Hubert-Félix Thiéfaine

© Yann Orhan
Passeport artiste
21/07 /1948
Dole (France)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Rock / Chanson

Roi des mots et de la rime, prince de l'insolence et de la dénonciation, Hubert-Félix Thiéfaine est classé depuis trente ans, parmi les inclassables. Loin des aléas du goût du showbiz et des médias, l'oeuvre du chanteur-poète est des plus singulières, plébiscitée par un public jeune, puis moins jeune et à nouveau jeune. Sans âge. Comme la prose de Thiéfaine.

Biographie: 

Hubert-Félix Thiéfaine est né à Dole dans le Jura le 21 juillet 1948. Sa scolarité n'est pas très heureuse. On envisage pour lui une filière technique. Mais à l'âge de 12 ans, il est envoyé en pension au Petit Séminaire. Ce milieu assez sinistre et très surveillé finit par stimuler son imagination. C'est à peu près à cette période que Hubert-Félix commence à écrire des chansons. Avec ses copains, il monte même un groupe, les Caïds Boys.

Vers ses quinze ans, à nouveau externe, donc un peu plus libre, Hubert-Félix traîne et fréquente les cafés, espace de discussion et de détente. C'est aussi l'âge des découvertes musicales : Dylan, les Who, les Rolling Stones mais aussi les chanteurs à texte comme Jacques Brel ou Léo Ferré. Il s'intéresse beaucoup à la poésie et à la littérature y recherchant de quoi nourrir ses révoltes et son spleen adolescent.

Alors qu'il est étudiant en faculté de psychologie à Besançon, il rencontre celui qui va devenir bien plus qu'un ami, Tony Carbonare. En effet, en 70, tous les deux se mettent au travail accompagnés d'un guitariste, Claude Mairet et concoctent ce qui sera le premier album de Thiéfaine.

En novembre 71, il débarque à Paris et y séjourne deux ans entre bricolage de maquettes et écriture de textes. En 73, il donne pourtant son premier spectacle intitulé "Comme un chien dans un cimetière". C'est à Sochaux qu'il retrouve Carbonare qui est informaticien dans cette ville. Les deux amis jouent avec un groupe folk appelé Machin. L'adéquation entre ce dernier et Thiéfaine, qui écrit plutôt du rock est difficile à trouver. Mais l'aventure commune continue et en juillet 76, ils effectuent leur premier concert ensemble. Cette année-là, Thiéfaine signe avec le producteur Hervé Bergerat.

Premier album

En 77, le chanteur enregistre son premier album intitulé sobrement "Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir…". Son écriture peu académique ne rend pas son disque facilement abordable. En 78, l'année de sa sortie, on comptabilisera quelques 3000 ventes de cet album. Seul le titre "La fille du coupeur de joint" (devenu avec le temps un classique de son répertoire) émerge du lot et passe ainsi sur quelques radios.

Les deux albums suivants "Autorisation de délirer" (79) et "De l'amour, de l'art ou du cochon" (dans lequel on trouve le titre "Comme un chien dans un cimetière") sont dans la même veine rock-folk que le précédent. Thiéfaine de son propre avis semble avec ce dernier opus se perdre un peu. Il se produit durant une semaine à la Gaité Montparnasse à Paris en 80. Ce premier succès parisien est essentiellement dû au bouche à oreille. La personnalité de Thiéfaine est assez étonnante. Au delà de la panoplie de l'amuseur-provocateur, se cache une sensibilité exacerbée, une poésie noire et une rage rivée au ventre. Personnage atypique à la limite de la folie, sa personnalité fascine.

Après une période de grand trouble intérieur, sort en 81, l'album au titre évocateur "Dernière balise avant mutation". Son ami Claude Mairet signe ici trois musiques et les arrangements de ce quatrième opus. Il retrouve la Gaité Montparnasse à Paris pour trois semaines et se produit à l'Olympia lors d'un concert triomphal. Mairet collabore un peu plus à "Soleil cherche futur" qui paraît l'année suivante. Premier Disque d'Or, cet album ramène un public de plus en plus large. "Loreleï" et "les Dingues et les paumés" sont les deux titres qui passent le plus sur les radios, faisant même du premier un véritable tube. L'univers que propose Thiéfaine est noir et toujours proche de la folie ; les textes de ses chansons sont autant d'images fortes et surréalistes que le public (jeune) reprend à son compte. Ce dernier est d'ailleurs au rendez-vous à l'Olympia en 83, pour une semaine de concerts et retrouve le chanteur sur les routes de France durant plus de trois mois.

