "Je dois m'en aller". Ce succès les mène à Paris où ils s'installent en 1986. Leur premier album "Encore un premier baiser" sort en novembre et remporte tous les suffrages du public. Très à l'aise sur scène, ils continuent à donner beaucoup de concerts. Des petits clubs bretons, ils passent aux plus grands festivals : le Printemps de Bourges, les Francofolies de La Rochelle et bien sûr les Trans Musicales.

Alors qu'à cette époque, les clips vidéo sont très en vogue et indissociables du parcours des jeunes chanteurs, Daniel Chenevez tourne lui-même ceux de "L'amour à la plage" et de "Je dois m'en aller".

Le 10 mars 1987, Niagara monte sur la scène de l'Olympia à Paris, véritable sacre dans une carrière qui démarre en flèche. Suit une tournée.

De la plage à l'enfer

En 1988, Niagara sort son deuxième album "Quel enfer". Les couleurs du début font place à plus de noir dans les tenues et les notes légères et frivoles de "Encore un dernier baiser" sont remplacées par quelques riffs de guitare et un son nettement plus rock. Le titre "Assez" tient le haut du pavé dans le Top 50 et fait danser les foules.

Niagara mûrit. Leur déménagement de Rennes à Paris se fait sentir sur leurs compositions. Moins de désinvolture, plus de gravité. A ce moment, les Niagara sont au faîte de leur carrière. Ils entament une tournée sponsorisée par la chaîne musicale MTV. Armés d'une dizaines de musiciens, ils visitent une quinzaine de pays pendant cinq mois.

L'évolution continue de plus belle avec le troisième album "Religion" en avril 1990. Cette fois, Niagara fait dans le hard rock mâtiné de pop et c'est tout cuir qu'ils montent sur scène. Les voix sont plus agressives, le discours aussi. Les titres suffisent à confirmer leurs changements d'orientation : "Pendant que les champs brûlent", "le Ciel s'est déchiré" ou "Chemin de croix". Le single "J'ai vu" évoque la guerre.

En dépit du succès, le rythme des tournées et des promos épuise Muriel qui fait une dépression cette année-là.

Le 6 février 91, Niagara monte sur la scène du Zénith à Paris. Puis, ils repartent en tournée à partir de juin. A Moscou, ils jouent dans un stade de 15.000 places.

Encore un dernier album

En 1992, Niagara est en perte de vitesse. Le couple s'est séparé. L'enthousiasme n'est plus au beau fixe. Ce sont pourtant d'énormes moyens qui sont investis dans l'enregistrement de l'album "la Vérité" qui se révèlera être leur dernier. L'enregistrement débute à Bruxelles au studio ICP où ils ont enregistré tous leurs albums et se termine en août à New York au Electric Ladyland Studio. Une équipe de 45 musiciens les entoure. C'est leur plus grosse production, toujours très rock, mais ce ne sera pas leur plus gros succès, loin de là. Le public et la critique ne suivent plus.

Le 25 mars 1993, ils passent au Zénith de Paris. Mais cette année-là marque aussi la fin du groupe. Pas une fin définitive parce qu'un nouvel album est depuis lors parfois évoqué.

Solo

Au fil des années, l'un et l'autre sortent des albums solo sans jamais retrouver le succès du duo. Muriel Moreno sort trois albums aux sonorités électroniques entre 1995 et 2001 ("Toute seule", "Required elements" et "Surviving the day"). Quant à Daniel Chenevez, il sort son premier album, "Excentrique" en 96. Comme à l'époque de Niagara, c'est à Bruxelles qu'il l'enregistre. Le contenu est éclectique et reflète sa curiosité en matière musicale. Quelques envolées électroniques habillent l'ensemble entre violonades et scratches. L'extrait qui en est tiré est "Je suis mou", clin d'œil à l'image indolente que transporte le chanteur et qui camoufle un perfectionnisme à tous crins.

Après avoir toujours été en arrière plan de Muriel, Daniel fait cette fois entendre sa voix. Mais la critique ne lui donne pas trop d'écho et le public ne suit guère. Au cours de l'année 96, il met en place une tournée avec un groupe uniquement constitué de filles. A Paris, ils jouent au Café de la Danse.

Nouvel essai en 1999 avec "Hypnose", un second CD plus électronique qu'il conçoit et enregistré dans son propre studio. Les critiques louent les qualités de l'ensemble mais la réussite commerciale n'est pas plus au rendez-vous que la première fois. Daniel Chenevez donne une série de concerts au printemps 2000.

Le 9 avril 2002, sort une compilation des tubes du duo : "Flammes". Bien qu'en moins de deux mois, le CD soit Disque d'or, Muriel et Daniel refusent de faire toute promotion. Revenir sur leur passé ne les intéresse pas.

Mai 2002

 

Discographie
FLAMMES
FLAMMES
Compilation - 2001 - Polydor
LA VERITE
LA VERITE
Album - 1991 - Polygram
RELIGION
RELIGION
Album - 1989 - Polygram
QUEL ENFER!
QUEL ENFER!
Album - 1987 - Polygram
ENCORE UN DERNIER BAISER
ENCORE UN DERNIER BAISER
Album - 1985 - Polygram
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