Bertrand Burgalat

Bertrand Burgalat
© Foc Kan/WireImage
Passeport artiste
1963
Bastia (France)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur / DJ
Genre musical:  Electro / Pop

Ce musicien à l'univers glamour et désuet à la fois semble décliner les années 60 à l'infini. Et pourtant, son inspiration, qui va de Ravel à Kraftwerk, fait de lui un personnage érudit, prisé pour son polymorphisme musical : arrangeur, compositeur, producteur, remixeur, Bertrand Burgalat est un véritable entrepreneur.

Biographie: 

Bertrand Burgalat est né à Bastia en Corse en 1963. Son père, haut fonctionnaire, est alors en poste en tant que sous-préfet. Comme le veut cette profession, la famille Burgalat déménage souvent à travers l'Hexagone. Elevé dans un cadre bourgeois, le petit Bertrand commence le piano classique à 6 ans.

A 10 ans, il voit Pink Floyd en concert et dès ce jour, sa curiosité musicale est en permanence en éveil, prête à intégrer toutes influences. A l'adolescence, il monte divers groupes de rock ou de jazz. Dans les années 70, il se passionne pour les débuts de l'électronique, via le groupe allemand Kraftwerk.

Premiers pas

Au cours des années 80, c'est via la production et les arrangements qu'il se fait d'abord connaître. Bertrand Burgalat prend une route singulière en produisant, à 25 ans, l'album du groupe slovène d'électro gothique Laibach. Puis, il travaille avec d'autres groupes confidentiels tels les Allemands Einstürzende Neubauten ou Samir Birnbach du groupe belge Minimal Compact.

Avec les années 90, la musique électronique se développe et une de ses multiples variantes est l'easy-listening. Cette nouvelle jeunesse pour des musiques très années 60/70 permet à Bertrand Burgalat de faire connaître sa passion pour cette époque, son esthétique et cette musique de variété, genre "feuilleton télé" (certains diront "musique d'ascenseur") qui revient alors à la mode. Ce mariage entre années 60 et années 90 se caractérise par des nappes de cordes habillées de musique électronique, le tout revendiquant une certaine légèreté de ton. Déjà bien rempli, le curriculum vitæ de Burgalat ne cesse alors de s'enrichir de multiples collaborations avec nombre d'artistes (même si peu d'entre eux sont connus du grand public).

Polyvalence

Au cours des années 90, on peut citer son travail de production avec Dominique Dalcan ("Cannibale", 94), Jad Wio ("Fleur de métal", 92), Julien Baer ou la star japonaise Kahimi Karie. Il fait des arrangements pour Ollano, l'Anglais Mick Harvey pour un hommage à Gainsbourg en 95, les Japonais de Pizzicato Five, l'Australien Nick Cave, Katerine, entre autres.

En 92, il travaille sur la bande originale du film "les Nuits fauves" de Cyril Collard et renouvelle l'exercice en 97 en composant entièrement cette fois celle de "Quadrille" de Valérie Lemercier. On fait appel à lui également pour des publicités. Il signe une dizaine de ces musiques dont certaines pour Yves Saint-Laurent.

A son actif, citons également nombreux remixes, parfois pour des stars tels le groupe Depeche Mode ("Easy going"), Jamiroquai, Soul II Soul ou Air ("Sexy boy"). Très créatif, cultivé et brillant, fort d'une personnalité difficile à cerner, Bertrand Burgalat se voit surnommer par certains le "Phil Spector français".

Tricatel

Mais la réalisation qui fit de lui un personnage important de la scène musicale est sans aucun doute son label Tricatel. Créé en 1995, ce label est très novateur et se propose de faire découvrir une palette d'artistes d'horizons très variés en développant une couleur artistique originale et pourtant homogène. Parmi ses productions les plus intéressantes, citons l'Américaine April March, la jeune Française Hélèna (sœur de Lio), des stars confirmées tels David Whitaker (arrangeur mythique des cordes pour Gainsbourg, entre autres), la chanteuse allemande Ingrid Caven ou André Popp, orchestrateur et compositeur très à la mode dans les années 60/70. Sa polyvalence et sa curiosité le mènent à travailler avec de nombreux labels étrangers, japonais, allemands, au gré de ses découvertes.

