Nicolas Peyrac

Nicolas Peyrac
© David Wolff - Patrick/Redferns via Getty Images
Passeport artiste
06/10/1949
Rennes (France)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Chanson

Difficile de démarrer une carrière sur les chapeaux de roue ! Après quelques tubes dans les années 70, Nicolas Peyrac a eu du mal à poursuivre sereinement un parcours nuageux tant au plan professionnel que personnel. Pourtant, Peyrac est un auteur-compositeur qui a marqué sa génération et certains de ses titres sont des classiques de la chanson française.

Biographie: 

De son vrai nom Jean-Jacques Tazartez, Nicolas Peyrac naît le 6 octobre 1949 à Rennes. Avec ses frères, il est élevé en Bretagne par une famille de médecins. Quand ses parents divorcent au début des années 60, Nicolas s'envole pour New York avec sa mère. Il y réside environ une année avant de revenir vivre avec son père en Bretagne. Déjà très épris de chanson, il a commencé très tôt à écouter les grands classiques du patrimoine, de Ferré à Brel. Il apprend seul la guitare et écrit quelques textes et poèmes comme tout adolescent un peu tourmenté. De plus, il découvre la musique anglo-saxonne qui enrichit son inspiration et sa culture musicale.

Artiste

Jeune homme, il semble de plus en plus évident que sa fibre artistique est fort sensible. Mais il cède cependant aux pressions familiales qui le mènent tout droit à la faculté de médecine. Il démarre donc des études parallèlement à ses premiers pas dans le milieu musical. Et ce n'est pas le musicien qui émerge en premier, mais le photographe. Autant doué pour l'art visuel (il pratique aussi la peinture) que pour la musique, il est l'auteur de pochettes de disques, entre autres pour Gilbert Bécaud.

En 1971, il part vivre quelques temps avec sa mère, physiologiste en Afrique. Il continue ses études mais ses contacts dans le métier lui permettent de rencontrer en 72 Patrick Legrand, frère de Michel, et éditeur de musique. Nicolas lui présente quelques textes et a le plaisir quelques mois plus tard d'en entendre un chanté par Marie Lafôret. Le succès de ce 45 tours lui vaut un contrat immédiat avec Pathé-Marconi.

Cette fois, c'est comme interprète que Nicolas démarre enfin dans la chanson. Mais ses deux premiers 45 tours sont des échecs. Sa maison de disques hésite à le garder quand, en 75, il sort "So far away from L.A.". Pathé-Marconi oublie alors toutes ses velléités de renvoi. En effet, ce titre rencontre une réussite publique et critique immédiate et par la même occasion, Peyrac devient une vedette du jour au lendemain.

Il abandonne ses études de médecine pourtant proches de leur terme (il est en 6ème année). Son succès lui prend tout son temps d'autant plus que le 45 tours suivant, "Et mon père" se transforme aussi vite en tube. Pour ce titre, la Sacem (Société des Auteurs Compositeurs) lui décerne l'Oscar de la chanson française en 75. En quelques mois, Nicolas Peyrac intègre le cercle des chanteurs les plus doués de sa génération.

Scène(s)

La réussite discographique entraîne une intense et immédiate activité scénique. En 76, Nicolas Peyrac passe au Théâtre de la Ville à Paris et tourne en première partie de Serge Lama. Mais son succès le mène jusqu'au Japon, destination presque obligée pour un artiste français qui réussit. Déjà auteur de deux albums, il en sort un troisième en 76 "Quand pleure la petite fille", puis un quatrième en 77, "Et la fête est finie".

Quant à la scène, il ne la quitte guère. En 77, il tourne avec Marie-Paule Belle, et prend la route en vedette tout l'été. Mais en décembre, il monte trois semaines sur la prestigieuse scène de l'Olympia en première partie de Dalida mais il faudra attendre 79 avant qu'il n'y soit présenté en tête d'affiche. 77 est aussi l'année de deux nouveaux succès : "Je pars" et "le Vin me soûle".