Juste après la sortie en 84 d'un album Thiéfaine/Mairet intitulé "Alambic/sortie sud", Hubert-Félix Thiéfaine se retrouve en 85 sur la scène du Zénith à Paris, du 23 au 25 octobre. Peu économe de son énergie, il donne beaucoup sur scène. En 86, au cour d'une grande tournée, il se produit au Festival du Printemps de Bourges, à celui de Nyon et celui de Québec. A la fin de cette année-là, sort "Météo für nada", avec notamment le titre "Sweet Amanite phalloïde queen". Cultivant le chaos des mots dans un jardin de mauvaises herbes, Thiéfaine balade son pessimisme en étendard, à la plus grande joie de son public.

Après une pause pendant l'année 87, le chanteur-poète revient l'année suivante avec un nouvel album "Eros über alles" naviguant entre amour et mort, porté par une écriture toujours aussi alambiquée, mais puissante. Il effectue ensuite une tournée et s'installe durant deux semaines, en avril 88, à l'Elysée-Montmartre à Paris.

Enregistrements aux Etats-Unis

Décidant de rompre avec ses habitudes d'enregistrement, il s'envole pour New York en 89. Il concocte seul avec sa guitare, un album produit par l'américain Barry Reynolds. "Chroniques Bluesymental" sort en 90. Thiéfaine enchaîne sur une longue tournée de 18 mois, quelques 102 concerts, de nombreuses prestations dans les festivals et trois dates au Zénith à Paris. S'il s'arrête pour quelques jours de vacances, c'est pour mieux reprendre son travail et l'écriture d'un nouvel album.

Après la côte est, c'est la côte ouest des Etats-Unis que Thiéfaine investit en 93 pour enregistrer de nouvelles chansons. En effet, à Los Angeles, il en impose suffisamment aux musiciens locaux (ceux de Rod Stewart ou Keith Richards) pour mener à bien ce nouvel épisode de sa carrière. "Fragments d'hébétude" est un disque intense, rock, presque "américain". Et comme de coutume après la sortie d'un album, il entame une tournée (énorme) de concerts à travers la France qui dure quasiment un an et demi. Toujours aussi discret dans les médias, les salles, quant à elles se remplissent sans problème. Thiéfaine panache anciennes et nouvelles chansons, reprenant parfois "la Solitude" de Léo Ferré. En 95, sort d'ailleurs un double CD live intitulé "Paris-Zénith".

Toujours aussi prolifique, Thiéfaine bouscule une fois de plus son public en publiant en 96 "La tentation du Bonheur". Ces mots semblent étranges dans l'univers du chanteur. Peut-on penser qu'il s'agit d'une sorte d'aboutissement après de nombreuses années de doutes, de délires et sentiments pessimistes ? Il faut surtout penser que le bonheur n'est pas forcément un "long fleuve tranquille". Entre rock et blues, on retrouve tous les ingrédients chers au chanteur : tendresse de "Tita dong-dong song" (inspiré des mots de ses fils), poésie de "Des adieux", lucidité de "Mojo-dépanneur TV".

1998 : "Le bonheur de la tentation"

En avril 98, comme pour fêter ses vingt ans de scène, sort un nouvel album "Le bonheur de la tentation", enregistré en partie à Londres. Plaisanterie ou flemmardise de l'auteur, le titre semble être l'écho du titre de l'album précédent. Le mot bonheur lui fait peur. Il y revient. Ses thèmes de prédilection et son écriture ne changent pas, mais il est toujours satisfaisant de l'entendre dénoncer la bêtise humaine.

Pour son retour sur scène, Thiéfaine frappe très fort puisque, cet artiste plutôt habitué aux petites salles, choisit le Palais Omnisport de Paris-Bercy et ses 17.000 places pour son concert événement du 11 décembre 98. C'est un immense succès puisque la salle affiche complet et le public est tout entier acquis à son idole si secrète et si avare de ses apparitions. Entouré de cinq musiciens et d'un ensemble à cordes, ce personnage singulier de la chanson française présente un spectacle poétique et très personnel (deux titres sur ses fils Hugo et Lucas).

