Prix découvertes

Sia Tolno

Sia Tolno
© N'Krumah Lawson
Passeport artiste
21/02/1975
Guéckédou (Guinée)
Pays:  Guinée
Langue:  Anglais
Qualité:  Auteur / Chanteuse / Compositeur

Lauréate du prix Découvertes RFI en 2011, la chanteuse guinéenne Sia Tolno porte en elle les souvenirs traumatiques de la guerre civile sierra-léonaise qu’elle a vu ravager son pays d’accueil. Issue de la culture des cabarets où elle a appris à exploiter sa voix puissante et énergique, elle s’est construit un répertoire varié, évoluant au fil des albums.

 

Biographie: 

C'est à Guéckédou, ville située au sud-est de la Guinée, à proximité immédiate des frontières avec le Liberia et la Sierra Leone, que Sia Tolno nait le 21 février 1975, dans une famille où la musique a toute sa place puisque sa mère possède alors une boîte de nuit et chante aussi le répertoire traditionnel.

Mais l'ambiance change radicalement quand ses parents se séparent et que, à six ans, la fillette suit son père en Sierra Leone où ce professeur de français se montre très sévère. Le quotidien est placé sous le signe de l'austérité. Il devient impossible d'écouter de la musique à la maison, et il n'y en a pas non plus à l'église des Témoins de Jéhovah qu'ils fréquentent.

Sia, scolarisée dans cet État anglophone, n'est pas une enfant faite pour ce moule : à l'école, celle qui se rêve avocate, pratique le théâtre, se met à l'écriture. À 14 ans, elle prend pour la première fois le micro comme chanteuse, afin d'interpréter l'hymne national de son pays d'accueil devant les autorités locales.

Durant les vacances, chaque fois, elle retrouve sa famille en Guinée. Par des cousines qui enregistrent un album à Conakry, elle découvre l'atmosphère des studios et fait les chœurs, rôle qu'elle tient aussi pour le chanteur sierra-léonais Steady Bongo qui la sollicite alors qu'elle a 19 ans et vient d'entamer ses études d'informatique.

Mais la guerre civile qui fait rage la contraint à fuir la Sierra Leone en 1995 pour se réfugier dans sa ville natale, avant que celle-ci ne soit à son tour dévastée par les conflits, amenant Sia à partir pour la capitale Conakry au début des années 2000.

Avec sa voix puissante, elle se fait connaître pour ses reprises de Whitney Houston, Tina Turner, ou même Édith Piaf, en jouant dans les cabarets locaux qui lui servent de centres de formation. Son premier album "La Voix de la forêt (Zool)", autoproduit en 2001, lui donne l'occasion de chanter en kissi, langue de sa région, et d'aborder plusieurs styles, y compris le zouk.

2008 : "Africa star"

Récompensée par un Djembé d'or, la jeune femme garde les pieds sur terre et, pour vivre, se lance aussi dans le commerce d'huile rouge avec la Gambie, de poisson séché avec l'Europe. Parce qu'elle pense qu'elle n'a pas trouvé sa voie artistique, elle participe en 2008 à l'émission panafricaine de télé-crochet, "Africa Star".

Au terme des trois mois que dure la compétition, elle se classe quatrième, mais elle a surtout impressionné le chanteur gabonais Pierre Akendengue qui la recommande au producteur de Cesaria Evora. Celui-ci charge alors l'expérimenté Manfila Kanté de réaliser le premier album de sa jeune compatriote.

La culture mandingue, que maitrise l'ancien patron des Ambassadeurs et complice de longue date de Salif Keita, imprègne en profondeur les treize morceaux de "Eh Sanga", qui paraît en mai 2009. Si ce disque permet à Sia de sortir de l’ombre et de se produire à Paris en novembre en première partie de Cesaria Evora, c’est davantage sur le suivant intitulé "My Life", en 2011, qu’elle se reconnait artistiquement.

Enregistré dans les studios de Mory Kanté, il a bénéficié des arrangements du Français François Bréant (Salif Keita, Idrissa Soumaroro…), lequel s’est accommodé des influences anglophones de la chanteuse.

2011 : Prix Découvertes RFI

Invitée en France au festival Musiques métisses d’Angoulême en juin 2011, elle joue également deux soirs de suite dans une salle parisienne. Lauréate du prix Découvertes RFI décerné fin 2011, elle part quelques mois plus tard en tournée en Afrique et dans l'océan Indien pour une trentaine de concerts dans plus de vingt pays. Lors de ce périple naitront des chansons comme "Mouka Mouka", inspirée par son passage au Kenya, que l'on retrouve sur l'album "African Woman" paru en juin 2014.

Le disque est produit cette fois par Tony Allen, ancien musicien de Fela, et permet à la chanteuse de satisfaire son envie de montrer encore un autre visage, très énergique, en conjuguant au féminin l'afrobeat nigérian. En octobre, elle se produit devant son public du Centre culturel franco-guinéen à Conakry.

Mai 2015

 

 

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