Après la naissance de sa fille Amanda en 77, il perd sa mère en 1978. C'est à elle qu'il dédie son album "J't'aimais, j'ai pas changé". Ce décès marque un passage à vide pour l'artiste qui part alors quelques temps en Californie. C'est à cette occasion qu'il fait la connaissance du chanteur et auteur Will Jennings avec qui il travaillera plusieurs fois dans les années 80.

Aléas

Tournées, albums, l'activité artistique de Nicolas Peyrac continue de plus belle au début des années 80. Mais le succès ne suit pas forcément le même rythme. Le temps des tubes semble déjà être du passé. Il continue de tourner avec une escale parisienne à Bobino en 1981. Tous les ans, ses concerts le mènent aux antipodes : le Pacifique sud en 82, la Corée en 83, l'Afrique (Gabon, Burundi) en 84, Océan indien et Canada en 85. Il sort de la même façon quatre albums entre 80 et 85 : "Fait beau chez toi" (80), "Elle sortait d'un drôle de café" (82), "Flash back" (83, co-écrit à Los Angeles avec Will Jennings) et "Neuvième" en 84.

En dépit d'un emploi du temps fort rempli, Nicolas Peyrac ne se sent pas très bien dans son métier et dans sa vie personnelle. Ses textes sont chantés par les plus grands : "Je n'oublierai jamais" par Johnny Hallyday en 82 et "les Eaux du Mékong" par Placido Domingo en 85. Mais sa propre carrière perd du terrain sur l'actualité musicale et sur l'intérêt du public. Il se replie alors sur lui-même.

Il en profite pour cultiver ses autres passions. Dès 86, en vacances chez son ami Michel Berger, il démarre l'écriture d'un roman. Puis, il réalise un documentaire pour la télévision sur les sportifs de haut niveau. La fin des années 80 est vraiment difficile. Rupture sentimentale, difficultés professionnelles, Nicolas perd pied et sombre dans une dépression longue et douloureuse.

1989 : "J't'aimais trop, j't'aimais tellement"

Un album sort en 89, "J't'aimais trop, j't'aimais tellement", très empreint de ses problèmes les plus personnels ("J'l'aime quand elle s'en va", "Et tous ces matins sans elle"). On n'entend plus guère parler de Nicolas Peyrac pendant quelques années. De façon contradictoire, c'est le décès soudain de Michel Berger qui marque un tournant dans cette période difficile.

Profondément bouleversé par cette disparition qui survient en août 92, Nicolas réagit par une forte envie de se reprendre en main. Il se remet à écrire, voyage un temps à Cuba, et produit un nouvel album "Tempête sur Ouessant". Dès 90, il avait commencé à travailler sur ces nouveaux titres mais sans pouvoir en venir à bout. Entouré de musiciens et amis français (Sébastien Santa Maria, Philippe Chauveau) et américains (Bruce Gaitsch), cet album marque un retour de Nicolas sur le devant de la scène. Mais tout n'est pas si simple et il lui faut encore du temps pour se remettre sur pieds.

En 93, aidé par son père, le chanteur décide d'émigrer au Québec. Il s'installe donc à Montréal où il retrouve un nouveau souffle et une nouvelle motivation. C'est là qu'il termine et publie son roman en 94 sous le titre "Qu'importe le boulevard où tu m'attends". Puis, chez son père en Bretagne, il écrit une grande partie d'un nouveau disque, "J'avance", qui voit le jour en 95.

Nicolas a une nouvelle compagne, Pascale, et reprend au Québec une intense activité scénique. On le voit lors des grands festivals (Festival d'Eté de Québec, FrancoFolies de Montréal) ou lors de tournées à travers la province.

1997 : "Puzzle"

C'est un grand retour sur une scène parisienne et même française que Nicolas Peyrac effectue en 1996. En mai, il s'installe pour quelques jours au Casino de Paris entouré de 7 musiciens et d'une formation de 13 cordes. L'événement sort sous un album, "Puzzle", qui paraît l'année suivante. Neuf mois après le Casino, il retrouve aussi Bobino du 16 janvier au 1er février 97.