Dès le 14 décembre, Thiéfaine repart sur les routes de France qui lui sont plus familières que les méga salles de la capitale. Cependant, devant le succès de Bercy, Thiéfaine continue sa tournée avec deux dates supplémentaires à l'Olympia de Paris, les 15 et 29 mars 99 puis en novembre quelques concerts en France dont un au Casino de Paris. Un double CD live ( le cinquième) enregistré à Bercy vient témoigner de l'enthousiasme du chanteur et de son public.

2001 : "Défloration 13"

Le début de siècle marque un tournant dans la carrière du chanteur auteur compositeur. En effet, après avoir changé de maison de disques (il signe chez Epic), de manager (sa femme Francine Nicolas s'occupe désormais de lui) et de musiciens, Thiéfaine se remet en cause artistiquement avec l'écriture de son treizième album "Défloration 13" qui sort en mars 2001. Il y intègre notamment de nouveaux genres musicaux comme le trip hop et même l'électro.

La tournée "Défloration 13" commence en octobre. Soixante dix-sept dates à travers la France. Les concerts à Paris restent des dates marquantes pour les fans : les 19 et 20 octobre 2001 au Zénith puis plus tard, le 28 mars 2002 au Bataclan. Ce concert donne d'ailleurs  naissance à un disque live. Il sort le 28 octobre, le même jour qu'un hommage, "Les fils du coupeur de joints", sur lequel quatorze artistes français (Sanseverino, Matmatah, Mickey 3D, Bénabar,...) reprennent chacun un des nombreux titres du chanteur.

A la fin de la tournée, des problèmes de dos qu'il a déjà du affronter par le passé, le font à nouveau souffrir. En janvier 2003, à la suite d'une grave crise, il se voit obligé de rester tranquille et de ne pas bouger. Il met de long mois à se remettre.

En octobre, il inaugure les "Lundis au Palais Royal" : à la demande du directeur du théâtre, Hubert-Felix Thiefaine donne le coup d'envoi de cette série de concerts acoustiques. Il se produit alors seul sur scène avec sa guitare, expérience qu'il a déjà faite à Genève, en Suisse, le 25 mai 2002, un des plus gros trac de sa carrière, d'après ses dires.

Pour faire plaisir à ses fans, le rocker entreprend une tournée acoustique d'une soixantaine de dates qui débute en avril 2004 et se termine en juillet 2005. Seul avec sa Gibson, il interprète une grande partie de son répertoire. C'est un véritable succès. Le 17 juillet 2004, pendant les Francos de la Rochelle, il invite son ami Paul Personne à venir le rejoindre sur scène. Pendant la période du 6 au 20 juillet, il donne cinq concerts à guichets fermés aux théâtre parisien des Bouffes du Nord.

Cette année-là, il connaît aussi une expérience théâtrale : les 26 et 27 mai, il interprète le rôle du Diable dans "l'Histoire du soldat", une pièce musicale de Ramuz et Igor Stravinski sur la scène du grand Théâtre de Dijon.

2005 : "Scandale mélancolique"

En janvier 2005, il reprend l'écriture d'un nouvel album studio. Celui-ci sort en octobre. Il s'intitule "Scandale mélancolique". Hubert cette fois-ci, donne les musiques à écrire à d'autres compositeurs que lui-même. On retrouve ainsi Cali, qui chante en duo avec lui sur "Gynécées", JP Nataf, ex-Innocents, Michael Furnon de Mickey 3D, le Suisse Jeremy Kiesling ou encore le groupe de rock Elista qui signe un hommage à Bertand Cantat "Télégramme 2003". Un son résolument pop rock sur lequel tout le monde se retrouve, des mots qui siéent aussi bien à Thiéfaine qu'à ses invités. Le premier extrait de l'album s'intitule "Confessions d'un never been".