A son actif, Burgalat a aussi l'album de la comédienne Valérie Lemercier, sa compagne d'alors, en 1996 ("Valérie Lemercier chante") et celui de l'écrivain Michel Houellebecq ("Présence humaine" 2000), deux œuvres originales pour certains, snobs et "branchées" pour d'autres. Cette dualité correspond bien à l'image de Bertrand Burgalat dans le public. Il n'est pas un artiste populaire mais s'inspire beaucoup des musiques dites de "variété".

A cheval entre un certain répertoire passéiste des années 60/70 et des tendances très pointues, même avant-gardistes, de la musique électronique, il en sort un travail de qualité mais parfois considéré comme élitiste, image qui ne lui déplaît pas. Burgalat est aussi un homme aimant organiser des fêtes grandioses et insolites comme il le fit une fois dans un bowling.

2000 : "the Ssssound of music"

Mais après des années à travailler pour les autres, Bertrand Burgalat se décide en 2000 à sortir son premier album solo, "the Ssssound of music", signé de son seul prénom. En chantier depuis la création du label, ce disque renferme toute l'essence de l'artiste. On y retrouve les mêmes inspirations, la culture pop, une touche de psychédélisme, de l'électro, des chœurs, des cordes synthétiques, un grand sens de la mélodie, mais un humour très "private joke" qui en fait une fois de plus un artiste cultivant sa différence.

Sur ce disque, Burgalat chante au milieu de nombreuses plages instrumentales, mais invite également les voix de ses amis Katerine ("Ma rencontre", "l'Observatoire") et Michel Houellebecq ("Gris métal"). Mais c'est surtout son groupe, l'A.S. Dragon qui donne sa musicalité à l'ensemble. Avec eux, ce Parisien symbole d'une certaine "branchitude" se confronte à la province au cours d'une tournée qui démarre fin 2000. Il est présent sur maints festivals tel les Transmusicales de Rennes, le Printemps de Bourges, le Four Festival en Belgique ou les Francofolies de La Rochelle.

Parallèlement, il continue de travailler pour Valérie Lemercier, qui fin 2000 monte un nouveau "one-woman show", en l'aidant à peaufiner ses textes et en créant une bande son.

Rencontre, hommages, ...

En juin 2001, l'œuvre déjà bien remplie de Burgalat est l'occasion pour un label allemand, Bungalow, de sortir une compilation hommage dont le titre célèbre "the Genius of Bertrand Burgalat".

A la fin de l'été, le 29 septembre, Burgalat organise une rencontre musicale avec Alain Chamfort en revisitant son répertoire sur scène et à ses côtés lors d'un concert donné au festival belge des Nuits Botanique. Une seconde édition de cette rencontre a lieu en février 2002 à la Cité de la Musique à Paris. A l'automne 2001, c'est l'album live de la tournée qui sort déjà sous le nom "Bertrand Burgalat meets A.S. Dragon". On y trouve deux reprises inédites : "Follow me" de la chanteuse jet set époque disco Amanda Lear et "the Tears of a clown" de Smokey Robinson.

Outre ses activités au sein de Tricatel, il participe en 2004 à l'album de la chanteuse Barbara Carlotti "Chansons". On le retrouve la même année sur "The Meal" de Château Flight.

2005 : "Portrait-robot"

En juin 2005, l'artiste sort un nouvel album intitulé "Portrait-robot", album qu'il a enregistré dans son home studio parisien. Plusieurs interprètes viennent apporter leur contribution : Regina Janssen, chanteuse de Donna Regina et Peter Van Poehl, qui lui, assure certaines parties de guitare. Si Burgalat compose l'ensemble des musiques de cet opus, il laisse aux autres le soin d'écrire des textes (sauf un, "Vestibule d'ombre") : la romancière Elisabeth Barillé, la musicienne April March, le journaliste Gregori Alexandre et la compagne de Robert Wyatt, Alfie, qui signe quatre titres. Cet objet electro/pop est évidemment à l'image de son créateur, éclectique et foisonnant parfois complexe, et toujours aussi inclassable.