Deux ans après "J'avance", des divergences artistiques éclatent entre le chanteur et sa maison de disques Une musique qui refuse de produire son album.
Meurtri mais combatif, Nicolas retourne quand même aux studios du Bras d'or à Boulogne. Accompagné de ses plus proches fidèles, en travaillant sur de nouvelles chansons, ils décident de reprendre entièrement "Autrement", disque pourtant presque terminé. Malheureusement, Une musique persiste et signe : le CD ne sortira pas...du moins pas chez eux. Presque seul, sans contrat, un album fini en poche, le chanteur se résigne à publier "Autrement" sur un label indépendant. Petite structure oblige, malgré un succès critique indéniable, cet opus passe inaperçu aux yeux du public.

2003 : "Seulement l'amour"

Nicolas Peyrac n'en perd pas sa plume pour autant. Pendant trois ans, très inspiré, il écrit texte sur texte et enregistre maquette sur maquette. En 2002, grâce à un ami, il rencontre Pierre Illias qui devient son manager. Celui-ci se révèle plus qu'efficace. En février de la même année, il signe un contrat pour quatre albums avec la major BMG. Il retourne alors en studio et une année plus tard, en mars 2003, arrive "Seulement l'amour", un disque simple, respirant la sérénité d'un auteur épanoui.

L'interprète du tube "So far away" continue sa tournée provinciale. 

L'année 2005 voit la parution d'une compilation retraçant sa carrière, "Toujours une route", agrémenté de l'inédit "Ne me parlez pas de couleurs, une ode contre l'intolérance.

"Vice versa", le 16e album studio du chanteur paraît en mai 2006, venant couronner trente ans de carrière. Avec des titres comme "Laisser glisser" sur le racisme, ou "Et je t'aimais déjà" dédié à sa fille Sarah, adoptée deux ans auparavant avec sa compagne, ce nouvel opus est accueilli chaleureusement par la critique.

La même année Nicolas Peyrac publie son deuxième roman " J’ai su dès le premier jour que je la tuerais".

2009 : "Case départ"

Après le décès de son père en 2006, le chanteur s'installe à nouveau en France et retrouve la Bretagne de son enfance et la maison familiale. Inspiré par ce retour aux sources, il enregistre en solitaire l'album "Case départ", qui paraît discrètement en 2009 et qui marque ses retrouvailles avec la guitare acoustique. Quelques mois plus tard, il publie son troisième roman, "Elsa".

Puis l'année 2010 est consacrée à l'écriture de chansons, un travail d'inspiration récompensé en 2011 par la parution d'un double-album, cette fois signé chez Sony. Intitulé "Du Golden Gate à Monterey", le coffret comporte des nouveautés ainsi qu'un florilège d'anciennes compositions, toutes enregistrées en studio dans les conditions du live. Un documentaire tourné par Michel Jankielewicz accompagne l'album. Une tournée s'ensuit, avec un passage à l'Européen à Paris, le 30 janvier 2012.

Trois ans plus tard, Nicolas Peyrac se retrouve à nouveau sous le feu des projecteurs avec une double actualité. Longtemps réticent à l'idée d'un album de reprise de ses succès en duo, le chanteur se plie finalement à l'exercice en 2013. "Et nous voilà !" reprend quelques tubes et des perles oubliées, interprétées avec des artistes de tous horizons, de Bénabar à Carmen Maria Vega, en passant par Sanseverino ou Michaël Furnon (Mickey 3D).

Au même moment, Nicolas livre ses mémoires dans le livre "So Far Away, Un certain 21 mars" paru aux éditions de L’Archipel. L'envie de se raconter s'est déclenchée un an auparavant lorsqu'il a appris qu'il était atteint d'une forme légère de leucémie. Le livre prend la forme d'un carnet de route, dans lequel il raconte son parcours et ses souvenirs.

Avril 2015

 

Discographie
SUFFIT QUE TU OSES
Album - 2018 - Note A Bene
CASE DEPART
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Album - 2014 - Must Production
ET NOUS VOILA!
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Album - 2012 - MJO
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Album - 2010 - Sony music
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Compilation - 2010 - Sony music
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