Le 17 novembre 2006, Hubert-Félix Thiéfaine investit le Zénith de Paris. Le concert est immortalisé sur CD et DVD sous le nom de "Scandale mélancolique tour".
En 2007, Johnny Hallyday commande à Thiéfaine des textes pour son album "Le cœur d'un homme", en lui donnat pour base mélodique des instrumentaux de Paul Personne. L'ex-idole des jeunes ne retient pas les morceaux qui en découlent mais l'expérience plaît tellement à Thiéfaine et Personne qu'ils décident de se lancer dans un disque à quatre mains, Personne à la guitare,Thiéfaine à la plume, chanté en duo et résolument blues.

2007 : "Amicalement blues"

"Amicalement blues" sort le 12 novembre 2007 et emmène les deux artistes sur les routes pour une série de concerts, dont un à l'Olympia en 2008. La fin de cette mini-tournée est annulée : Hubert-Félix Thiéfaine craque et se fait hospitaliser à la suite d'une ingestion d'alcool et de médicaments qui a failli lui coûter la vie. Le projet d'album sur lequel il travaillait alors, "Itinéraire d'un naufragé", est abandonné.

Pendant que le chanteur se repose, un best-of de ses plus de trente ans de chansons sort en mars 2009. Baptisé "Séquelles", il comporte trois disques et un titre inédit : "Annihilation", initialement programmé pour figurer sur "Itinéraire d'un naufragé".

Hubert-Félix Thiéfaine revient souriant et en pleine forme en février 2011, avec un nouveau disque, baptisé d'un titre emprunté à Nietzsche: "Suppléments de mensonge". Noir toujours mais bourré d'énergie, de trouvailles langagières et de féérie. A la réalisation ainsi qu'aux guitares et aux pianos, le chantre s'adjoint les services des ex-Valentins Edith Fambuena et Jean-Louis Piérot, pour mieux en ciseler la tonalité rock. Fait rare, il a ouvert sa cuisine créative à JP Nataf et Arman Méliès, avec qui il cosigne la composition de certaines musiques. Le premier extrait de ce seizième album studio s'intitule "La ruelle des morts". Hubert-Félix Thiéfaine emporte ses chansons sur scène à l'automne 2011, avec notamment un passage au Palais Omnisport de Paris-Bercy le 22 octobre. 

Le 14 novembre, il reçoit le Grand Prix de la Chanson Française 2011 de la Sacem.
L'année 2012 est marquée par une première dans la carrière de l'artiste : en mars, il est le grand vainqueur des Victoires de la Musique, récompensé par deux trophées (Artiste-interprète masculin de l'année et Album de chansons de l'année pour "Suppléments de mensonge").
 
Sa tournée se poursuit dans les salles et les festivals de l'Hexagone et donne lieu en octobre à un enregistrement live, "Homo Plebis Ultimae Tour", capté le 9 décembre 2011 au Zénith de Nantes. Le 22 novembre, il fait un passage par l'Olympia à Paris pour une date à guichets fermés. Le tour se conclut par un concert à Londres le 2 juin 2013.
 
2014 : "Stratégie de l'inespoir"
 
Dès la parution de l'album précédent, Thiéfaine s'était attelé à l'écriture de nouvelles chansons, qui se retrouvent sur son 17e disque, "Stratégie de l'inespoir" publié en novembre 2014. L'habituel solitaire s'est bien entouré pour cet opus, réalisé en famille puisque son plus jeune fils, Lucas, 21 ans, assure la co-réalisation aux côtés de Dominique Ledudal. Il a également fait appel à Jeanne Cherhal, Cali, JP Nataf ou Arman Méliès pour composer les musiques.
 
Une nouvelle tournée démarre au printemps suivant.
 
Avril 2015
Discographie
Vixi Tour XVII
Vixi Tour XVII
Live - 2015 - Columbia
STRATEGIE DE L'INESPOIR
STRATEGIE DE L'INESPOIR
Album - 2013 - Columbia
HOMO PLEBIS ULTIMAE TOUR
HOMO PLEBIS ULTIMAE TOUR
Album - 2012 - Columbia
SUPPLEMENTS DE MENSONGE
SUPPLEMENTS DE MENSONGE
Album - 2010 - Columbia
SEQUELLES
SEQUELLES
Compilation - 2008 - Columbia
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