La sortie de "Portrait-robot" est accompagnée d'une série de concerts en France. Burgalat  signe par ailleurs la bande originale du film de Valérie Lemercier, "Palais Royal" sur les écrans en 2005.

Mettant de côté ses travaux personnels, il continue d'écrire des musiques pour la publicité. Il est aussi sollicité par la nouvelle coqueluche musicale de la télévision, Christophe Willem, pour son album "Inventaire" (sortie 2007). Il participe aussi à celui de la jeune Alizée (dont la sortie est programmée en novembre 2007).

2007 : "Cheri B.B."

En mai 2007, Bertrand Burgalat sort "Inédits", une série de quinze instrumentaux et chansons, album que l'on ne trouve d'ailleurs que sur le site de Tricatel et sur une plate-forme de téléchargement. C'est aussi le sort que connaît le troisième album studio de celui qui est considéré par beaucoup comme un ovni dans le paysage musical français. En août 2007, Burgalat sort donc "Cheri B.B." Il fait appel à deux auteurs Elisabeth Barillé et Matthias Debureaux qui lui concoctent des textes sur mesure, alors que lui, compose une pop ciselée et imaginative. Sur cet album, on peut découvrir un duo "This Summer night", avec le musicien anglais, Robert Wyatt.

En 2007 et 2008, Bertrand Burgalat donne une poignée de concerts en France mais sa présence sur scène s’intensifie vraiment en 2009, avec une date le 28 janvier 2009 au New Morning, à Paris.

Il enfile bientôt à nouveau sa casquette de producteur avec un nouveau projet, initié par les DJettes parisiennes Tania Bruna-Rosso et Cécile Togni, les Putafranges. L’idée : faire chanter des titres ultra-connus de Niagara, Alain Bashung, Sylvie Vartan ou encore les Rita Mitsouko par des actrices françaises. Quatorze comédiennes, dont Valérie Lemercier, Emma de Caunes, Isabelle Carré, Isabelle Huppert ou encore Nathalie Baye se prêtent au jeu. Bertrand Burgalat signe tous les arrangements du disque avec Philippe Uminski. L’album, nommé "Madame aime", sort le 6 avril 2009. Ce même mois, l’artiste reçoit l’insigne des Chevalier des arts et des lettres des mains de la ministre de la Culture Christine Albanel.

Cette année-là, il participe aussi à la composition des albums de Christophe Willem et de Marc Lavoine.

En 2011, Burgalat met en musique le film "Little Princess" de la réalisatrice Eva Ionesco, avec Isabelle Huppert en vedette. Ses pièces instrumentales se trouvent disponible sur la BO du film, produite par son label Tricatel.

Avril 2012 marque le retour de Bertrand Burgalat avec un quatrième album, intitulé "Toutes directions". Pour ce nouvel opus enregistré dans sa maison des Pyrénées, l'orfèvre pop a préféré chanter les mots des autres (Charles Berling, Barbara Carlotti, Laurent Chalumeau entre autres). Dans le confort d'un studio aménagé par ses soins, il a pris le temps de peaufiner le son pour habiller ces quinze chansons d'une pop élégante, hors du temps.

Il donne quelques concerts en France et à l'étranger. Il se produit notamment à la Gaieté-Lyrique à Paris le 23 février 2013.

Mars 2013

Discographie
LES CHOSES QU'ON NE PEUT DIRE À PERSONNE
Album - 2017 - Tricatel
LA NUIT EST LA
LA NUIT EST LA
Album - 2013 - Tricatel
Bardot's dance
TOUTES DIRECTIONS
Album - 2011 - Tricatel
MY LITTLE PRINCESS
MY LITTLE PRINCESS
BOF - 2010 - Tricatel
BELLEVILLE TOKYO
BELLEVILLE TOKYO
BOF - 2009 - Tricatel
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